[lu] les captifs du zoo, récit de vera hegi

éditions La Bibliothèque,lien collection L'Ombre animale, 2014, 192 pages, 14 euros

Les animaux, les gardiens, les visiteurs, le zoo est un monde dont Vera Hegi dévoile les coulisses, l’étendue et la complexité. Gardienne de zoo en URSS dans les années 30, elle a cette juste vision qui fait tant de bien à l’homme du parti pris des animaux. Elisabeth de Fontenay, l’auteur du Silence des bêtes, préface ce précieux témoignage. — Préface d’Elisabeth de Fontenay. Postface de Michel Ellenberger. Illustré  par Emilie EllenbergerTout est étonnant dans ce beau petit livre rouge. Qui l'a écrit, qui l'a publié, et quand. Ce qu'il raconte aussi, bien sûr.
Des histoires de bêtes, on s'en doute un peu ; mais si ce n'était que cela, le titre aurait-il cette forme redondante, énigmatique, presque roublarde ?
D'ailleurs le mot animaux ne figure pas non plus dans le sous-titre : Souvenirs d'une gardienne de jardin zoologique.

Vera Hegi est un pseudonyme, celui d'Esther Ellenberger, dite Émilie, née Von Bachst au début du vingtième siècle en Sibérie orientale dans une famille de la haute bourgeoise russe. Dans sa postface, son fils Michel Ellenberger n'est guère précis sur la biographie de sa mère (dates, lieux) car explique-t-il, s'étant méfiée sa vie durant des "grandes oreilles" des services de renseignement soviétiques, elle ne voulait fournir aucune information précise sur les circonstances de sa fuite de Russie suivie de ses installations successives en France, Suisse et Canada.

La gardienne du zoo, c'est elle : à Moscou, juste après la Révolution d'Octobre, au début des années 20.
Séparée de sa famille à la prise de pouvoir des bolchéviques, la jeune fille gagne la capitale soviétique dans l'espoir (déçu) de pouvoir étudier les beaux-arts. Sans ressources, passionnée par le dessin et les animaux, elle trouve un emploi alimentaire au zoo.

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[carnet] mes jaseries de février

jaserie : subst. fém. [ʒɑzʀi], [-a-] ; synon. de babillage. La jaserie avant le langage est la fleur Qui précède le fruit (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 857)

vacances en Bretagne, fin des années 50, mes parents ont autour de 35 ans (l'âge de mes enfants aujourd'hui) — Suzel (3 octobre 1921 - 11 mai 2007), Charles (24 août 1920 - 5 février 2019)Orpheline : il faudrait un autre mot pour signifier la perte du dernier survivant de ses parents lorsqu'on est soi-même bien avancée en âge.

L'écrivain et psychanalyste belge Lydia Flem écrit1 :

“ A tout âge, on se découvre orphelin de père et de mère. Passée l'enfance, cette double perte ne nous est pas moins épargnée. Si elle ne s'est déjà produite, elle se tient devant nous. Nous la savions inévitable mais, comme notre propre mort, elle paraissait lointaine et, en réalité inimaginable. Longtemps occultée de notre conscience par le flot de la vie, le refus de savoir, le désir de les croire immortels, pour toujours à nos côtés, la mort de nos parents, même annoncée par la maladie ou la sénilité, surgit toujours à l'improviste, nous laisse cois. ”

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1. in: Comment j'ai vidé la maison de mes parents (Seuil 2004, Points 2013)

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[lu] nécrologie du chat, roman d'olivia resenterra

Serge Safran éditeur, mars 2019,lien 160 pages, 14 euros 90

4è de couverture : Un matin d’hiver, Ana quitte le lotissement qu’elle habite à la périphérie d’une petite ville perdue dans la campagne. Au bout de son bras, une caisse en plastique contenant le corps de son chat mort. Désemparée, marchant au hasard, à la recherche d’un lieu pour enterrer l’animal, Ana est confrontée à l’incompréhension et la cruauté des différentes personnes qu’elle croise sur son chemin : un fermier célibataire et sa gouvernante prête à tout pour éliminer une potentielle rivale, une famille de cyclistes menée par un père autoritaire, un gardien de cimetière pour animaux, spécialiste des obsèques « sur mesures », un duo de criminels en cavale… Pendant ce temps, un renard, qui semble tout droit sorti d’une fable, rôde aux alentours… — Olivia Resenterra, née à Rochefort-sur-mer en 1978, a étudié les lettres et la philosophie à Poitiers, Salamanque et la Sorbonne. Elle est l’auteur d’un essai, Des femmes admirables, portraits acides, publié aux éditions PUF en 2012 et d’un roman, Le Garçon, scènes de la vie provinciale, aux éditions Serge Safran en 2016.Le chat d'Ana ne griffera plus.
Par bonheur pour nous, Olivia Resenterra, son exécutrice testamentaire littéraire, le fait à sa place.

