[lu, un peu vécu] comédies françaises, roman d'éric reinhardt

Gallimard, collection Blanchelien, août 2020, 480 pages, 22 euros

4è de couv : Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter de vingt-sept ans, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d’instants qu’il voudrait décisifs. Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d’Internet, intrigué qu’un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données qui est à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics en 1974. Les investigations de Dimitri l’orientent rapidement vers un puissant industriel dont le brillant et sarcastique portrait qu’il en fait met au jour une «certaine France» et le pouvoir des lobbies. — Eric Reinhardt est l'auteur de huit romans, parmi lesquels Cendrillon (Stock, 2007) et L'amour et les forêts (Gallimard, 2014), prix Renaudot des lycéens et prix Roman des étudiants France Culture - TéléramaDimitri Marguerite, 27 ans, est correspondant à l'AFP. C'est un rêveur. Il est persuadé qu'un hasard prodigieux lui fera recroiser la fille étrange et fascinante entre'aperçue à Madrid, puis à deux reprises à Paris. Cela tourne à l'obsession. Un rêveur, et un railleur. Il dit et écrit ce qu'il pense : par exemple quand il s'intéresse à l'expressionnisme abstrait américain ; ou un peu plus tard à la manœuvre d'un grand capitaine d'industrie français qui en 1974, a privé la nation d’une invention majeure, et par conséquent de la possibilité de faire jeu égal avec les États-Unis, voire de viser une position de leader dans la révolution numérique contemporaine naissante.
Au moment de publier ses notes, Dimitri meurt dans un stupide accident (?) de la route, aux environs de Trégastel.
Le roman commence comme ça, et finit aussi comme ça.

Dans les médias on présente le Éric Reinhardt nouveau comme une enquête sur le fiasco de l'Internet français. C'est un raccourci accrocheur qui ne rend pas vraiment justice au foisonnement de ce gros roman passionnant, étonnant, parfois irritant, mais véritablement réjouissant !

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[remembrance] le jour où j'ai gagné le prix babelio...

picnic Babelio, juillet 2012, parc BercyÇa serait pas un effet collatéral du confinement, cette bouffée de nostalgie et d’apitoiement (même amusé) sur soi-même ?
Ou plus simplement, un petit coup de revenez-y, que je viens de prendre en plein plexus, en allant sur la page que Babelio consacre à la prochaine édition 2020lien de son prix littéraire ?

Histoire d'illustrer leur initiative, les organisateurs ont repêché dans leurs archives cette photo (que j'avais complètement oubliée et peut-être même jamais vue ?) sur laquelle je brandis fièrement un diplôme Prix Babelio (1).

Remettons les choses à leur place : en 2012, il s'agissait d'un prix pour rire, un prix pour la convivialité ; un petit concours de nouvelles proposé aux membres du réseau Babelio, dont le thème était la rencontre ; toujours est-il que j'avais gagné et que j'étais pas peu fière, trop heureuse, ce jour-là sous les arbres du Parc Bercy ! Pour un coup d'essai... (je n'ai jamais réitéré l'exercice depuis).

Évidemment, tant qu'à faire puisque je l'ai retrouvée, je la ressors... soyez indulgents, c'est gentillet, mais il y a dedans quelques éclats dystopiques qui font actualité aujourd'hui !
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1. Dommage qu'à l'époque, le port du masque n'ait pas été imposé !

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[confineries, printemps 2020] least of de ce que je crachouille sur facebook jour après jour

(pour pas oublier, et pour ceux qui n'y vont pas)

ceci n'est pas une note de lecture, pas un journal de confinement, rien du tout, juste des petits morceaux (shortcuts) de ce que j'ai semé quotidiennement au vent du grand rézosocial depuis le lundi 16 mars 2020

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ce billet sans illustrations sera complété au fil des jours (revenez-y !)

