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2 notes en mai 2017

[lu, babelio] mrs hemingway, roman de naomi wood

Quai Voltaire (La Table Ronde),lien mai 2017, 288 pages, 21 euros

4ème de couverture — C’est un fait : Hemingway était un homme à femmes. Seulement l’auteur du Vieil homme et la mer ne se contentait pas d'enchaîner les histoires d’amour. Il a voulu épouser ses maîtresses. L’une après l’autre, à l’issue d’un scénario qui ne variait que de quelques lignes, il en a fait des Mrs. Hemingway : la passion initiale, les fêtes, l’orgueil de hisser son couple sur le devant d’une scène – la Côte d’Azur, le Paris bohème, la Floride assoiffée, Cuba, l’Espagne bombardée… – puis l’alcool, les démons, les noires pensées dont chacune de ses femmes espérait le sauver.  Naomi Wood se penche sur la figure d’un colosse aux pieds d’argile, et redonne la voix à celles qui ont sacrifié un peu d’elles-mêmes pour en ériger le mythe. — Naomi Wood est née en 1983. Diplômée de l'Université d'East Anglia, elle vit aujourd'hui à Londres. Ses recherches pour Mrs Hemingway l'ont menée de la British Library à la Library of Congress, aux différentes résidences et aux repaires d'Ernest Hemingway à Chicago, Paris, Antibes, Key West et Cuba.J'ai eu la chance de recevoir ce très bon livre à l'occasion d'une rencontre organisée par Babelio avec Naomi Wood, au mois d'avril.
Anglaise, jeune, charmante, simple, et surtout très "clever".
Je ne pense pas qu'elle goûterait ma semi-plaisanterie, mais incontestablement, c'est à elle que devrait revenir le titre de Mrs Hemingway, haut la main.

Quatre épouses dans la vie d'Hemingway (1899-1961), quatre parties dans le roman.
Chacune raconte la dissolution d'un mariage et commence par la fin de la vie commune : tromperie, divorce et remariage express.
Le schéma se répète dans des décors et des contextes très bien rendus : Montparnasse au temps de la bohème artistique, la French Riviera, la Floride, Madrid sous les bombes, le Ritz à la Libération de Paris, Cuba, l'Idaho.

Le roman commence à Antibes durant l'été 1926. Hadley est l'épouse d'Hemingway depuis cinq ans.
Ils sont jeunes, entourés d'amis américains venus faire la fête sur la Côte d'Azur. Il y a là, les Murphy, les Fitzgerald, et Fife, l'irrésistible "flapper", qui enlève Ernest à sa meilleure amie. Elle devient très vite la deuxième Mrs Hemingway, mais ne sera pas la dernière.
Ensuite viendra Martha, et pour finir Mary.
Des femmes passionnées, attirées, aimées, puis quittées par le plus grand écrivain de sa génération.

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[lu] le point de schelling, roman de david rochefort

Gallimard, Collection Blanche, mars 2017,lien 224 pages, 18 euros 55

4ème de couverture — Avec Le point de Schelling, David Rochefort poursuit son étude d’une génération contemporaine désorientée.  Son personnage, Nissim, oscille entre inertie et agitation, espoir et désespoir. Écrivain par hasard, menteur par jeu, voyageur par lâcheté, son drame est d’être incapable de choisir. Tout à la fois auteur d’une œuvre qui finit par le dévorer et antihéros de sa propre vie, Nissim cherche par tous les moyens à combler un vide. Avec Alba, il croit avoir trouvé une partenaire de rêverie. Mais celle-ci se révèle insaisissable, fuyante, échappant constamment au rôle qu’il entend lui faire jouer.  Que ce soit en Espagne, où il cohabite avec un étrange sosie de Dalí qui rêve de Ceausescu, ou à Paris, partout Nissim cherche à diriger sa vie comme on mettrait en scène une pièce de théâtre. Sans se faire d’illusions, il écrit pour essayer de sauver son couple, s’enfonce dans le mensonge. Il en est réduit à craindre des ombres, à se confronter aux spectres de son passé. Mais quand on n’arrive plus à croire en rien, l’imagination ne constitue-t-elle pas un dernier refuge ?À vingt ans, Nissim a écrit un roman, avec ses tripes, d'un seul jet.
Mais lorsqu'ils lisent le manuscrit, ses parents n'apprécient pas du tout, se fâchent, et coupent les vivres à leur fils unique.
Pourtant il a bonne conscience car il est persuadé n'avoir rien mis d'autobiographique dedans.
D'ailleurs lorsqu'il se présente, il invente pour chaque nouvel interlocuteur une histoire familiale différente, des origines étonnantes, une enfance bouleversante.
Il vit de petits boulots, est finalement publié, mais son livre ne lui rapporte rien.

Tirant le diable par la queue, il traîne, il dérive, attendant la bonne occasion de refaire sa vie, loin de Paris.
À l'hôtel borgne près de la Gare du Nord où il est veilleur de nuit, il tombe amoureux d'Alba, réceptionniste le jour. Sac au dos, il partent ensemble pour la Costa Brava, le soleil, le farniente, l'aventure rêvée.

Ça c'est le synopsis à très gros traits de la première partie du roman,  intitulée “ Vie de Nissim ”. Avec les titres des deux suivantes, “ Le livre de Nissim ” et “ Le livre de l'exil ”, on s'attendrait presque à lire l'histoire d'un prophète ou d'un saint ! Preuve si l'en fallait de la malice de l'auteur, de son humour à froid. Car Nissim est un drôle de type pas très sympathique qu'on a du mal à plaindre (à sa décharge, il ne cherche jamais à se faire plaindre).

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