[lu, babelio] la prière des oiseaux, roman de chigozie obioma

[jaseries] paris est tout petit pour ceux qui... aiment le spectacle vivant

à propos des récitals Ici-bas à la Seine Musicale, et Affreuses, Divines, et Méchantes à l'Opéra Comique

En ce début d'année, je me suis gavée de sons, de voix et de lumières, en égoïste.
Mes choix me paraissaient un peu trop marginaux et excentriques pour entraîner d'innocents cobayes dans mes aventures. Ou alors un peu lâche, je préférais assumer seule la déception toujours possible !
Je sais bien l'inutilité de ce billet puisque les événements sont passés et que certains ne sont plus à l'affiche, mais je voulais garder une trace des émotions inattendues qu'ils m'ont laissées.

Porte 8, Opéra Comique, cabaret, photo d'Emeline Bayart (facebook)J'avais commencé par Emeline Bayart à l'Opéra Comique.
Mais pas salle Favart. Il y a une jolie programmation annexe intitulée Porte 8, dans une salle transformée pour l'occasion en caf'conc de luxe : petites tables juponnées de rouge, bougie (led, pour la sécurité...), et une bouteille de bon champagne !
Accompagnée au piano par Manuel Peskine, la comédienne et chanteuse compose un récital coquin et vachard : des textes sans âge, d'une écriture riche et virtuose bourrée de doubles sens vertigineux, des mélodies lyriquement acrobatiques comme on en connaissait au tournant du XXè siècle, avec Polaire et Yvette Guilbert, et que plus tard, Patachou, Colette Renard, Jacqueline Mailhan et d'autres, ont perpétué, mais qu'on a peu à peu complètement perdus.
L'interprétation d'Emeline Bayard est incroyable, comme comédienne et comme chanteuse...
Je savais qui elle était (ce n'était visiblement pas le cas pour beaucoup de spectateurs énormément surpris et ravis) ; je l'avais vue au théâtre dans Fric-Frac et deux comédies de Tchékov. Elle a aussi incarné le rôle titre au cinéma dans Bécassine ! de Bruno Podalysdès. Je ne la connaissais pas en diva. C'est un phénomène... Il faut la voir, lascive, ranimer un Boieldieu de marbre par un baiser voluptueux...
Il y a des dates en mars, ne la manquez pas ! Si j'avais pu (mais non hélas), j'y serai retournée pour partager ce moment délicieux... et la bouteille de champagne avec vous !

Quelques jours plus, tard... à l'auditorium de La Seine Musicale.
Une vingtaine de mélodies de Gabriel Fauré, poèmes de Verlaine, Théophile Gautier, Sully Prudhomme etc., interprétées par Rosemary Standley (ex Moriary), Camille, Hugh Coltman, Albin de la Simone, Jeanne Added, et d'autres voix pop-rock-jazz !
Dès que j'avais vu l'affiche alléchante de ce concert unique, ça m'avait titillée ; un peu moins quand j'ai imaginé le trajet pour m'y rendre et en revenir, et au vu du prix de la place. Mais à force de cliquer sans conclure, hésiter, j'ai obtenu ce que je n'attendais pas : une offre à prix cassé !!!
Parfois (rarement) la surveillance l'espionnage de nos historiques de recherche et cookies a du bon.
Et alors ?
Quelle claque caresse ! Je ne vais pas pouvoir détailler les interprétations émouvantes, incarnées, de chacun de ces chanteurs dont ce n'est pas le répertoire habituel mais qui paraissaient tous si heureux de poser leur voix sur une musique céleste, des mots si beaux.
Je ne sais encore pas si il y aura une restitution audio ou video, ou de nouvelles dates, de nouveaux lieux, je vais surveiller...
On trouve la video du final du spectacle Ici-bas (Seul(e)s, poème de Théophile Gautier) donné en Avignon, 20018 :

 


Après ça, je me suis trouvée propulsée hors de ce cocon poétique, un peu sonnée...
J'avais commencé par coincer le zip de mon anorak. Dur retour à la réalité : je me voyais pas marcher jusqu'au Pont de Sèvres toute débraillée ! Il faisait très froid.
La soirée avait décidément quelque chose de spécial : me voyant m'acharner sans résultat sur mon blouson, un charmant préposé de vestiaire m'a délivrée en souriant.
Dehors :

photo piquée via Google images, auteur inconnu — Passerelle vers le Pont de SèvresJ'étais venue par Issy-les-Moulineaux, Meudon, Sèvres, le tramway. Très bien, mais je ne me sentais pas le courage de remonter la pente raide vers la station Brimborion (sic).
J'appréhendais un peu le retour par Boulogne, trajet que je ne connaissais pas.
En sortant de la grosse boule insulaire (très moche le jour, mais très belle la nuit), j'ai suivi d'autres piétons pour rejoindre le métro.
Très facile et magique en suivant tout du long (dix bonnes minutes) un cheminement éclairé au sol, comme par des lucioles (pont sur la Seine, rampe et passerelle entre les immeubles futuristes à demi éclairés qui ont poussé à la place des friches Renault), vraiment irréel et... poétique. 

 

Je viens d'apprendre que je fais partie de la distribution de 16 choristes des Voisins du Dessus pour le spectacle "Ah Félix ! (c'est pas le bon titre)" aux Trois Baudets le 18 février.
Il y en a qui ont déjà fait ce spectacle plusieurs fois, moi ce sera la première et ça me fait très plaisir !
C'est Sonia Bester qui produit et met en scène, jeune femme douée et très occupée puisqu'elle était aussi co-conceptrice et metteuse en scène d'Ici-bas à la Seine Musicale.
Paris est tout petit pour ceux qui aiment le spectacle vivant !

 

Commentaires