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2 notes en juin 2013

[lu] chroniques syriennes

Cadre rouge  304 pages - 19.00 € TTC -- "Quelques années avant que la guerre n’éclate, Stéphane Chaumet s’installe en Syrie, dans la ville de Lattaquié.  Ni touriste, ni journaliste, il ouvre les yeux, les oreilles, les narines, les mains, se fait éponge. Les rencontres commencent…    Nisrine, pas voilée, se glace dans l’espoir toujours déçu d’un mariage. Bana, sa cousine de vingt ans, voilée, joue avec le feu plutôt que de se consumer à attendre un mari. Hiba, véritable descendante du Prophète s’est fait tatouer sur le sein le prénom de son amant. Kinda, la cendrillon de 22h30, lutte pour préserver sa liberté. Sarab, brillante étudiante en médecine dont le père, général de l’armée, est surveillé par les services secrets. On croise aussi Victor, peintre français, que son homosexualité précipite dans des aventures périlleuses. Une bibliothécaire chrétienne envoie des SMS à Dieu, un mystique musulman fume du hash roulé dans les pages du Coran…    Autant de romans vrais où le désir, le sort des femmes, les liens de famille, la religion, la surveillance, l’hypocrisie sont vécus par des personnages saisis dans leur intimité. C’est un autre monde que le regard chaleureux de Stéphane Chaumet rend tout proche.    Stéphane Chaumet est né en 1971. Il a publié de la poésie avant Même pour ne pas vaincre, son premier roman, paru en 2011au Seuil."C'est la première fois que cela m'arrive : lire un livre en pensant à un autre... 127 pages, 15 euros -- "Les dames ont été malheureuses en 2011 : Alain Bonnand, qui habitait Damas, qui vivait là, en direct, les débuts de la révolte syrienne, a réservé tout son courrier à son ami le philosophe nihiliste Roland Jaccard. 47 lettres, comme autant de chapitres. On y croise : - Une famille de Français installé bourgeoisement quartier Malki - Un dictateur idiot - Un écrivain rentier, bibliophile, footballeur et cuisinier - Un marchand chrétien, cinq coiffeurs - Un ambassadeur de France réclamant la danse - Un poète en prison au cimetière - Des jardiniers - Un bibliothécaire, sa femme - Des petites poules sur le bec -- Une valse de mots et d'idées qui vaut testament."

Deux écrivains, qui n'ont rien de touristes, ont vécu plusieurs années dans la Syrie d'avant la guerre civile. Leurs récits sont parus à quelques mois de distance (je les ai lu dans cet ordre) :

octobre 2012, Le testament syrien, par Alain Bonnand, chez Ecriture lien
[voir ma note de lecture du 10 novembre 2012] lien

mai 2013, Au bonheur des voiles, par Stéphane Chaumet, au Seuil lien

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[babelio, masse critique] repulse bay, roman d'olivier lebé

éditions La Grande Ourse,lien mars 2013, 176 pages, 16 euros
lu pour l'opération Masse Critique de Babelio lien (on choisit un livre dans une liste de nouveautés, on reçoit le livre, on donne son avis sur le livre)

en 4ème de couv : "En partant à Hong Kong pour une mission professionnelle, le narrateur saisit l’occasion de fuir une vie qu'il a prise en horreur. Il s'installe dans une petite station balnéaire huppée de la côte sud de l’île de Hong Kong, où il a pour voisine une star de cinéma chinoise, Beverly C. Leur relation déclenche en lui un ébranlement intérieur dont les dérèglements climatiques deviennent la métaphore. Comme un insecte se cogne sur une vitre, il tente vainement de briser les images qui le fascinent et l'emprisonnent : la beauté de Beverly, les reflets de sa vie publique, les lumières de la Skyline, les miroirs du pouvoir et de la rivalité. Il reste un spectateur pour qui tout fait signe et pourtant rien ne fait sens. L’atmosphère magnétique de la ville et son énergie équivoque le forcent à plonger en lui-même et à découvrir une liberté nouvelle."Un très beau titre.
 Etrange et fascinant premier roman d'Olivier Lebé.

Attraction et répulsion, entre un homme (le narrateur, français expatrié) et une femme (une sublime actrice chinoise) ; entre une ville (Hong-Kong) et cet homme jeune qui rejette son passé et ne s’autorise que de parcimonieux flashbacks sur sa vie occidentale.

Qui, pour baptiser d'un nom aussi négatif une station balnéaire huppée, sauf à vouloir y mettre de la pensée magique positive pour repousser au large de la baie ainsi nommée, les requins, les typhons, les indésirables ?

Le narrateur est-il visé par cet envoûtement, ou secrète-t-il lui-même le poison qui fait naître l’obsession du rejet ?

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