50 notes dans la catégorie "Voyages"

[interlude breton] la chasse aux enfants, le film qui ne se fit pas

Emile Savitry lien— un récit photographique de La Fleur de l'âge , le film maudit de Marcel Carné, d'après le scénario de Jacques Prévert, tourné à Belle-Île-en-Mer en 1947

livre chez Gallimard et expo photos à Vannes dans le cadre du Festival Photos de mer
Anouk Aimée, 15 ans et le chat Tulipe, été 1947
En 1934 un fait divers bouleverse Prévert : pour mater la rébellion des jeunes internés de la maison de redressement de Belle-Île, les autorités locales font appel aux habitants et aux touristes. Une prime est distribuée pour chaque fugitif retrouvé... Jacques en fait un poème, La Chasse à l'enfant, et un scénario.

Ce n'est qu'après la guerre que les vieux amis Carné et Prévert pourront concrétiser leur projet de film basé sur cet événement triste et révoltant. Hélas, de mai à juillet 1947, d'incidents en difficultés techniques et financières, le tournage vire à la catastrophe et sera complètement arrêté au bout de trois mois. Cela fait penser à L'Enfer de Clouzot... Sauf que cette fois on a complètement égaré et jamais retrouvé ce que Marcel Carné avait finalement sauvé et monté une dizaine d'années plus tard.

Il ne reste aujourd'hui que les émouvantes photos noir et blanc du tournage. A Vannes une exposition toute simple présente une petite centaine des clichés (sur 600) du photographe Émile Savitry. Attendrissante Anouk Aimée en jeune amoureuse désespérée. Serge Regianni, le mauvais garçon ébloui par la parisienne Arletty, croisiériste de grand charme. Paul Meurice inflexible et rigide en maton maître-chien. Et Belle-Ile-en-Mer, décor et personnage. Figurants, techniciens, metteur en scène, scénariste. A Vannes, j'ai vu les belles images d'un film fantôme, merci Monsieur Savitry.

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[relu] visage de turc en pleurs, récit de marc-edouard nabe

en quatirème de couverture : «C'est un voyage. C'est une hallucination. Ce sont des racines retrouvées et aussitôt dissoutes. Ce sont des mosquées à la place d'usines, et des danses au lieu de minarets. Bref, c'est Constantinople, Istanbul, le Bosphore, ou plutôt l'invraisemblable capitale de l'arabesque. Bonne occasion pour Nabe d'écrire, à la derviche, ce qui existe de musique sous les apparences. Eh oui, le langage tourne ! Il est fait pour ça.» Philippe Sollers.
édition Gallimard épuisée, 225 pages, 1992 © Marc-Édouard Nabe

Est-ce un vrai ou un faux souvenir : j'entends encore Marcel Zanini lien me dire un soir de concert au Petit Journal Saint-Michel que parmi les livres de son fils celui-ci est un de ses préférés... Moi, pareil.

Amoureux inconditionnels d'Istanbul, attention : ceci n'est pas, mais pas du tout, un guide pour visite touristique... C'est un récit de voyage décalé, sublimé, mais pas idéalisé. On s'y promène avec l'auteur en barque sur le Bosphore, on visite les mosquées, les cimetières, Topkapi, Dolmabahçe, on va au hammam, au bazar, au Café Loti.... oui, c'est vrai, mais à la manière Nabe ! Il n'y a pas de photos, mais beaucoup mieux : quelques lettrines etquatre dessins à la plume “ fantaisistement orientaux ” que Nabe a réalisés spécialement pour illustrer lui-même son texte.

D’un séjour qu'il rêvait comme un retour à des sources familiales gréco-turques et qui s'avèrera somme toute ordinaire et finalement décevant, Nabe tire la narration de déambulations et de rencontres barjes et flamboyantes. Turquissimes. Ça fait penser à Rome et Venise fantasmées et cinématographiées par Fellini. Des outrances drolatiques, des scènes de genre, baroques et improbables, même et surtout quand elles sont la transposition littéraire du vécu.

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[jazz] rose loukoum, trop beau pour être vrai...

