[météo] il fait toujours beau quelque part (guy béart, 1967)
[ego] moi, lectrice en gros et en détail

[lu] naufrages, roman de philippe zaouati

aux éditions des Rosiers, 119 pages, avril 2014, 20 euros

quatrième de couverture : «J’ai avancé à petits pas sur le chemin étroit et caillouteux, j’ai observé encore une fois les troncs des oliviers qui semblaient encore plus noués que lorsque j’étais venue ici la première fois, il y a quelques jours à peine. Je me suis assise par terre à côté de la tombe de Josef. et j’ai pleuré.» De Paris au kibboutz Sasa, dans le nord d’israël, en passant par Sofia, Prague, Haïfa, Istanbul, la narratrice redécouvre les chemins de son destin. un destin fait de miracles, de sauvetage, de déchirements et de renaissance. mais en a-t-elle vraiment compris tous les ressorts? Quelle est donc la clé qui lui manque?1961, dans un kibboutz en Galilée - Rachel, née à Sofia en 1926, est venue de Paris se recueillir sur la tombe de Josef, son amour d'adolescence, jamais revu depuis la guerre. Au gré de ses rencontres et conversations avec ceux qui ont connu et aimé Josef, Rachel rassemble des fragments de vie et de guerre. Elle comble peu à peu le pointillé d'une histoire qui la concerne plus qu'elle ne voudrait.

Un livre dense, tant pour le fond que pour la forme (typo un peu petite et serrée, dommage). Philippe Zaouati réussit à intriguer et à passionner avec un contexte historique tragique et mal connu (de moi) : le destin des juifs bulgares dans un pays sous la coupe nazie, les expulsions, déportations, et tentatives d'émigration en Palestine. L'écrivain mêle intimement faits politiques et fiction, naufrages réels (le Salvador, le Struma) et psychologiques, personnes ayant existé (Simon Brod, David Stoliar) et caractères inventés.

Dans la dédicace à sa femme Nathalie, l'auteur lui offre "un fragment de son histoire". Rachel, la narratrice, est-elle la grand-mère de Nathalie ? Peut-être pas, mais c'est ce que je me suis imaginé pour m'aider à donner chair à ce personnage féminin central un peu froid, ne se posant pas trop de questions. Par contraste, le caractère complexe de Josef est mieux incarné, plus touchant, très réussi. Philippe Zaouati nous fait languir en "retenant" Rachel d'ouvrir la correspondance de Josef dont elle est l'héritière jusqu'à la toute fin du roman. Le procédé est sans doute un peu artificiel, mais efficace !

Le 14 avril sur Twitter, Philippe Zaouati, CEO d'une société d'investissement, annonçait son deuxième roman "bien loin de la finance" en demandant l'indulgence des lecteurs pour n'être pas un "vrai écrivain". Si un vrai lecteur est quelqu'un qui lit, un vrai écrivain est quelqu'un qui écrit, non ? Je souhaite beaucoup de vrais lecteurs à Philippe Zaouati, qui les mérite bien !

 

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