Ce deuxième1 roman est un coup de griffe : incisif, rapide, inattendu.

Voilà donc Ana un peu déboussolée cherchant l'endroit pour une sépulture digne du matou décédé qu'elle transporte dans son panier de voyage.
Commence alors Nécrologie du chat, dernier voyage du félin et de sa maîtresse, en forme d'odyssée miniature : trois jours d'errance hivernale, de brèves rencontres inutiles, de dialogues de sourds.
Une boucle de quelques kilomètres qui ramène le lecteur au point de départ, un peu sonné, mais admiratif de la maestria de l'auteur qui fait tant avec si peu.

En pointant la frimousse du chat sur l'image à gauche, vous lisez la quatrième de couverture qui détaille le périple funéraire d'Ana mieux que je ne saurais le faire. Je m'aperçois qu'il y manque quand même la toute première rencontre : la concierge de l'immeuble duquel Ana sort dans les premières pages.
On ne peut pas tout dire quand on fait le résumé pour le dos d'un roman... C'est bien, ça me laisse un peu d'initiative !

 

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1. le premier : Le Garçon, scènes de la vie provinciale, Serge Safran éditeur, 2016

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[masse critique, babelio] l'appel, roman de fanny wallendorf

Finitude, janvier 2019,lien 352 pages, 22 euros
lu pour l'opération Masse Critique de Babelio lien (on choisit un livre dans une liste de nouveautés, on reçoit le livre, on donne son avis sur le livre, on le partage)

4è de couv : Richard est un gamin de Portland, maladroit et un peu fantasque. Comme tous les adolescents de l’Amérique triomphante du début des années 60, il se doit de pratiquer un sport. Richard est grand, très grand même pour son âge, alors pourquoi pas le saut en hauteur ? Face au sautoir, il s’élance. Au lieu de passer la barre en ciseaux, comme tout le monde, il la passe sur le dos. Stupéfaction générale. Cette singularité lui vaut le surnom d’Hurluberlu. Il s’en fiche, tout ce qu’il demande, c’est qu’on le laisse suivre sa voie. Sans le vouloir, n’obéissant qu’à son instinct, il vient d’inventer un saut qui va révolutionner sa discipline. Les entraîneurs timorés, les amitiés et les filles, la menace de la guerre du Vietnam, rien ne détournera Richard de cette certitude absolue : il fera de son saut un mouvement parfait, et l’accomplissement de sa vie.   « Il n’a rien prémédité, il a laissé faire, c’est comme si son mouvement avait pensé pour lui. » —  Fanny Wallendorf est romancière et traductrice. On lui doit la traduction de textes de Raymond Carver, des lettres de Neal Cassady (2 volumes, Finitude, 2014-2015) et de Mister Alabama de Phillip Quinn Morris (Finitude, 2016). L’appel est son premier roman.

Je me souviens que mon pied d'appel était le droit, ce qui me singularisait un peu mais ne me consolait ni de mon inaptitude crasse au saut en hauteur, ni de mon exécration des séances de plein air.
C'est dire si j'ai pris des risques en choisissant un premier roman de trois cent cinquante pages sur la technique du saut dorsal !
Masochisme expiatoire...?
Finalement non, car bien — et même mieux — m'en a pris.
L'appel n'a heureusement rien du compte rendu hagiographique des exploits d'un grand sportif.
Pourtant c'est en partie la vraie fausse biographie d'un médaillé olympique, dont Fanny Wallendorf révèle elle-même la clé dans une note d'introduction :

L'Appel est un roman, il trace l'itinéraire d'un adolescent jusqu'à un point culminant de son existence. Surnommé "l'Hurluberlu", parce que gaiement obsédé par le désir de suivre sa propre voie, Richard est un personnage fictif. Je n'ai gardé, de la vie de [Dick] Fosbury, que les faits sportifs et quelques détails qui servent la vérité du livre et de mon personnage. ”

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[carnet] mes jaseries de janvier

jaserie : subst. fém. [ʒɑzʀi], [-a-] ; synon. de babillage. La jaserie avant le langage est la fleur Qui précède le fruit (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 857)

