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8 notes en novembre 2012

[niguedouille] recherche suzanne, désespérément

" la synchronicité est l'occurrence simultanée d'au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l'association prend un sens pour la personne qui les perçoit "

Saint-Lambert et Mont-de-Jeux 08130 (Ardennes)Soit l' événement 1 qui m'amène à venir me balader entre Aisne et Meuselien avec Vouziers, sous-préfecture des Ardennes, comme pôle d'attraction !

L' événement 2 est plutôt une observation : en consultant une carte routière — par chance je ne suis pas encore convertie au GPS — je m'aperçois que je suis tout près du village de Mont-de-Jeux, où les parents de Suzanne Briet (1894-1989) s'étaient installés pour leur retraite, dans une maison qu'elle-même a occupée après son départ de la Bibliothèque Nationale en 1955, avant de revenir en région parisienne à la fin de sa vie.

L'association des deux événements a pris pour moi ces jours-ci le sens d'une évidence : je dois sortir pour ma recherchelien de la routine BnF lien où je procrastine agréablement depuis des mois, pour aller à la rencontre de témoins qui pourraient me parler de Suzanne parce qu'ils l'ont croisée, connue, fréquentée, dans les lieux qu'elle a aimé.

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[balade] photo pour les nuls avec mao...

ce matin, au parc montsouris

j'ai suivi MaO de Paris,lien amie blogueuse et photographe, pour l'une de ses Photo Balades lien régulièrement proposées sur le site de La Photo Pour Les Nuls lien

cliquer sur le montage pour agrandir — de gauche à droite et de haut en bas : 1/ feuillage mouillé, utilisation de la fonction macro — 2/ ronds dans l'eau sur l'étang — 3/ enfance, le nain porte quoi ?  — 4/ feuilles jaunes assises sur le banc vert et perspective
Photo Balade au Parc Montsouris — thèmes imposés : feuilles (objet), rond (forme), enfance (sujet), macro (technique) — apn : Canon PowerShot S90

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[lu] le testament syrien (valse avec roland), correspondance d'alain bonnand

éditions Ecriture, octobre 2012, 127 pages, 15 euros

... du bon, du bon, du Bonnand !... très riche, très émouvant, très drôle souvent, très intelligent, très littéraire, très humain, très rare : on se demande bien pourquoi un tel livre a été oublié dans les sélections des prix littéraires 2012 !

quatrième de couverture — Les dames ont été malheureuses en 2011 : Alain Bonnand, qui habitait Damas, qui vivait là en direct, les débuts de la révolte syrienne, a réservé tout son courrier à son ami le philosophe nihiliste Roland Jaccard. Quarante-sept lettres, comme autant de chapitres : L'enfumeuse. Le soleil renonce à l'actualité. Prnons Marie, qui n'est pas une femme de chambre. Combien de Maud en Syrie ? Valse pour un rachat. L'ambassade file au but. Petites poules à la guerre. Ente foutdouli la koul ishi, habibi ? Barouf à Malki. Nizar est connu au cimetière... — Quand il ne vit pas au Proche-Orient, Alain Bonnand habite Reims. Il est l'auteur, notamment, de Les Jambes d'Emilienne ne mènent à rien (Le Dilettante), Feu mon histoire d'amour (Grasset), Il faut jouir Edith (La Musardine).Passez votre souris ou tout autre dispositif de pointage pour ordinateur sur l'image de la couverture à gauche, vous pourrez lire ce que l'éditeur dit de l'auteur et de son livre en quatrième de couverture.
C'est bien, mais il n'est pas dit là : pourquoi, sur la couverture, ce beau coq égorgé mis en scène par Triny Prada, artiste colombienne ?

— à cause du titre de l’œuvre reproduite, Matière à penser, et parce qu' Alain Bonnand aime et sait merveilleusement donner à penser sans en avoir l'air ?
— à cause des poules ? référence subliminale pour compléter un titre qui manque exceptionnellement d'un prénom féminin ?
— pour prévenir le lecteur qu'il faudra qu'il creuse, gratte et fouille comme un gallinacé dans les pensées que l'écrivain transpose en images littéraires ?
— à cause du poème intitulé Le Coq, du poète syrien Nazir Qabbani (1923-1998) ?

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[rentrée littéraire] les patriarches, roman d'anne berest

éditions Grasset, août 2012, 320 pages, 14 euros Chroniques de la rentrée littéraire

lu pour les Chroniques de la rentrée littéraire 

en quatrième de couverture : « J'ai rencontré ton père en 1986, au Pimm's ou au Sept, je ne sais plus ? un des clubs de la rue Sainte-Anne. C'était juste après son année de "voyage". C'est comme cela qu'il l'appelait. Même s'il n'a pas voyagé durant cette année-là. Ça, j'en suis sûr. Mais je n'ai aucune idée d'où il pouvait bien être, et je dois te dire que je n'ai jamais voulu savoir. Ton père était un très jeune homme, farouche, qu'il ne fallait pas blesser. La seule chose que je peux te dire, c'est qu'il me parlait toujours d'un certain Gérard Rambert, qu'il avait connu pendant son "voyage", et qui le fascinait. Je me souviens qu'il travaillait dans l'art. Je l'ai croisé une fois, un type excessif. C'est tout. » A.B.