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[lu] la valse seconde (on me dit que ma poule est un coq), recueil de billets d'alain bonnand

Éditions La Bibliothèque, collection Les Billets de la Bibliothèque,lien mars 2020, 172 pages, 16 euros

rabat de couverture : Pas seulement le plaisir des phrases, la musique de la littérature, mais un lieu habitable, un biotope ô combien humain, que vivre et écrire vaillent ensemble, voilà ce que nous propose La Valse seconde. Deux années de vie offertes en une ronde d'idées et de mots. Alain Bonnand est unique dans l'art de nous enchanter  — Né en 1958, il est l’auteur de Je vous adore si vous voulez (Puf), Feu, mon histoire d’amour (Grasset), Martine résiste (Le Dilettante), Le Testament syrien (Écriture), Il faut jouir, Édith (La Musardine), La Grammairienne et la petite sorcière (Serge Safran) — Les illustrations sont de Maurice MietteAlain Bonnand, deuxième.
Deux fois Alain Bonnand (la première c’est Arthur Cauquin au Yémen lien) pour un printemps insensé qui nous confine en chambre (par ailleurs, le lieu de littérature préféré de l'auteur !) : une double aubaine à profiter pour libérer les esprits gaiement en attendant le retour à la vie normale.

carnet de bal, bréviaire, ou almanach ?
J'ai déjà dit (ici) la qualité esthétique non pareille des petits livres de l'éditeur Jacques Damade. Pour moi, celui-ci est le plus beau.
Jaquette framboise, avec de seyantes broderies intérieures (les belles illustrations pertinentes de Maurice Miette).
Un parfait carnet de bal.
Mieux, un joli bréviaire profane avec plein d'idées de lectures intelligentes dedans, des “ phrases à danser ”, et des aphorismes taquins à relire aussi souvent qu'on en a oublié (ou pas encore vu) tous les sens cachés.

Tout à la fois — mais pas seulement — correspondance littéraire, amoureuse, journal intime, et almanach entraînant joyeusement le lecteur : d'un livre à une dame, un petit tour, puis à un autre livre, à un ami, à une autre amie, encore un tour... une valse, on vous dit.

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[lu] arthur cauquin au yémen, roman d'alain bonnand

Serge Safran éditeur, 20 mars 2020, 224 pageslien, 17 euros 90

CONFINEMENT COVID-19 : les librairies sont fermées, le courrier n'est pas distribué, mais Arthur Cauquin au Yémen est disponible sur les meilleures plateformes de vente de livres numériques, au prix de 9 euros 99 (liste ici)

MARDI 24 MARS, DERNIÈRE MINUTE COVID-19 : du 24 mars au 7 avril, Serge Safran éditeur offre une PROMO PLAISIR SOLIDAIRE à 50 % sur toutes ses nouveautés !

4éme de couv — Arthur creuse des trous au Yémen pour le compte d’un grand groupe. Laurence, sa maîtresse, se trouve à Orléans. Ils s’aiment de loin grâce à Internet et un matériel qu’ils finissent par utiliser très bien…
Cela dit, l’échange électronique a des limites. C’est le printemps et Laurence, qui d’habitude ne croque pas la vie à moitié, se morfond beaucoup. Même la lecture de Raymond Queneau ne l’aide plus à patienter. Qu’est-ce qu’Arthur, soucieux du plaisir de son amie, va bien pouvoir inventer pour que passent agréablement les deux mois qui les séparent de son retour ? Une histoire pimentée, qui nous transporte en 2006 quand les amoureux découvraient avec l’ordinateur, un micro et une caméra portatifs, les joies et permissions de l’échange à distance.
 Un érotisme qui ne manque ni de tendresse ni d’encouragements. — Alain Bonnand, né en 1958, dans l’Oise. Adolescence ardennaise ; fait Rémois à dix-neuf ans, Arabe à quarante-cinq, puis Florentin. Aujourd’hui, de nouveau Rémois.  Auteur de Feu mon histoire d’amour ; Martine résiste ; Il faut jouir, Édith… et de La Grammairienne et la Petite Sorcière chez Serge Safran éditeur.De la mi-avril à fin mai 2006, entre Sanaa et Orléans, un printemps arabe heureux ; à une époque révolue où les sites de rencontre et les technologies émergentes offraient aux aventureux des terrains de jeux interactifs plus délicieux et modernes (même si parfois techniquement incertains) que les petites annonces du Nouvel Obs ; où les réseaux sociaux n'avaient pas encore été empoisonnés par leur propre puissance de nuisance ; un temps où l'on ne “partageait” pas tous azimuts et sans discernement, mais où l'on privilégiait encore les relations choisies (ou refusées). Ça n'allait plus durer bien longtemps.

