[réédité, relu] renata n'importe quoi, roman de catherine guérard

[jaserie d'automne] hommages collatéraux

jaserie : note de blog de type fourre-tout où je raconte des trucs un peu personnels mais pas trop ; où je fais des petites recommandations timides pour des machins décalés si possible ; dans laquelle je vous invite à suivre des liens (ça c'est valable pour toutes mes notes, en fait)

Dans celle-ci il sera question de : betteraves, ossements, vitraux, crypte, armée de la Loire, Mac Mahon, commémoration, Ladon, parents (les miens), vivre à la campagne au Japon

Betteraves, route du LoiretHier 21 novembre 2021 en fin d'après-midi, sur le bord de la route de Pithiviers à Étampes, sous un ciel gris tabac, les énormes entassements de betteraves évoquaient pour moi un ossuaire... On ne s'est pas arrêtés pour faire la photo, mais ce matin j'en ai retrouvé une qui date de plusieurs années et qui rend bien l'impression ressentie.
— Mais pourquoi elle nous raconte ça ? pourquoi cette morbidité ? Ben parce que c'est de saison, et que c'est mon blog à moi.

Ladon, c'est le village du Loiret où mes parents ont vécu à partir de 1982, après Orsay, et où ils sont inhumés.

Mon père Charles Bayard (1920-2019) aurait sûrement aimé suivre la commémoration du 150ème anniversaire de la Bataille de Ladon (24 novembre 1870), décalée d'un an pour cause de covid. Avec Alain-mon-mari, nous l'avons fait pour lui. Je l'ai fait aussi pour Alain Letort et José, des voisins de mon père qui l'ont aidé au quotidien les dernières années, et qui l'aimaient "comme un grand-père". Grâce à eux il a pu rester chez lui jusqu'à la fin. Nous les avons retrouvés hier avec émotion, un peu rassurés quand même sur les graves épreuves de santé qu'Alain traverse avec courage.


Bien sûr Charles aurait gentiment râlé et pinaillé (à tort à mon avis, mais il était comme ça !) à propos de la reconstitution historique de l'inauguration le 24 novembre 1876, d'une chapelle entièrement dédiée à la Bataille de Ladon, dans l'église Saint-Hilaire.
Vitrail de C. Lorrain, 1894 : les combats derrière l'église de LadonDans la salle polyvalente (éclairée aux néons, sans sonorisation, où se tenait aussi une exposition de fac-similés, armes, objets d'époque), une troupe de comédiens amateurs en costumes figuraient les notables de l'époque, maire, préfet, curé, abbé, représentant militaire, ainsi que les villageois de Ladon nombreux à avoir secouru les blessés lors des combats de 1870 et qui sont représentés sur les vitraux "modernes" exceptionnels de Charles Lorrain installés dans l'église en 1894 ; ils représentent des scènes de combat dans les rues de Ladon, très réalistes (on dit que les actuels ladonnais reconnaissent encore leurs ancêtres sur ces verrières). Combats qui n'ont pas enrayé l'avance prussiennelien et qu'on qualifie toujours aujourd'hui de “retraite héroïque”, voire de “défaite glorieuse” !

Je reviens aux betteraves sur le bord de la route. Plus tôt dans l'après-midi nous avions visité la crypte creusée dans le sous-sol de la chapelle inaugurée en 1876. Elle n'a été ouverte aux visites que trois fois en 150 ans ! Elle contient dans 80 casiers ouverts, les ossements de 80 soldats français non identifiés dont les corps avaient été retrouvés par les habitants de Ladon dans les champs, vignes, et bois environnants. Très impressionnant. À la taille des crânes on mesure l'extrême jeunesse de certains hommes tombés sous les balles ou obus prussiens.
Les noms de combattants plus capés ou connus sont gravés sur les murs de la chapelle juste au-dessus. Parmi eux celui du capitaine Ogilvy, Irlandais, tombé à Ladon le 24 novembre 1870. La dame conférencière nous a expliqué que cet homme extrêmement courageux et désintéressé était un ami proche de Mac Mahon qui l'avait aidé à s'enrôler dans l'Armée de la Loire. Funeste amitié !

Les betteraves, c'était pour dire que je me suis demandé en passant devant, si il ne se trouvait pas parmi elles de temps à autre le crâne d'un belligérant de l'un ou l'autre camp ? Je n'ai jamais mis de sucre dans mon café.

 

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paraphrasant Didier Goux, écrivain et blogueur : “ il faudrait créer une association pour la sauvegarde des [blogs] que plus personne ne lit ; on l'appellerait Amnésie Internationale ”

lien : Vivre à la campagne au Japon... depuis 2012

Celui-ci est mon dernier (en date) chouchou, le blog d'un cinquantenaire né à Rochefort-sur-Mer, vivant au Japon depuis de nombreuses années (marié, un fils), mais pas à Tokyo, non : dans la campagne d'Osaka ; il travaille à distance pour une entreprise américaine, s'occupe de son jardin et de sa maison, bricole le bois, écrit des bandes dessinées ; le partage du quotidien de Wakame Tamago (son pseudo qui signifie algues à l’œuf (ou l'inverse) !) est un délice de dépaysement.

 


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