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10 notes en janvier 2012

[jazz] toujours tendre vers le nabe !

peut-être au Petit Journal St Michel, fin des années 70 ?... à gauche de profil : Sam Woodyard, François Rilhac (blond) au piano, Alain Zannini (brun) à la guitare rythmique - cliquer sur l'image pour mieux voirPour ce billet je n'avais au début qu'un titre très banal, genre : [jazz] le stride, fats, françois et louis...
Il s'agissait d'abord de rendre compte de l'après-midi (hier samedi) du Hot Club de France pendant laquelle Louis Mazetier a fait Chez Papa (ex Bistingo de la rue Saint-Benoît) une formidable conférence-concert sur le pianisme (sic) stride et ses héros fondateurs : James P. Jonhson et Thomas Fats Waller. Une fois encore c'est Rolande Gourley qui m'avait judicieusement signalé l'événement.
Un jour au Petit Journal, Rolande m'avait confié que le jeu de Louis Mazetier lui rappelait celui d'un tout jeune homme que son mari Jimmy Gourley lui avait fait remarquer pour son immense talent et sa précocité, mais qu'elle n'avait connu que très peu de temps avant sa disparition en 92 à l'âge de 32 ans.  Un jeune homme qui avait souvent joué avec Marcel Zanini. C'est pour ça qu'avant même d'écrire le billet je savais que j'allais me laisser dériver... vers le portrait de François Rilhac écrit par Marc-Edouard Nabe dans Alain Zannini.

Du coup je voyais plus très bien comment organiser le tout. Alors courageuse mais pas téméraire, je me suis épanchée à propos de mon bug d'inspiration sur twitter. Un dimanche après-midi, je risquais pas grand-chose. Pourtant, aussi sec, j'ai reçu l'injonction malicieuse et à double sens : " Toujours tendre vers le Nabe ! ", venue d'un jeune musicien que je ne connais pas du tout... David Vesper.
Aussitôt dit...

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[citation] je crois que c’est cela que nous dit tilly

Alain D. à 31 ans, portrait de Jean-Marie Périer repris récemment pour une campagne de pub Dior Parler de soi (en bien) sans être ridicule est un talent bien peu partagé.
Citer celui qui parle de vous (toujours en bien) n'est pas plus facile.
Je me lance après de longues hésitations : merci Alain B. pour vos mots qui me touchentlien (particulièrement ceux que je reprends ci-après) !
“ Les Alain ont de la chance, y a pas à dire autrement, parce que, quand elle se penche sur eux, c'est que du bonheur pour un long temps.

Ce qui me semble essentiel dans ses mots, ses paroles, ses phrases des blogalams (et ses billets), c’est ce qu’elle donne à comprendre, à savoir que la vie, c’est d’être aimé sans être jugé. Sans juger. Elle semble nous dire, qu’il faut être aimé, et aimer au delà des performances. Je crois que c’est cela qu'elle nous dit, et que c’est ça l’essentiel. C’est assez rare, tout de même. ”


[niguedouille] au bunraku

affiche d'un film...Il y a quelques semaines, on voyait dans Paris une affiche particulièrement hideuse annonçant ce qui semblait être un film western-samouraï américain.

Plusieurs fois j'ai eu envie d'arrêter les gens qui passaient comme moi à côté pour leur dire :

— mais c'est pas ça du tout bunraku, moi je sais ce que c'est bunraku !

Enfin, façon de parler !

En effet...

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[débat] quel travail voulez-vous ?

aux éditions Les Arènes, 250 pages, janvier 2012, 18 euros 50 — En avril 2011, Radio France a lancé une enquête sans équivalent sur le thème du travail. Le but ? Inviter les auditeurs à raconter ce qu’ils vivent, ce qu’ils ressentent et ce qu’ils attendent du travail sous deux formes : une question ouverte « Que veut dire pour vous travailler aujourd’hui ? » et un questionnaire. L’intérêt des auditeurs pour cette enquête fut immédiat, témoignant de l’enjeu du sujet. Six mille d’entre eux ont répondu au 88 items du questionnaire et une bonne part ont accepté de livrer leur témoignage, révélant les représentations, les rêves, les craintes et les réflexions que suscite le travail. Comme pour la série des Paroles de, les arènes se sont associées à Radio France pour mettre en valeur et diffuser ce matériau. Une sociologue, un psychologue et un philosophe analysent les résultats de ce questionnaire dans un livre qui fait alterner la réflexion et les témoignages. Les dessins d’un humoriste émaillent ce tableau inédit de la France au travail.En m’inscrivant à la journée-événementsic organiséefort bien par Radio France au théâtre du Rond-point, je ne m’attendais pas, mais pas du tout, à y voir et à y entendre  deux candidats déclarés à l’élection présidentielle : François Hollande... et Marine Le Pen !

Et Cécile Duflot, François Chérèque, Pierre Laurent, pour ne citer que les plus médiatiques de ceux qui se sont succédé tout l’après-midile soir aussi, mais je n’y étais plus devant une salle comble, attentive et passionnée.