<)) Marcel Zanini - Rose loukoum (feat. Sam Woodyard)

“ Tout en douceur. Jolie intro de Zanini (tcl) dans le grave de la clarinette. Exposé du thème par un Claude Gousset (tb) très inspiré. Très bon solo de Marc Hemmeler (p). “ In: livret de l'album Saint-Germain (Patchwork), 2005, Frémeauxlien

page 17 : "Nous traversons la ville. Sans râler, le taksi se fraie un chemin dans l'embouiteillage. Il passe sous l'Aqueduc et rejoint le pont Atatürk, le second pont de la Corne d'Or. Je sens que le soleil incline à se coucher. La lumière cherche le crépuscule des yeux. Ca ne rend pas Istanbul moins terne. Hirondelles et klaksons nous accompagnent." Une rêverie orientale en amène une autre... et c'est : Trop beau pour être vrai, composition récente de Marcel qui ne figure sur aucun enregistrement, mais qu'il interprète avec ses musiciens à chacun de ses concerts mensuels au Petit Journal Saint-Michel.

Retrouver la Corne d'Or / Naviguer sur le Bosphore / Et chanter, chanter.../
Laissez-moi, je suis bien / Je n'ai besoin de rien / Oh ! Oui, je dors / Je veux rêver encore /.../
When I found where I was born / Very near the Golden Horn / Makes me feel reborn /
It's too good to be true / I'm traveling with you /
Oh ! Yes, too good to be true

en illustration : dessin de Nabe pour Visage de Turc en pleurs, 1992 pour la collection L'Infini chez Gallimard, (c) Marc-Edouard Nabe

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[interlude] d'aisne en meuse

photo de Zyplox sur flickr, copyright 2008 — La Concepterie™ studio graphique soutient les créations de Zyplox.De Reims je n'aurai vu ce samedi que le magasin Hic-et-Ah, et les bouilles d'anges en gargouilles fixées aux passerelles qui franchissent la rocade périphérique. Je me demande comment les Rémois — lorsqu'ils roulent parechoc contre parechoc dans les bouchons des heures de pointe —  interprètent ce sourire gentiment pervers et insistant au-dessus de leurs parebrises...

En route pour Vouziers , nous nous sommes arrêtés pour déjeuner à Rethel , précisément au Sanglier des Ardennes, brasserie hautement recommandable pour sa spécialité de boudin blanc aux pommes.(1)

Arrivés à destination, le temps de déballer les cartons suédois (moi) et de réaliser quelques montages (Clément-Fils et son père), et nous prenions en famille la route de Varennes . Comme le pauvre roi en fuite nous nous y sommes arrêtés, mais c'est librement que nous avons continué et qu'en attendant l'heure du dîner à Vienne-le-Château,  nous nous sommes enfoncés dans la forêt d'Argonne.

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[rencontres] histoires (de) belges

Le Cafe Metropole à Bruxelles (taverne de l'Hotel Métropole)Dans les bons fauteuils chesterfield du Café de l'Hôtel Métropole, place De Brouckere, nous étions réunis mercredi autour de Dorothée Blanck.lien Il y avait là Dominique Vautier,lien Jean-Baptiste Baronian,lien et d'une certaine façon Jacques Sternberglien puisqu'il était au centre de la conversation.

Jean-Baptiste Baronian était arrivé le premier et en attendant Dominique Vautier, la nièce de Jacques Sternberg, Dorothée avait fait les présentations. L'écrivain belge a rencontré régulièrement Sternberg tous les mois (à certaine période en présence de Dorothée) pendant une vingtaine d'années, et presque jusqu'à la fin de sa vie. Jean-Baptiste Baronian a publié avec succès de nombreux polars, ressemble pas mal à Philippe Noiret avec une élégance plus discrète, et préside l'association des amis de Georges Simenon. Il me dit qu'il est aussi l'auteur de biographies et d'essais sur Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Moi :
— ... Rimbaud... mais alors vous devez avoir croisé Suzanne Briet !
Sa surprise m'amuse, j'ai tapé dans le mille on dirait.
En effet il travaille en ce moment à un Dictionnaire Rimbaud (genre dictionnaire amoureux, sans doute), et justement là, sur l'entrée qu'il réserve pour Suzanne Briet, l'Ardennaise (presque belge... donc) ! Madame Documentation ! Ma Dame à l'antilopelien !

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[niguedouille] au bunraku

affiche d'un film...Il y a quelques semaines, on voyait dans Paris une affiche particulièrement hideuse annonçant ce qui semblait être un film western-samouraï américain.

Plusieurs fois j'ai eu envie d'arrêter les gens qui passaient comme moi à côté pour leur dire :

— mais c'est pas ça du tout bunraku, moi je sais ce que c'est bunraku !

Enfin, façon de parler !

En effet...

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