Beaucoup moins limpide et accrocheur (ce ne sont pas forcément des qualités romanesques) que le premier très bon roman d’Anne Berest (La Fille de son père), celui-ci doit son charme puissant, étrange,  à la fascination créée par une construction bizarre, presque bancale.
Y-a-t-il deux ou trois parties ?
 — trois, égales, si on compte les divisions du roman titrées respectivement : Patrice Maisse, Gérard Rambert et Lucien Engelmajer
— deux, inégales, si on distingue le pendant-Denise (exposition) et l’après-Denise (résolution).
Il y a aussi :
— la saga triste et cruelle d’une famille hors normes,
— un témoignage sur le milieu artistique et culturel dans les années 80,
— la représentation précise et documentée de la vie des patriarches : les membres et les amis de l'association Le Patriarche (structure destinée à soigner des toxicomanes, très en vue jusqu’en 1995 dans les milieux du spectacle en particulier, puis dénoncée comme sectaire et démantelée).

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[nabe, extrait] hommage littéraire au peintre gen paul (1895-1975), expressionniste français

affiche de l'exposition Gen Paul à la Galerie Roussard, novembre 2012 - cliquer sur l'image pour agrandirAprès avoir vu l'exposition Soutine à l'Orangerie,lien puis carroté (au sens non argotique) dans le Journal intime de Marc-Edouard Nabe, j'ai forcément eu envie de voir l'exposition Gen Paul lien qui se tient au même moment à la Galerie Roussard.

Ce qui fait exceptionnellement 3 articles de blog pour une semaine d'exception !

En 1986, un an après Au Régal des vermines,lien Marc-Edouard Nabe (28 ans) livrait Zigzags (aujourd'hui épuisé) :
“ volume entièrement voué à l'enthousiasme ravageur [qui] prouve que loin des pédants, des aigris et des incapables, l'art reste vivant à mort. ”

 Dans ce recueil d'essais, de nouvelles, d'articles de revues imaginaires, de poèmes en prose (les termes sont de l'auteur), dont j'ai déjà donné des extraits ici, il y a le portrait shakespearien d'Eugène Paul, dit Gen Paul, dit encore, Gégène :

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[balade] en haut d'la rue saint-vincent...

  Balade_ruesaintvincent

mise à jour le 1er février 2016 : à l'origine l'illustration ci-dessus était un triptyque (montage) représentant de gauche à droite : 1/ Le Moulin de la Galette, toile de Gen Paul (Eugène Paul dit), Le Moulin de la Galette - 2/ pensée de chat noir : ah c'est malin ! - 3/ vue sur le Lapin Agile ; pour ne plus payer de droits de représentation sur le tableau de Gen Paul, j'ai retiré et pas remplacé l'image, ne laissant que les deux photos prises par moi en redécoupant l'illustration d'origine ; voir mon article du 1er février lien pour les explications

A part sa vue sur l'arrière de la Butte, son jardin, et son chat à l’œil mauvais, le musée de Montmartre ne me laissera pas un souvenir impérissable (entrée trop chère à 8 euros) ; par contre l'entrée est libre à la Galerie Roussard pour une expo formidable de tableaux (environ 100) du peintre Gen Paul, jusqu'au 25 novembre.lien


[nabe, extraits] soutine à l'orangerie, nabe à chartres, jean-édern hallier en zombie soutinien

Chaïm Soutine (1893-1943), l'ordre du chaos — Cette rétrospective est organisée à partir de vingt-deux tableaux de Soutine conservés par le musée de l'Orangerie. Ceux-ci avaient été réunis par le marchand Paul Guillaume qui, découvrant en 1922 ces "portraits où la mesure et la démence luttent et s’équilibrent", fit connaître un artiste à la puissance expressionniste et à la palette ardente uniques dans le Paris de l'entre-deux-guerres. Au-delà de la légende du peintre tourmenté, qui finit par occulter un oeuvre exacerbé, hors normes, l'influence que Soutine eut sur les artistes de la fin du XXe siècle nécessite un nouveau regard sur un peintre totalement original, difficile à appréhender, encore incompris en France. L'exposition réunira les oeuvres de Soutine passées entre les mains de Paul Guillaume et des oeuvres d'autres artistes. Elle se déroulera à la fois chronologiquement et thématiquement, en référence à la pratique par Soutine des séries.
Chaïm Soutine, Le Garçon d'étage, 1927 — (c) Adagp, Paris 2013

Je l'avais déjà fait pour Odilon Redon lien...
En revenant de l'expo Chaïm Soutine, l'ordre du chaos, à l'Orangerie lien  j'ai replongé dans le Journal intime de Marc-Edouard Nabe. lien

Pioches miraculeuses dans les index, la pêche aux citations est facile et presque trop fructueuse, puisque Soutine est l'un des peintres préférés, follement admiré, de l'écrivainpeintre. Depuis l'adolescence Nabe a profité de toutes les occasions de voir et revoir les toiles du prodigieux russe mal léché, et d'écrire chaque fois son enthousiasme pour celui qui a fait dit-il “ la peinture la plus humaine et la moins humaniste du [XXè] siècle ”.

Arrivé à Paris en 1970, Nabe n'avait que 12 ans et ne tenait pas encore son Journal. Pourtant dans l'introduction du premier volume – Nabe's Dream (juin 1983 - février 1985)  – quand il survole son enfance, il se souvient de la première rétrospective Soutine de 1973, et note  :

“ Entre les groupes de bœufs écorchés par Soutine, dont la rétrospective à l'Orangerie me crucifia un dimanche parmi tant d'autres, et quelques Klee qui m'ouvrirent en grand la cage thoracique, je découvre deux subversions complémentaires : Charlie Hebdo et le free jazz. ”

Plus tard il revoit avec Hélène la vingtaine de toiles de Soutine installées à l'Orangerie. Il relate cette visite dans le journal à la date du jeudi 29 novembre 1984 :

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