60 notes dans la catégorie "Art"

[esprit de noël] les couleurs de l'hiver, collectif

avec Thomas B. Reverdy (écrivain), Florence Cosnefroy (plasticienne) et des personnes détenues de la Maison d’arrêt des Hauts-de-Seine ; en collaboration avec le Service Pénitentiaire d’insertion et de probation 92

in catalogue Maison de la Poésie : S’appuyant sur le travail des deux artistes, cet atelier a consisté à mettre en relation les « couleurs de l’hiver », choisies par chaque participant, avec un texte évoquant une personne, un lieu ou un souvenir qui lui était associé. Puis ces textes sont devenus des lettres, et tous ces morceaux de souvenirs, ces lieux, ces personnes, sont devenus autant de fragments d’histoires destinées à être lues et adressées à quelqu’un. Ils sont les récits d’un hiver qui se souvient des temps meilleurs et se les récite comme pour se réchauffer. Ensemble ils composent une mosaïque d’images et de sentiments, de courts récits, de poèmes, de nostalgies et de désirs lancés vers nous comme un pont. Il sont notre humanité et nos rêves blottis au cœur de l’hiver.C'était hier soir, à la Maison de la Poésie (rue Saint-Martin, proche Beaubourg) — transformée pour l'occasion en Maison de l’Émotion...
La veille Thomas B. Reverdy avait lancé sur ZeSocialNetwork, un appel pressant à venir écouter la restitution d'un atelier d'écriture bien particulier :
“ comme c’est les détenus qui vont lire, et que c’est quelque chose de très très peu naturel, de monter sur une scène, et qu’ils ont obtenu une permission de sortie, et qu’ils vont venir de Nanterre, j’ai vraiment envie qu’il y ait un peu de public dans la salle. ”

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[carnet] jaseries de mai, où l'on voit que je rentabilise mon adhésion à la maison de la poésie

peinture de mon amie Kate Lynch : "Andrew Hecks in the Glastonbury orchard, blossom time"  katelynch.co.uk ; son mari James est également peintre : www.james-lynch.co.uk
"Andrew Hecks in the Glastonbury orchard, blossom time" (c) Kate Lynch

Je venais vous écrire que je passais (shuntais) le mois de mai... de ne pas vous inquiéter : j'ai fait ce qui m'a plu en mai, mais je ne voyais plus trop l'intérêt de ce petit rétro-agenda (adenga) mensuel public. Du coup je n'avais rien de prêt. Et mauvaise conscience, un peu.

Coïncidence culpabilisante, je suis tombée hier sur un site anglo-saxon qui porte mes initiales ; je ne connaissais pas ce sigle apparemment usité,
TBR : To Be Read.

Ce rappel tombe bien, j'ai deux articles pour des livres TBR dans le tuyau de juin, restez vigilants, je ne lâche pas tout, pas encore !
A défaut d'inspiration, l'esprit de l'escalier s'est finalement manifesté timidement : des éclats d'idées faiblards et pas très nets ; faute de mieux, les voici tels que, en vrac.

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[carnet] mes petites jaseries de mars, numéro spécial philippe jaenada

jaserie : subst. fém. [ʒɑzʀi], [-a-] ; synon. de babillage. La jaserie avant le langage est la fleur Qui précède le fruit (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 857)

"The Ladder to the Moon, Spring Equinox", peinture de James Lynch, www.james-lynch.co.uk  — mon amie Kate, sa femme, est aussi peintre et également talentueuse : www.katelynch.co.uk
"The Ladder to the Moon, Spring Equinox" (c) James Lynch

Je commence à composer ce billet de mars le dimanche soir (20 heures 50, heure d'été), dernier jour du mois, mais je pressens qu'il ne va pas “partir” avant deux trois jours, et qu'il ne fera pas une taille xxl...

Hier (samedi 30 mars, donc) j'étais à la Maison de la Poésie lien à 10 heures (heure d'hiver) du matin.
Drôle d'horaire pour une rencontre littéraire.
Pourtant la salle est bien remplie. Les participants sont un peu engourdis comme le remarque Philippe Jaenada, goguenard, en posant son impérissable sac matelot écossais à ses pieds sur la scène :
— Vous pouvez parler entre vous !
Voix, physique, style, tout s'accorde dans la gamme costaud et solide, sans fantaisie inutile (à part le sac et une broche/clip que je n'ai pas identifiée).
J'ai déjà entendu PJ une ou deux fois, mais j'en redemande, alors trois heures de master class, j'allais pas rater ça.