>> la grande jaserie du mois

L'hibernation, François Mouton, illustré par Gwen Keraval (Le Pommier, 2007, 64 pages, 8 euros) — L'hiver venu, certains animaux migrent, d'autres sillonnent les terres pour trouver à manger et d'autres... dorment... tout simplement ! Pourquoi l'ours, la marmotte, la chauve-souris hibernent-elles plutôt que le mulot ? Comment arrivent-ils à mettre leurs corps en veille et à faire varier leur température interne ? Les clés sont dans la minipomme !J'avais presque décidé de sauter le mois de janvier malgré mon "engagement" à le publier début février... et puis un ami-lecteur attentionné m'a demandé des nouvelles et dit qu'il s'inquiétait un peu de ne rien lire (on n'était pourtant encore en janvier !).
Je le remercie pour cet encouragement à ne pas lâcher l'affaire jaseries !
Une autre amie, médecin, me confirme que maintenir même a minima l'effort de mettre en forme et rédiger mes petites notes de carnet est bénéfique pour mon intellect fatigable : j'obéis donc à la prescription !

Un autre motif me pousse à poursuivre... beaucoup moins avouable et sympathique : j'ai reçu hier la facture annuelle de mon abonnement Typepad, et effectivement, il faudrait raisonnablement que je me pose un jour la question de savoir si cela vaut le coup de payer pour écrire un ou deux billets par mois ?
Et là la paresse me submerge : pourquoi changer un système confortable (installé depuis 2004, mais gratuit pendant de longues années et devenu payant il y a deux-trois ans) ?
Je fais pareil pour le passe Navigo : je paie pour ne pas avoir à faire le calcul et devoir renoncer au confort de ne rien avoir à faire (ça s'appelle comment cette manie ?)

Il y aura donc finalement pour le mois écoulé quelques articulets, afin de conserver l'élan. Et pour la suite, on verra...

 

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[lu] à la ligne, roman de joseph ponthus

La Table Ronde, collection Vermillon,lien janvier 2019, 272 pages, 18 euros

4è de couv : À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.  Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes. — Joseph Ponthus est né en 1978. Après des études de littérature à Reims et de travail social à Nancy, il a exercé plus de dix ans comme éducateur spécialisé en banlieue parisienne où il a notamment dirigé et publié Nous... La Cité (Editions Zones, 2012). Il vit et travaille désormais en Bretagne. Sous-titré Feuillets d'usine, c'est le journal d'un type de quarante ans qui vit de boulots intérimaires, d'abord dans une conserverie de poissons et crustacés, puis dans un abattoir porcin et bovin. Travailleur social de formation, il ne trouve pas de poste dans sa spécialité en Bretagne où il a suivi sa compagne. Il enchaîne les trois-huit désocialisants dans le bruit assourdissant des machines, le froid, les déchets, le sang ; le quotidien douloureux, les pauses clope, les week-ends où l'on pense encore à l'usine, à la reprise du boulot, insomnies et cauchemars, l'effort physique qui assomme et anesthésie à défaut de faire oublier les idées noires ; une forme de résignation lucide : “ Il faut que la production continue ”, l'équivalent industriel de the show must go on...

Pas la peine d'attendre de lire les Remerciements à la fin de À la ligne pour comprendre que Joseph Ponthus connait bien pour l'avoir vécu ce dont parle son narrateur.

J'ai lu ce premier roman en décembre pour le comité de lecture des Notes bibliographiques. Normalement je ne devrais pas en parler ici, c'est la règle.
Mais comme c'est, depuis un moment, le meilleur texte que j'aie lu dans ce cadre où je ne choisis pas mes lectures, je m'autorise une exception !

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[carnet] mes jaseries de décembre

jaserie : subst. fém. [ʒɑzʀi], [-a-] ; synon. de babillage. La jaserie avant le langage est la fleur Qui précède le fruit (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 857)

>> la grande jaserie du mois

Spirit of the Night de John Atkinson Grimshaw, 1879 (source wikimedia)Difficile de faire original et personnel quand on vient comme moi si tard offrir ses vœux pour la nouvelle année (après la banque, la croix rouge, le coiffeur, le plombier (plus rare), les zamis du grand rézosocial, les éboueurs, et heureusement tous les autres, les vrais ami.e.s).

Considérant que l'indispensable est déjà fait et très bien fait, je me concentre sur le superflu : des petits vœux légers, scintillants et vaporeux comme la poussière d'étoiles de la baguette de cette foldingue de fée des lilas [ je viens de voir Peau d'Âne à Marigny hier soir ! ].

