68 notes dans la catégorie "Musique"

[jaseries] paris est tout petit pour ceux qui... aiment le spectacle vivant

à propos des récitals Ici-bas à la Seine Musicale, et Affreuses, Divines, et Méchantes à l'Opéra Comique

En ce début d'année, je me suis gavée de sons, de voix et de lumières, en égoïste.
Mes choix me paraissaient un peu trop marginaux et excentriques pour entraîner d'innocents cobayes dans mes aventures. Ou alors un peu lâche, je préférais assumer seule la déception toujours possible !
Je sais bien l'inutilité de ce billet puisque les événements sont passés et que certains ne sont plus à l'affiche, mais je voulais garder une trace des émotions inattendues qu'ils m'ont laissées.

Porte 8, Opéra Comique, cabaret, photo d'Emeline Bayart (facebook)J'avais commencé par Emeline Bayart à l'Opéra Comique.
Mais pas salle Favart. Il y a une jolie programmation annexe intitulée Porte 8, dans une salle transformée pour l'occasion en caf'conc de luxe : petites tables juponnées de rouge, bougie (led, pour la sécurité...), et une bouteille de bon champagne !
Accompagnée au piano par Manuel Peskine, la comédienne et chanteuse compose un récital coquin et vachard : des textes sans âge, d'une écriture riche et virtuose bourrée de doubles sens vertigineux, des mélodies lyriquement acrobatiques comme on en connaissait au tournant du XXè siècle, avec Polaire et Yvette Guilbert, et que plus tard, Patachou, Colette Renard, Jacqueline Mailhan et d'autres, ont perpétué, mais qu'on a peu à peu complètement perdus.
L'interprétation d'Emeline Bayard est incroyable, comme comédienne et comme chanteuse...
Je savais qui elle était (ce n'était visiblement pas le cas pour beaucoup de spectateurs énormément surpris et ravis) ; je l'avais vue au théâtre dans Fric-Frac et deux comédies de Tchékov. Elle a aussi incarné le rôle titre au cinéma dans Bécassine ! de Bruno Podalysdès. Je ne la connaissais pas en diva. C'est un phénomène... Il faut la voir, lascive, ranimer un Boieldieu de marbre par un baiser voluptueux...
Il y a des dates en mars, ne la manquez pas ! Si j'avais pu (mais non hélas), j'y serai retournée pour partager ce moment délicieux... et la bouteille de champagne avec vous !

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[folfox story] le trois-quarts temps

TroisquartsTrois sur quatre, c'est plus parlant que neuf sur douze (au compteur chimios : ce qui est fait). Plus exact que deux sur six (en mois : ce qui reste à faire, heureusement un peu moins).
Ce qui est sûr, c'est, comme une amie le remarque, qu'une de plus c'est aussi une de moins !

En dehors de cette arithmétique de progression plutôt optimiste mais tristement régulière, pas grand-chose de changé dans le déroulement de mon périple en oncologie, chaque étape ressemble maintenant à la précédente : recluse et k-o une semaine, je récupère suffisamment bien la semaine suivante, et ça recommence !

Les jours qui précédent le jour J à l'hôpital de jour, je me concocte un programme feel-good, pas trop remuant tout de même.

C'est comme ça que la dernière fois, je suis allée écouter des magiciens du jazz swing, Isa et Pierrot (exprès je ne donne pas les noms, vous allez comprendre pourquoi après), dans un très joli endroit bien parisien (germanopratin), généreusement confortable et cosy, pas comme ces clubs aux noms pourtant ensoleillés où l'on est mal assis et obligé de payer l'entrée à chaque set.

