94 notes dans la catégorie "Parisianismes"

[évocations] la mémoire de clara fout l'camp, berthet revient, nabe est toujours là...

billet inspiré par la lecture de La mémoire de Clara, roman de Patrick Besson, aux éditions du Rocher,lien août 2014, 213 pages, 16 euros 90

4ème de couverture (rédigée par l'auteur) : En 2060, Clara Bruti, veuve du président Brancusi (1955-2035), a décidé d'écrire ses mémoires. Agée de 93 ans, elle est malheureusement atteinte de la maladie d'Alzheimer et a recours aux services d'un nègre : Aimé Boucicaut, jeune écrivain à succès pourchassé par le fisc. Ensemble, très ensemble même, ils revisitent le XXè et le XXIè siècles, au cours desquels tant de choses ont changé dans notre petit monde terrestre.Patrick Besson est un coquin qui ne ménage rien pour se faire plaisir en écrivant. Surtout pas sa peine, son énergie, ni son talent.

Les pisse-froids, - ou les gentils naïfs, ou les neuneus qui confondent avec un autre Besson - ceux qui croient dur comme fer aux promesses d’une quatrième de couverture (ici, rédigée par l’auteur) ou qui ont lu à la rentrée son hilarante auto-promotion parue dans Le Point lien auraient dû se méfier et ne pas acheter son livre au lieu de crier après à l'imposture et à la facilité. A la rigueur on peut comprendre qu’ils fassent la fine bouche amère en découvrant une courte pochade torchée avec brio et menée à un train d'enfer. Et encore... rien qu’à ce niveau-là de lecture, c’est très marrant vous verrez.

D’autres blogueurslien et chroniqueurslien ont fait d'excellents résumés de La mémoire de Clara, allez-y voir  (et comme d'hab' : on peut lire la quatrième de couverture, en passant le mulot sur l’image à gauche)

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[vu] l'exposition rétrospective niki de saint phalle

au Grand Palais,lien du 17 septembre 2014 au 2 février 2015


. catalogue de l'exposition, collectif sous la direction de Camille Morineau, editions RMN, septembre 2014, 368 pages, 50 euros.. en revenant de l'expo, j’ai rouvert l’album d’images et vu plus de choses encore que la première fois, et différemment.

D’abord dans les premières pages, le décor de Commune-Ville, je le reconnais évidemment maintenant : c’est le Jardin des Tarots lienen Toscane, bien sûr. Ce village “comme les autres”, où les enfants sont heureux car ils peuvent courir partout, se cacher, grimper sur les sculptures-maisons multicolores, glisser sur leurs courbes douces comme sur des toboggans. J’ai bien reconnu L’Impératrice, Le Sphinx, L’Empereur, toutes les cartes !

Et puis j’ai aussi reconnu Bluke, le petit chien malin qui aide les enfants Joe et Lita à retrouver la trace des jouets perdus empruntés par le pauvre monstre sans amis qui s’ennuie tout seul.

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[vadrouilles, paris] les petits musées d’henri calet

billet inspiré par : De ma lucarne, recueil de textes d'Henri Calet ; L’Imaginaire Gallimard, préface de Michel P. Schmitt, 2014, 375 pages, 9 euros 90 lien

DemalucarneHier, je suis allée au Palais Galliera qui n’est pourtant pas un très grand musée, seulement Télérama ayant fort bien vanté l’expo La mode en France 1947/1957,lienon se bousculait devant les podiums et il faisait une chaleur décourageante.

Quand il se baladait dans son Paris tant aimé, si formidablement et tendrement décrit d'un bout à l'autre de son œuvre, Henri Calet (1904-1956) ne croisait sûrement pas de parisiennes en tailleur Fath ou robe de jour Dior. Peut-être quelques femmes soucieuses de leur look qui faisaient copier les modèles des grands couturiers par une couturière de leur quartier. Ou des employées de bureau dégourdies qui confectionnaient elles-mêmes leurs tenues à l’aide des patrons de Modes et Travaux : le prêt-à-porter n’existait pas encore ! Mais Calet, lui, savait où trouver les petits musées peu fréquentés, chauffés mais pas trop, ses préférés. La prochaine fois je suivrai ses conseils, ses pas, et relirai ses chroniques. En faisant attention quand même car certaines adresses sont obsolètes, mais pas toutes !