Ce n'est ni un regret, ni un mensonge : je n'ai jamais pratiqué ça... mais cela ne m'a pas empêchée, et même au contraire, de trouver un délicieux plaisir par procuration dans cette lecture beaucoup moins légère qu‘il y parait car la profondeur se niche dans les détails !

J'ai cherché dans la liste des synonymes de coquin, j'ai retenu : polisson, libertin, leste, malicieux, canaille, badin, espiègle, sensuel, émoustillant.
Et repoussé catégoriquement les autres : égrillard, gaulois, croustillant, grivois, graveleux, licencieux, obscène, porno.

Bon, je ne diverge pas plus longtemps : oui, Arthur Cauquin au Yémen est un roman sexy ! ouiiiiiiiii, c'est une histoire de plaisirs !
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lire le résumé de l'action en quatrième de couverture en passant sur l'image, ou en allant sur le site de l'éditeur

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[jaseries] paris est tout petit pour ceux qui... aiment le spectacle vivant

à propos des récitals Ici-bas à la Seine Musicale, et Affreuses, Divines, et Méchantes à l'Opéra Comique

En ce début d'année, je me suis gavée de sons, de voix et de lumières, en égoïste.
Mes choix me paraissaient un peu trop marginaux et excentriques pour entraîner d'innocents cobayes dans mes aventures. Ou alors un peu lâche, je préférais assumer seule la déception toujours possible !
Je sais bien l'inutilité de ce billet puisque les événements sont passés et que certains ne sont plus à l'affiche, mais je voulais garder une trace des émotions inattendues qu'ils m'ont laissées.

Porte 8, Opéra Comique, cabaret, photo d'Emeline Bayart (facebook)J'avais commencé par Emeline Bayart à l'Opéra Comique.
Mais pas salle Favart. Il y a une jolie programmation annexe intitulée Porte 8, dans une salle transformée pour l'occasion en caf'conc de luxe : petites tables juponnées de rouge, bougie (led, pour la sécurité...), et une bouteille de bon champagne !
Accompagnée au piano par Manuel Peskine, la comédienne et chanteuse compose un récital coquin et vachard : des textes sans âge, d'une écriture riche et virtuose bourrée de doubles sens vertigineux, des mélodies lyriquement acrobatiques comme on en connaissait au tournant du XXè siècle, avec Polaire et Yvette Guilbert, et que plus tard, Patachou, Colette Renard, Jacqueline Mailhan et d'autres, ont perpétué, mais qu'on a peu à peu complètement perdus.
L'interprétation d'Emeline Bayard est incroyable, comme comédienne et comme chanteuse...
Je savais qui elle était (ce n'était visiblement pas le cas pour beaucoup de spectateurs énormément surpris et ravis) ; je l'avais vue au théâtre dans Fric-Frac et deux comédies de Tchékov. Elle a aussi incarné le rôle titre au cinéma dans Bécassine ! de Bruno Podalysdès. Je ne la connaissais pas en diva. C'est un phénomène... Il faut la voir, lascive, ranimer un Boieldieu de marbre par un baiser voluptueux...
Il y a des dates en mars, ne la manquez pas ! Si j'avais pu (mais non hélas), j'y serai retournée pour partager ce moment délicieux... et la bouteille de champagne avec vous !