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[lu] journal d'un vampire en pyjama, récit de mathias malzieu (dionysos)

chez Albin Michel, 240 pages, janvier 2016, 18 euros

en 4ème de couverture : « Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »    Mathias MalzieuFin 2013, notre Tim Burton national n'a pas la forme olympique exigée par la sortie imminente de son film d'animation (Jack et la mécanique du cœur lien) :  jambes en coton, saignements de nez, cœur qui tape, bleus et pétéchies. Le diagnostic tombe le 12 novembre, à Cochin : aplasie médullaire sévère mais non génétique (la faute à pas d'chance). Maladie auto-immune, origine et issue incertaines. Des anticorps  qui dysfonctionnent et détruisent implacablement le tissu osseux responsable de la production des globules sanguins.En attendant la greffe de moelle osseuse, Mathias enchaîne les transfusions de sang et de plaquettes.
Mais il faut vite passer à plus lourd : un traitement immunosuppresseur qui pulvérise les anti-corps. Plusieurs semaines en chambre stérile. Et toujours pas de moelle osseuse compatible dans le fichier mondial de donneurs.
En attendant, nouvelles transfusions : Mathias Malzieu passe du statut de néo-vampire à celui de vampire confirmé.

“ — De quel groupe êtes-vous ?
— Dionysos, je réponds
— Je parlais de votre groupe sanguin
— Ah oui... O+ ”

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[portrait] jazzanini : ce que la bande annonce...

J'avais vu ce joli portrait-documentaire sur le merveilleux Marcel Zanini, lors d'une projection privée lienen avril 2012.
Toujours pas programmé ou diffusé ? Quel dommage !
Court extrait en forme de bande annonce :

ma sweet substitution obsession dans la suite de cette note : liste des 15 articles de blog 2008-2014 où j'ai parlé de Marcel Zanini !

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[hommage] siné : moustaki et... lester young

En dehors de toute éthique bloguesque, je me contente de recopier le texte de Siné pour Siné Mensuel lienque Stéphane Mercurio a diffusé ce matin sur facebook, qui a déjà été repris sur les blogs, et le sera encore car il est for-mi-dable. Le voici :

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“ J’aimais beaucoup Moustaki. C’était un super brave mec, incroyablement gentil. Pas l’ombre d’une quelconque méchanceté. C’en était presque énervant ! Une voix douce, un regard tendre, un sourire permanent comme la révolution qu’il appelait de ses vœux.
Mais sa nonchalance ne l’empêchait pas d’avoir des convictions bien arrêtées. Bien que d’origine juive, il était foncièrement contre la politique d’Israël, ce qui n’est pas très courant, mais on était en phase sur beaucoup d’autres sujets. ”

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[métro] la chanteuse, le sale type, et les policiers

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Vue d'un couloir du métro de Paris à Montparnasse Bienvenüe sur la ligne 4 du métro de Paris, Greenski, Wikimedia Commons

Mon amie Stefanie est soprano colorature. Parfois on l’entend chanter dans les couloirs du métro, à Pasteur. La jeune femme, chanteuse accréditée par la RATP, vient là pour travailler sa voix, mettre en place les nouveaux morceaux d’un récital, profiter de l'acoustique et d’un public varié mais le plus souvent conquis, attentionné, et admiratif.

Sauf hier en plein après-midi.

L’homme qui s’est planté devant la chanteuse pour ricaner méchamment devient agressif quand Stefanie lui intime de passer son chemin. Et les mots deviennent des gestes. D’une claque, il lui ouvre la lèvre. La chanteuse s’arme alors... de son téléphone pour photographier l’agresseur. Qui s’en empare, file et emprunte le couloir vers le quai. Stefanie rattrape l’individu au moment où il essaie de monter dans la rame. Elle lui arrache le téléphone et retient comme elle peut la fermeture des portes en appelant les voyageurs à la rescousse. Pas un franc succès immédiat, mais ses cris finissent par convaincre quelqu’un de tirer l’alarme pour empêcher la rame de repartir et déclencher l’intervention des agents de sécurité.

Un incident malheureusement banal pour qui fréquente les transports parisiens. Ce qui est moins attendu, c'est la suite donnée par les autorités...

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[jazz] rose loukoum, trop beau pour être vrai...