Je vous souhaite ad lib : des rires d'enfants, des chants d'oiseaux, des enthousiasmes enjoués, des frissons d'émotion, des étonnements joyeux, de franches rigolades, et plein d'expériences nouvelles et rapicolantes à multiplier sans modération (voyages, spectacles, expositions, lectures, concerts, etc.).

Que 2019 soit pour tous : pleine d'élan, excitante et entraînante !

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[carnet] mes jaseries de novembre

jaserie : subst. fém. [ʒɑzʀi], [-a-] ; synon. de babillage. La jaserie avant le langage est la fleur Qui précède le fruit (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 857)

couleur du mois ; in: http://images.math.cnrs.fr/le-traitement-numerique-des-images.html>> la grande jaserie du mois

Ben y'en a pas. Déjaserais-je déjà ?

Me voilà le premier jour du mois (décembre), samedi, il est midi ; une chaîne d'info continue à la télé entretient mon malaise, ma maussaderie ; ce n'est même plus la stupeur du samedi précédent, c'est un mal être diffus qui s'installe, en continu lui aussi.

Et le même jour vers dix sept heures ; alors que le grabuge devient apocalyptique à Paris, le message incrédule de Clément-FIls pour qui la journée commence à Toluca (Mexique) : “ vous êtes dehors ? quelle image ! ”

Je sais, il faudrait sortir malgré tout, aller au cinéma, voir une expo, ou alors lire du Vialatte comme le conseille judicieusement l'excellent Laurent Gourlay.
Sinon c'est place à l'à-quoi-ça-rime de faire-ci, de faire ça.

Je n'en voudrais à personne de filer lire ailleurs des propos plus positifs...
J'ai quand même glissé dans la suite quelques liens en partage comme on faisait au début des blogs ; le partage ça semble bien naïf et candide, très ouichfoul, mais lorsque j'imaginais il y a quelques semaines tenter de redonner un peu de peps à mes petits billets, c'est surtout à ça que je pensais.

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[lu] armen, récit de jean-pierre abraham (1967)

éditions Le Tout pour le Tout, juin 1988, 154 pages, 15 euros (retirage décembre 2017)

4è de couv : " Il faisait le même temps lorsque j'ai vu Armen pour la première fois. La mer était grise, comme toujours lorsqu'on navigue sur un bateau de guerre. J'ai cru reconnaÎtre cet endroit. J'ai souhaité vivre dans ce phare. C'était la meilleur façon pour ne plus le voir. Quand j'ai posé le pied, la première fois, sur ce débarcadère-jouet, je me suis cru chez moi. Mais de toute cette époque, déjà, je me souviens peu." Jean-Pierre Abraham — Armen : tour à tronc blanc, base sombre et sommet noir, 37 m., 48° 03,3 N - 4° 59,9 W - hauteur 29 m. - portée 23 milles - 3 éclats blancs, 20 secondes. Aujourd'hui automatisé, donc inhabité. Ce qui rend ce livre encore plus précieux... — photo J.-P. AbrahamJe n'en avais jamais entendu parler, mais j'espère que cet étonnant récit de phare figure depuis longtemps dans la bibliothèque de tous les voileux de la côte atlantique (sinon, il devrait, point).

Ce n'est pas un marin breton qui me l'a offert, c'est un poète-écrivain ardennais qui savait que la vie et l’œuvre de Jean-Pierre Abraham (1936-2003), son rapport à la solitude, à l'écriture, aux autres, m'intrigueraient, me bouleverseraient. Il avait raison, comme chaque fois.

gardien à Ar-Men (1959-1963)

Extraordinaire histoire d'une vocation : à l'occasion de son service militaire dans la Royale en 1956, Jean-Pierre Abraham croise au large de Sein et Ar-Men.
Séduit par la position et l'isolement du phare, comme envoûté, le jeune homme se promet de revenir pour y travailler.
D'abord une période d'essai de 9 mois en 1959 qui confirme son intention, puis la formation exigeante de gardien de phare au Cap Gris-Nez et à Saint-Nazaire, et enfin l'embauche.
En 1961, il a 25 ans, il est gardien en titre à Ar-Men !
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'avant tout ça, ce jeune homme précoce originaire de Nantes était monté à Paris pour étudier les lettres, s'était fait remarquer dans les milieux intellectuels, et avait publié un premier récit au Seuil à 20 ans (Le Vent). Mais l'appel d'Ar-Men avait été plus fort que les sirènes germanopratines.

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