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[lu, babelio] la prière des oiseaux, roman de chigozie obioma

Buchet-Chastel,lien traduit de l'anglais par Serge Chauvin,  janvier 2020, 528 pages, 25 euros
merci à Babelio et Buchet-Chastel pour l'envoi du livre et l'invitation à rencontrer l'auteur (finaliste Man Booker Prize 2019) le 20 janvier 2020

4è de couv : Chinonso, un éleveur de volailles du Nigeria, croise une jeune femme sur le point de se précipiter du haut d’un pont. Terrifié, il tente d’empêcher le drame et sauve la malheureuse Ndali. Cet épisode va les lier indéfectiblement. Mais leur union est impossible : Ndali vient d’une riche famille et fréquente l’université, alors que Chinonso n’est qu’un modeste fermier…   — Chigozie Obioma est né en 1986 au Nigeria, et vit désormais aux États-Unis où il enseigne le creative writing. Son premier roman, Les Pêcheurs (L’Olivier, 2016), finaliste du Booker Prize, lui a valu une reconnaissance mondiale.Hier soir, ma petite gloriole de lectrice de taille moyenne en a pris un coup...
J'étais en taxi dans les encombrements ; le chauffeur passait ostensiblement des coups de fil audiblement personnels (même si je ne comprenais pas un mot à son langage musical parsemé d'anglais, l'écran de son smartphone affichait la photo d'une belle jeune femme noire en pied, radieuse).
Je venais tout juste de refermer le livre de Chigozie Obioma. J'étais encore sous le coup du dernier chapitre de La Prière des oiseaux, d'une beauté déchirante.
Alors j'ai fait la maline... dit que j'aimais entendre les langues que je ne comprend pas... ça chante... d'où êtes-vous ? (j'aurais eu l'air fin si il m'avait répondu de Bobigny)
Mais là, petit miracle de synchronicité, il me répond : Nigéria !
— Ça alors :  je viens justement de lire un livre de... qui... que...

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[mmxx] an nouveau, blog rechapé neuf, vœux

Tadam. J'ai longtemps cherché quoi écrire ici pour accueillir dignement la troisième décennie du XXIè siècle.
Heureusement, je me suis avisée à temps qu'elle ne commencerait que l'an prochain, le 1er janvier 2021 ! Ça me laisse le temps...  alors en attendant, j'ai choisi de changer de look (de blog). Rien de bien révolutionnaire, que du cosmétique, mais je me suis sacrément fait peur quand il a fallu cliquer sur “Appliquer” pour lancer le relooking des 850 et quelques articles (depuis décembre 2004) et leurs 3300 commentaires environ.
J'ai pas fouillé dans tous les recoins, il y aura sans doute encore du ménage à faire par ci par là.
Voilà. C'est mon petit cadeau (inutile comme il se doit) de nouvel an.

Par contre je souhaite très fort que mes vœux ne soient pas complètement inutiles et que 2020 (même pas palindrome, pfff !) vous comble, vous apaise, ou dépasse vos espérances, selon vos désirs.

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[esprit de noël] les couleurs de l'hiver, collectif

avec Thomas B. Reverdy (écrivain), Florence Cosnefroy (plasticienne) et des personnes détenues de la Maison d’arrêt des Hauts-de-Seine ; en collaboration avec le Service Pénitentiaire d’insertion et de probation 92

in catalogue Maison de la Poésie : S’appuyant sur le travail des deux artistes, cet atelier a consisté à mettre en relation les « couleurs de l’hiver », choisies par chaque participant, avec un texte évoquant une personne, un lieu ou un souvenir qui lui était associé. Puis ces textes sont devenus des lettres, et tous ces morceaux de souvenirs, ces lieux, ces personnes, sont devenus autant de fragments d’histoires destinées à être lues et adressées à quelqu’un. Ils sont les récits d’un hiver qui se souvient des temps meilleurs et se les récite comme pour se réchauffer. Ensemble ils composent une mosaïque d’images et de sentiments, de courts récits, de poèmes, de nostalgies et de désirs lancés vers nous comme un pont. Il sont notre humanité et nos rêves blottis au cœur de l’hiver.C'était hier soir, à la Maison de la Poésie (rue Saint-Martin, proche Beaubourg) — transformée pour l'occasion en Maison de l’Émotion...
La veille Thomas B. Reverdy avait lancé sur ZeSocialNetwork, un appel pressant à venir écouter la restitution d'un atelier d'écriture bien particulier :
“ comme c’est les détenus qui vont lire, et que c’est quelque chose de très très peu naturel, de monter sur une scène, et qu’ils ont obtenu une permission de sortie, et qu’ils vont venir de Nanterre, j’ai vraiment envie qu’il y ait un peu de public dans la salle. ”