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[carnet] mes jaseries de février

jaserie : subst. fém. [ʒɑzʀi], [-a-] ; synon. de babillage. La jaserie avant le langage est la fleur Qui précède le fruit (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 857)

vacances en Bretagne, fin des années 50, mes parents ont autour de 35 ans (l'âge de mes enfants aujourd'hui) — Suzel (3 octobre 1921 - 11 mai 2007), Charles (24 août 1920 - 5 février 2019)Orpheline : il faudrait un autre mot pour signifier la perte du dernier survivant de ses parents lorsqu'on est soi-même bien avancée en âge.

L'écrivain et psychanalyste belge Lydia Flem écrit1 :

“ A tout âge, on se découvre orphelin de père et de mère. Passée l'enfance, cette double perte ne nous est pas moins épargnée. Si elle ne s'est déjà produite, elle se tient devant nous. Nous la savions inévitable mais, comme notre propre mort, elle paraissait lointaine et, en réalité inimaginable. Longtemps occultée de notre conscience par le flot de la vie, le refus de savoir, le désir de les croire immortels, pour toujours à nos côtés, la mort de nos parents, même annoncée par la maladie ou la sénilité, surgit toujours à l'improviste, nous laisse cois. ”

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1. in: Comment j'ai vidé la maison de mes parents (Seuil 2004, Points 2013)

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[en marge d'une expo, 2/2] kupka, poe, stéphane héaume : l'idole noire

billet inspiré de la visite de la rétrospective Kupka au Grand Palais (21 mars - 31 juillet 2018),lien et de la lecture de L'Idole noire, 2011,lien "histoire courte" de Stéphane Héaume

L'Idole noire (1900) Aquatinte de Frantisek Kupka (1871-1957) Centre Pompidou, Paris — "Par une sombre route déserte, hantée de mauvais anges seuls, où une Idole, nommée Nuit, sur un trône noir règne debout, je ne suis arrivé en ces terres-ci que nouvellement d’une extrême et vague Thulé, — d’un étrange et fatidique climat qui gît, sublime, hors de l’Espace, hors du Temps." E.A.Poe, Terre de Songe, 1889František Kupka est encore dans sa première période symboliste et ésotérique quand il s’inspire du poème Terre de Songe d’Edgar Allan Poe (Dream-Land, traduction de Mallarmé)  pour ses variations picturales énigmatiques sur L’Idole Noire et La Voie du Silence.

J’avais lu L’Idole noire de Stéphane Héaume avant de repérer l’œuvre du peintre tchèque dans l’une des premières salles de l’exposition (on voit aussi sur un autre mur, une version "miroir" plus colorée, moins effrayante — tout est relatif —, illustrant une édition du poème de Poe).
J’ai voulu la photographier mais le résultat est piteux à cause des reflets... voici à gauche celle que l’écrivain reproduit sur son site.
C’est cette aquatinte aussi titrée L’Entêtement, qui a enflammé l’imaginaire de Stéphane Héaume pour son mystère-cauchemar de toute beauté.

Un huis-clos à quatre dans un palais italien surdimensionné : un jeune garçon et sa mère, gouvernante, le maître des lieux vieillissant, un intendant-secrétaire inquiétant et violent. Objet de convoitises, une Idole Noire, gravure originale inestimable que Kupka avait offerte au châtelain alors qu’il n’était encore qu’un jeune assistant décorateur d’opéra au talent prometteur. Devenu célèbre et richissime grâce au cinéma, il a construit la fabuleuse demeure de ses rêves et s’y est retiré, entraînant son maigre entourage dans un isolement mégalomaniaque. Mais alors que la mort rôde autour du vieil homme, un sort étrange s’acharne sur ses rares visiteurs, que l’on retrouve un après l’autre mort noyé dans l’étang qui borde l’étrange palazzio.

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[en marge d'une expo, 1/2] kupka et cendrars, légionnaires dans les tranchées en 14

billet inspiré de la visite de la rétrospective Kupka au Grand Palais (21 mars - 31 juillet 2018),lien et de la lecture de La main coupée de Blaise Cendras

(c) tilly, avril 2018 - cliquer sur l'image pour l'agrandirDans les expos j’affectionne les présentations de souvenirs et objets personnels de l’artiste.
Il n'y en avait pas beaucoup dans celle-ci.