<)) Marcel Zanini - Rose loukoum (feat. Sam Woodyard)

“ Tout en douceur. Jolie intro de Zanini (tcl) dans le grave de la clarinette. Exposé du thème par un Claude Gousset (tb) très inspiré. Très bon solo de Marc Hemmeler (p). “ In: livret de l'album Saint-Germain (Patchwork), 2005, Frémeauxlien

page 17 : "Nous traversons la ville. Sans râler, le taksi se fraie un chemin dans l'embouiteillage. Il passe sous l'Aqueduc et rejoint le pont Atatürk, le second pont de la Corne d'Or. Je sens que le soleil incline à se coucher. La lumière cherche le crépuscule des yeux. Ca ne rend pas Istanbul moins terne. Hirondelles et klaksons nous accompagnent." Une rêverie orientale en amène une autre... et c'est : Trop beau pour être vrai, composition récente de Marcel qui ne figure sur aucun enregistrement, mais qu'il interprète avec ses musiciens à chacun de ses concerts mensuels au Petit Journal Saint-Michel.

Retrouver la Corne d'Or / Naviguer sur le Bosphore / Et chanter, chanter.../
Laissez-moi, je suis bien / Je n'ai besoin de rien / Oh ! Oui, je dors / Je veux rêver encore /.../
When I found where I was born / Very near the Golden Horn / Makes me feel reborn /
It's too good to be true / I'm traveling with you /
Oh ! Yes, too good to be true

en illustration : dessin de Nabe pour Visage de Turc en pleurs, 1992 pour la collection L'Infini chez Gallimard, (c) Marc-Edouard Nabe

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[liens] internet réveille les morts...

45 tours Discazur — face B (2'47) : Sale temps pour les oignons (Giner, Lutinier) — face A (3'10) : After you've gone (Creamer - Laylon), R. Giner (Vibra), J. Gautier (Drums), J.-L. Rassinfosse (Basse) — non daté, dédicace du 12 avril 1979 à Super BesseDepuis quelques jours, des recherches "rene giner" dans google amènent des visites sur la page de l'article que j'ai écrit ici le 7 septembre.lien
En même temps je reçois par la poste un vinyle commandé sur internet : Sale temps pour les oignons, paroles de Jacques Lutiinier, musique de René Giner (je n'ai pas de platine pour l'écouter ; je le tiens à la disposition de tout ami de René Giner qui m'en fera la demande par mail).

Sur la pochette, la dédicace d'un gentil fantôme barbu qui m'envoie des bises depuis l'au-delà.

De son côté, le site des lecteurs de Marc-Edouard Nabe lien a reproduit le texte d'une lettre tout juste reçue d'un ami de René Giner qui a lu mon billet sur le musicien disparu et le beau texte que l'écrivain lui avait consacré dans son journal intime en 1987. J'apprends ainsi que René Giner est né à Béziers en 1932 (je laisse exprès les ?? dans le titre de mon billet du 7 septembre), et que René Giner était le pseudo de René Ginestera.

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[nabe, extrait] rené giner (19?? - 2012), tombeau pour un jazzman méconnu

... cet ogre sentimental qui pleurnichait en rigolant et ne rigolait jamais sans pleurnicher ... Néné aurait swingué sur une boîte de petits pois ...

Rene Giner, batteur d'orchestre de bal, Montpellier 1966 (google images)— Il est mort Néné ?
— Oui, il y a deux trois mois à peu près, c'est par sa femme que j'ai appris...
— On savait pas. Il avait quel âge, 70, 75 ?
— Ah, mais on pensait même pas qu'il irait jusque là... tout ce qu'il buvait... dans quel état... quand il dormait torse nu en hiver sur des cartons dans la rue... il faisait la manche... c'est comme ça qu'il voulait vivre, Néné...

J'étais là,(1) j'écoutais Marcel Zanini, Pierre Etaix puis Marc-Edouard Nabe, visiblement émus, évoquer plaisamment les frasques talentueuses d'un homme libre qu'ils avaient connu et aimé.
Encore un de leurs jazzmen Célestes comme des Clochards (voir Sam Woodyardlien, François Rilhaclien) .
Et tout à coup, Nabe, s'adresse à moi, impérieux :

— Il faut que vous en parliez... sur votre blog ! (2)


Bien gentil, mais j'avais à peine compris le nom de “Néné”, moi.
René comment ?... Girer ? J'ai pas osé demander.

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