” Ce n’est pas d’aujourd’hui que j’ai un faible pour les musées peu connus. On dirait que je me suis donné pour tâche de les connaître tous, au bout du compte. ”

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[historiette] sur les nerfs

250px-Much_Ado_Quarto (sur wikipedia) : Couverture du premier in quarto (1600) aka "Beaucoup de bruit pour rien"

Le panneau de circulation des métros indique 7 minutes avant le suivant, direction Mairie d’Issy. En milieu d’après-midi le quai n’est pas bondé. Deux circonstances qui font que j’ai le temps de remarquer le comportement hyperactif d’une voyageuse ; d’autant plus qu’il contraste franchement avec la tranquillité morne et figée des autres figurants de la scène.

Grande, jeune et belle, des cheveux blonds lâchés en crinière secouée au rythme des pas claqués qui la font passer et repasser devant moi. Évidemment elle téléphone. Fort. Si elle ne bougeait pas tant, je pourrais mieux saisir ce qu’elle clame :

— l’ambiance qu’y'a, tu peux pas savoir (...)
— ils sont tous énervés (...)
— et puis sur Canal, tout à l’heure Cohen a encore tapé sur Taddeï (...)
— moi, c’est pas ça qui m’énerve (...)
— mais alors lui, je te dis pas, son état, il était énervé, oh là là (...)

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[balade] photo pour les nuls avec mao...

ce matin, au parc montsouris

j'ai suivi MaO de Paris,lien amie blogueuse et photographe, pour l'une de ses Photo Balades lien régulièrement proposées sur le site de La Photo Pour Les Nuls lien

cliquer sur le montage pour agrandir — de gauche à droite et de haut en bas : 1/ feuillage mouillé, utilisation de la fonction macro — 2/ ronds dans l'eau sur l'étang — 3/ enfance, le nain porte quoi ?  — 4/ feuilles jaunes assises sur le banc vert et perspective
Photo Balade au Parc Montsouris — thèmes imposés : feuilles (objet), rond (forme), enfance (sujet), macro (technique) — apn : Canon PowerShot S90

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[nabe, extrait] hommage littéraire au peintre gen paul (1895-1975), expressionniste français

affiche de l'exposition Gen Paul à la Galerie Roussard, novembre 2012 - cliquer sur l'image pour agrandirAprès avoir vu l'exposition Soutine à l'Orangerie,lien puis carroté (au sens non argotique) dans le Journal intime de Marc-Edouard Nabe, j'ai forcément eu envie de voir l'exposition Gen Paul lien qui se tient au même moment à la Galerie Roussard.

Ce qui fait exceptionnellement 3 articles de blog pour une semaine d'exception !

En 1986, un an après Au Régal des vermines,lien Marc-Edouard Nabe (28 ans) livrait Zigzags (aujourd'hui épuisé) :
“ volume entièrement voué à l'enthousiasme ravageur [qui] prouve que loin des pédants, des aigris et des incapables, l'art reste vivant à mort. ”

 Dans ce recueil d'essais, de nouvelles, d'articles de revues imaginaires, de poèmes en prose (les termes sont de l'auteur), dont j'ai déjà donné des extraits ici, il y a le portrait shakespearien d'Eugène Paul, dit Gen Paul, dit encore, Gégène :

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[balade] en haut d'la rue saint-vincent...

  Balade_ruesaintvincent

mise à jour le 1er février 2016 : à l'origine l'illustration ci-dessus était un triptyque (montage) représentant de gauche à droite : 1/ Le Moulin de la Galette, toile de Gen Paul (Eugène Paul dit), Le Moulin de la Galette - 2/ pensée de chat noir : ah c'est malin ! - 3/ vue sur le Lapin Agile ; pour ne plus payer de droits de représentation sur le tableau de Gen Paul, j'ai retiré et pas remplacé l'image, ne laissant que les deux photos prises par moi en redécoupant l'illustration d'origine ; voir mon article du 1er février lien pour les explications

A part sa vue sur l'arrière de la Butte, son jardin, et son chat à l’œil mauvais, le musée de Montmartre ne me laissera pas un souvenir impérissable (entrée trop chère à 8 euros) ; par contre l'entrée est libre à la Galerie Roussard pour une expo formidable de tableaux (environ 100) du peintre Gen Paul, jusqu'au 25 novembre.lien


[nabe, extraits] soutine à l'orangerie, nabe à chartres, jean-édern hallier en zombie soutinien