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[lu] métaphysique de l'apéritif, spritz de stéphan lévy-kuentz

éditions Manucius, mars 2019,lien 125 pages, 12 euros

4è de couv : «Debout devant cette terrasse qui semble vous tendre les bras, vous hésitez pourtant à vous avancer. Décider de la place idéale est un exercice plus nuancé qu’il n’y paraît. Vous ne savez pas vraiment pourquoi vous avez choisi ce guéridon. L’autre là-bas aurait tout aussi bien fait l’affaire. Les terrasses de café recèlent des dispositifs scénographiques variés qui ne racontent pas tous la même histoire. Le guéridon est arrangeant, il fait autant le lit de l’amitié qu’il peut être un tombeau pour la solitude. Loin des hivers rudes de pays enneigés où jamais le soleil ne paraît, dans ces saloons rudimentaires où un étranger aux semelles plates referme avec peine la porte récalcitrante sur le blizzard (scène digne de Chaplin ou de Keaton), l’apéritif se doit d’être consommé en terrasse et répond à plusieurs cas de figure: l’apéritif de groupe qui tient de la thérapie sociale, celui en face-à-face qui relève de l’échange intime et celui que vous vous apprêtez à pratiquer et qui engage certaines forces d’introspection. Vous y serez bientôt.» Postface de Denis Grozdanovitch — Stéphan Lévy Kuentz est écrivain et essayiste. Anicien coordinateur d'expositions au Centre Pompidou, il a créé et dirigé la collection l'Attrape-corps (La Musardine). Scénariste, il a collaboré à l'écriture de documentaires de création sur Man Ray, Arroyo, Pascin, Chagall, Calder, Klee, Mondrian, Klein, les Impressionnistes, Dali, Rodin. Il est l'auteur aux éditions Mnucius de Sans Picasso (2017)La première fois que je l'ai lu, j'avais situé l'inaction de ce roman statique (sic, l'auteur) à la terrasse d'une brasserie du carrefour Vavin (disons La Rotonde, bien que rien ne l'indique, mais j'aime bien "voir" ce que je lis).
Le premier chapitre est d'une grande précision topographique et chronométrique : j'aurais dû me méfier...
En le relisant une nouvelle fois pour écrire cette note, je m'aperçois de mon erreur, ou plutôt, de ma naïveté.
On part de la sculpture de Balzac par Rodin, boulevard Raspail.
Six minutes de marche, mais comme rien n'indique à quel rythme, ni la direction prise (Montparnasse ? Denfert-Rochereau ? Port-Royal ?), il y a au choix un bon nombre de débits de boisson sur les cercles concentriques qu'on pourrait tracer à partir du carrefour Vavin (également baptisé place Pablo Picasso, ça j'ignorais !).
À vous, à moi, de choisir, lequel ; c'est la règle qu'instaure poliment Stéphan Lévy-Kuentz :
" Si cela ne vous dérange pas, vous [...] serez le personnage principal mais tout ce que vous penserez ne sera pas retenu contre vous. Pour l'instant, vous vous contentez de rester à l'écoute de vous-même. ".
Puisque l'auteur me donnais tous les droits, j'ai marché trois minutes... et je suis revenue sur mes pas ; obéissante, je me suis installée en terrasse, seule, pour un apéritif métaphysique.

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