Me voilà plantée devant une longue et haute vitrine presque vide et peu informative : deux portraits photographiques de František Kupka (1871-1957) en uniforme de la Légion tchèque pendant la Première Guerre, une lettre à sa femme écrite depuis le front, son képi, et — incongrue, pour moi — une édition de La main coupée (Denoël, 1946) de Blaise Cendrars (1887-1961) ouverte à la page titre illustrée par la photo de l’écrivain.

Totalement ignorante de ce qui avait rapproché un temps les deux artistes, j’ai cherché à comprendre après la visite le pourquoi de cette association muséographique.

Il suffisait de pouvoir tourner les pages du livre exposé... ce que j’ai fait un peu plus tard (l’édition folio est en vente à la boutique de l’expo).

Cendrars y fait un portrait  fort touchant de Kupka, dans une chronique de guerre intitulée « Madame Kupka ». En voici quelques extraits.

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[lu] sans picasso, par stéphan lévy-kuentz

Sans Picasso, Dora Maar à Ménerbes, texte de Stéphan Lévy-Kuentz, photographies de Jérôme de Staël, postface de Anne de Staël
aux éditions Manucius,lien novembre 2017, 88 pages, 15 euros

d'un cadeau l'autre
Pour mon anniversaire en juillet, un ami écrivain qui me veut du bien m’avait fait envoyer L’Indésiré de Stéphan Lévy-Kuentz.
Cette fois (en remerciement pour ma chronique qui n’en était pas vraiment une : ici), je reçois l’envoi de l’auteur lui-même pour ce nouvel ouvrage.
Beaucoup plus personnel et sensible qu’un service presse !
Infiniment touchée par le geste, j’aimerais savoir bien mieux rendre compte de la valeur de ce petit ouvrage poétique, élégant et profond.
Heureusement, d’autres, plus légitimes que moi en histoire de l’art, l’ont fait (voir en liens au bas de cet article).

en 4è de couverture : Présentés par Paul éluard au café des Deux Magots, Dora Maar et Pablo Picasso entament en 1936 une liaison passionnelle et destructrice qui durera environ sept ans. Muse et modèle du pape de l’art moderne, Dora Maar n’en reste pas moins l’une des grandes photographes du XXe siècle. Surréaliste et torturée, libre et singulière, son œuvre argentique prend toute sa dimension sous le signe de Man Ray, Brassaï et Cartier-Bresson. La maison de Dora Maar à Ménerbes est le cadeau de rupture que fait Picasso à Dora en 1943. Inconsolable d’amour, délaissant la photographie, elle s’y retirera pour peindre et écrire auprès de rares amis, dont Nicolas de Staël. Habitants historiques de Ménerbes, Anne et Jérôme de Staël ont fréquenté Dora Maar dès leur enfance. Après sa mort en juillet 1997, précédant la réhabilitation des lieux restés à l’abandon, Jérôme de Staël a pu rendre compte par l’objectif de ce quotidien pétrifié. L’évocation d’un temps révolu qui est moins une célébration nostalgique que l’archivage d’un patrimoine affectif inscrit dans la pierre. En postface, Anne de Staël livre un portrait inédit, intime et authentique, de Dora Maar. Arrière-saison d’une époque artistique insouciante balayée par l’accélération du monde, Sans Picasso revisite l’existence d’une femme hantée par « son » Minotaure durant plus d’un demi-siècle. Un texte insolite et poignant qui, au-delà de l’imaginaire, aborde les thèmes universels de la dépossession, de la solitude, du temps, de la finalité de l’art face au réel.petit livre, mais grand à l’intérieur
Petit par ses dimensions, d’apparence modeste derrière la belle qualité de l’édition, surtout riche et très « à part ».
À p’art ! Car c’est aussi un grand livre d’art.s (écriture, photographie, mémoire, réflexion sur la vie d’artiste).
À ce titre et à ce prix, il a sa place partout ! En premier lieu, j’imagine qu’il figure déjà sur les tables-librairies des musées et expos consacrées à Picasso (innombrables... d’ailleurs un « nouveau » musée est annoncé à Aix-en Provence).
Chez moi je ne le range pas avec mes quelques « beaux » livres qui font tapisserie au salon : il a sa place avec les autres, plus secrets, qui racontent une histoire, un destin, un homme, une femme (exactement à ce moment : à côté de Dernière valse à Venise de Stéphane Héaume).