Chaïm Soutine (1893-1943), l'ordre du chaos — Cette rétrospective est organisée à partir de vingt-deux tableaux de Soutine conservés par le musée de l'Orangerie. Ceux-ci avaient été réunis par le marchand Paul Guillaume qui, découvrant en 1922 ces "portraits où la mesure et la démence luttent et s’équilibrent", fit connaître un artiste à la puissance expressionniste et à la palette ardente uniques dans le Paris de l'entre-deux-guerres. Au-delà de la légende du peintre tourmenté, qui finit par occulter un oeuvre exacerbé, hors normes, l'influence que Soutine eut sur les artistes de la fin du XXe siècle nécessite un nouveau regard sur un peintre totalement original, difficile à appréhender, encore incompris en France. L'exposition réunira les oeuvres de Soutine passées entre les mains de Paul Guillaume et des oeuvres d'autres artistes. Elle se déroulera à la fois chronologiquement et thématiquement, en référence à la pratique par Soutine des séries.
Chaïm Soutine, Le Garçon d'étage, 1927 — (c) Adagp, Paris 2013

Je l'avais déjà fait pour Odilon Redon lien...
En revenant de l'expo Chaïm Soutine, l'ordre du chaos, à l'Orangerie lien  j'ai replongé dans le Journal intime de Marc-Edouard Nabe. lien

Pioches miraculeuses dans les index, la pêche aux citations est facile et presque trop fructueuse, puisque Soutine est l'un des peintres préférés, follement admiré, de l'écrivainpeintre. Depuis l'adolescence Nabe a profité de toutes les occasions de voir et revoir les toiles du prodigieux russe mal léché, et d'écrire chaque fois son enthousiasme pour celui qui a fait dit-il “ la peinture la plus humaine et la moins humaniste du [XXè] siècle ”.

Arrivé à Paris en 1970, Nabe n'avait que 12 ans et ne tenait pas encore son Journal. Pourtant dans l'introduction du premier volume – Nabe's Dream (juin 1983 - février 1985)  – quand il survole son enfance, il se souvient de la première rétrospective Soutine de 1973, et note  :

“ Entre les groupes de bœufs écorchés par Soutine, dont la rétrospective à l'Orangerie me crucifia un dimanche parmi tant d'autres, et quelques Klee qui m'ouvrirent en grand la cage thoracique, je découvre deux subversions complémentaires : Charlie Hebdo et le free jazz. ”

Plus tard il revoit avec Hélène la vingtaine de toiles de Soutine installées à l'Orangerie. Il relate cette visite dans le journal à la date du jeudi 29 novembre 1984 :

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[niguedouille] elle voit delpy partout...

ce matin dans mon quartier, en sortant de la boulangerie

Albert Delpy, absolument tel que je le vois quand je le croise dans les rues de mon quartier !— Ça alors : encore vous Monsieur Delpy ! Figurez-vous qu'hier j'étais dans une pizzeria de la rue de Mézières et je vous ai vu passer dehors, j'ai même dit à l'amie avec qui je déjeunais : “ Tiens c'est Albert Delpy, le père de Julie Delpy, c'est marrant, je le croise souvent dans la rue... ” et puis justement ce matin, je retombe sur vous ! En plus je viens de voir Le Skylab il y a quelques jours sur Canal. La dernière fois qu'on s'était parlé vous m'aviez un peu tancée parce que ne l'avais pas encore vu. Vous aviez raison. Quel joli film ! J'ai beaucoup pensé à Marie [Pillet] votre femme, que votre fille interprète et à qui le film est dédié.
— Oh oui, et ma mère... qui est morte il y a juste deux semaines... à cent ans ! C'est Bernadette Lafont qui jouait son personnage dans le film de Julie.
— C'est drôle tout de même que je vous croise dans la rue comme ça tout le temps, on habite le même quartier d'accord, mais c'est drôle ! Bon il y a aussi votre look... reconnaissable... enfin moi je le reconnais !

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[singapour, paris] un restaurant, texte de marc-edouard nabe

Entrez, entrez : aujourd'hui c'est le Grand Opening du premier restaurant de mon neveu Julien à... Singapour !
Full Steam,lien 20 Cross Street, #01-31/33 China Square Central, Singapore, Singapore 048423

We are open for business! Come enjoy our healthy steamed food now!

J'ai choisi pour l'occasion un large extrait d'un texte poético-gastronomique de Marc-Edouard Nabe dans Zigzags, publié en 1986 :

“ Et puis souvent, je vais manger chez Chartier : vaste relique fantasmagorique, ambiance boisée, diligence, animation : c'est le meilleur restaurant de Paris. ”

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