Sans Picasso. Dora Maar. San Pablo
Abandonnée, rejetée, exilée, oublier Picasso était au-dessus des forces de Dora. Mystique, elle décida que pour elle, seul Dieu pouvait remplacer Pablo... et se retira dans la maison de Ménerbes concédée par le peintre à son ex en compensation de la rupture.
Un rivage à Naxos, une thébaïde en Lubéron.

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[maupassant, extrait] le romancier, le critique, et le lecteur

Écrit d’un seul trait durant l’été 1887, Pierre et Jean est le quatrième roman de Maupassant. C’est une œuvre naturaliste (ou réaliste-psychologique). L’œuvre, très courte, est éditée en volume le 9 janvier 1889 chez Ollendorff. Elle est composée du récit, mais également d’une célèbre préface intitulée « Le roman » dans laquelle Maupassant expose en quelques pages sa vision du roman naturaliste qu'il propose de définir comme une étude psychologique dont Pierre et Jean se fera l'écho. (source : Wikipedia)Une évidence : mon manque d'inspiration pour écrire ici pendant ce mois de Mai, malgré ou à cause de la reprise d'un rythme quotidien presque normal et à peu près dégagé d'obligations thérapeutiques...
Alors j'en profite pour recycler un extrait choisi pour sa grande modernité malgré son antériorité, sur un sujet que j'aime.
Je l'avais naïvement proposé sur un réseau social bien connu. Flop total. Zéro réaction. Au moins ici, je saurai le retrouver plus tard !

Guy de Maupassant (1850-1893) — Le Roman
publié en 1887 en introduction à Pierre et Jean, roman

“ Existe-t-il des règles pour faire un roman, en dehors desquelles une histoire écrite devrait porter un autre nom ?

 

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[blogologie, bis repetita] ami blogueur prend garde à tes illustrations, toujours et encore

 statistiques de fréquentation du blogue de tilly : 1800 pages vues dans le mois, avec un pic de fréquentation quotidienne à 175 pages vues le 27 janvier (audit de l'ADAGP !)L'an dernier, le 5 février 2015, j'avais lancé ici lien une note plaintive concernant le prix à payer pour illustrer mes petits articles en utilisant l'image d'une œuvre pas encore libre de droits (peinture, sculpture, photo, affiche d'exposition) lien .

Je réitère, mais cette année je n'ai pas été surprise en constatant  le 27 janvier, une augmentation considérable du nombre de pages vues sur mon blog. L'organisme qui collecte les droits d'auteurs d’œuvres graphiques était passé par là, je le savais. Deux jours plus tard, je recevais la facture (120 euros HT pour un an) !

Cette fois-ci j'ai décidé de faire un point sérieux quant aux illustrations en cause (au nombre de 14, toutes au format vignette) et de prendre si nécessaire la difficile décision de me débarrasser de ces coûteuses images.

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[expos] diego velazquez et marc-edouard nabe... au grand palais

“ les sujets [de Velázquez] nous scrutent du plus profond de leur état d'êtres humains portraiturés par un grand peintre ” — Marc-Edouard Nabe in: Inch'Allah, Journal intime 3, 1993

couverture du catalogue de l'exposition

Lorsqu'il écrit son premier "roman" Le Bonheur en 1988, Marc-Edouard Nabe y met beaucoup de son admiration-passion pour ses peintres préférés dont Velázquez fait évidemment partie. Mais c'est dans le Journal intime que j'ai choisi un extrait (voir dans la suite de cette note) : l'écrivain commente une exposition de peintres espagnols au Grand Palais, justement, mais en 1987.

Un peu plus tard et plus loin dans Kamikaze (volume 4 du Journal intime, pp. 2734-2738 , 2000) il y a longue analyse comparée passionnante des Ménines de Picasso et de Velázquez. En 2015, Les Ménines ne sont pas au Grand Palais, mais Nabe y est !

En sortant de l'expo aux Galeries Nationales, j'ai fait un tour sous la nef du Grand Palais où se tenait pendant trois jours le Salon du Livre Rare ; j'y allais surtout pour voir les portraits d'écrivains par Marc-Edouard Nabe, accrochage de la Librairie Eric Fosse (littérature et manuscrits XIXè et XXè siècles)...

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