J’ai vraiment apprécié ce grand mezze bien balancé entre les tables rondes d’experts (sociologues, psychiatres, syndicalistes, etc.), les interventions des politiques venus plancher sur le sujet, et les lectures de témoignages d’auditeurs ayant participé à l’enquête. Ils étaient très bien Ariane Ascaride et Philippe Torreton, mais ça aurait eu de la gueule d’inverser les rôles et de faire lire des bouts de vie de travailleurs par Hollande, Duflot et Le Pen !

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[radio] pierre richard à la coupole

photo de Roger Viollet (c), décembre 1970 Hier soir sur inter, j'écoutais Pierre Richard raconter ses débuts de comédien et de réalisateur dans le Grand Entretien de François Busnel.
Au début le ronron radiophonique habituel à cette heure là, jusqu'à ce que je tende l'oreille quand il a parlé de La Coupole (le restaurant, pas l'Institut) et des personnages qu'il retrouvait là-bas au début de sa carrière. Pas les jeunes comédiens de sa génération comme on aurait pu s'y attendre. Non, ses copains d'alors c'étaient des intellos, a-t-il dit en les nommant : Jacques Sternberg, André Ruellan, Roland Topor. Surprenant. Ce sera d'ailleurs André Ruellan (médecin, auteur de SF, scénariste de Jean-Pierre Mocky) qui incitera le comédien à lire le portrait de Ménalque de La Bruyère. Tous les deux s'associeront pour écrire le scénario du Distrait, premier film réalisé par le comédien, et sorti en 1970.
Il faudra que je demande à Dorothée Blanck qui d'autre était dans les parages à l'époque pour compléter le casting...
Il y avait un autre rendez-vous un peu plus bas vers St Sulpice, où se rendaient Sternberg, Topor et Ruellan, et que connaît bien Dorothée. C'est celui des spécialistes de la SF, écrivains, collectionneurs, experts, universitaires, journalistes... qui se réunissent chaque lundi depuis les années cinquante... et encore aujourd'hui !
André Ruellan, nonagénaire fragile mais toujours actif, reste la figure tutélaire de ce club savant et bon vivant.

>> Lire l'article de Dorothée Blanck sur les rendez-vous SF du lundi


[interlude, 1] ma boîte à vos idées

crédit image : site "ils vienne à toi" du centre social Sud Vienne — un peu en panne d'inspiration pour écrire de nouveaux billets, je profite de ce temps mort sur mon blog pour essayer des trucs nouveaux (pour moi), comme ce générateur d'enquête...

 — c'est un jeu, merci de le jouer en pianotant ce qui vous passe par la tête et les doigts, dans les cases ci-dessous

— et peu importe (voire même le contraire) si vos contributions sont hors sujet, délirantes, sérieuses, drolatiques, etc.

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[vu] le havre, film de aki kaurismaki

Le bon docteur Becker (Pierre Etaix) et Arletty (Kati Outinen) dans Le Havre d'Aki Kaurismaki — Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire.  Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon réfugié.  Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.  Le genre de film qui ne se raconte pas, mal servi par sa bande annonce, son affiche, et les promos télé [1], et qu'on voit faute de mieux en attendant les séances de rattrapage du festival Télérama [2].

Et là, surprise, ce film est un bonheur de film, de la première séquence à la dernière.
Intemporel, comme toutes les œuvres quand elles sont réussies et que le spectateur s'y reconnaît contre toute attente.

Le Havre est un conte pour grands enfants qui aiment le cinéma (cinéphiles, comme on dit).

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[88] bon anniversaire walter !

Walter Lewino à 6 mois... sans doute par son père, peintre britannique (photo sur le blog de Dorothée Blanck)Pour votre anniversaire, Walter Lewino, je me suis offert trois de vos livres : Pardon, pardon mon père (2001) ; La Folle de Bagnolet (1994) ; Fucking Fernand (1976) . Comme on boit le champagne qu'il vous offre à la santé d'un ami, moi je lirai vos livres à la meilleure vôtre.

Dorothée Blanck dit de vous que vous n'êtes pas un ange ; mais elle le dit avec un sourire tel, qu'il transforme le jugement en compliment complice ! Et donne une furieuse envie d'en savoir plus sur le mystérieux Noble Vieillard Facétieux. Faute de vous connaître mieux, je vous ai imaginé en Claude Rich pour le physique, et en Romain Gary pour l'action, les faits de guerre, la jeunesse héroïque, le militantisme et l'engagement politique (plus vous que lui sans doute, en tout cas plus à gauche !),

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[nabe, stein] gertrude, la camionneuse du cubisme...

extraits relevés, et notes prises en à-cotés, après avoir vu (et revu) l'exposition Matisse, Cézanne, Picasso, l'aventure des Stein, et lu l'Autobiographie d'Alice Toklas, Gertrude Stein, 1933 (préface et traduction de Bernard Faÿ)

Gertrude Stein et Alice Toklas, aquarelle de Marc-Edouard Nabe (c)
Marc-Edouard Nabe, Gertrude Stein et Alice Toklas — (c) Adagp, Paris 2013
En novlangue on parlerait de cross-over. C’est ce qui m'a frappée en visitant l’exposition qui se termine ces jours-ci à Paris avant d'être installée à New-York. Cross-over, car passerelles entre deux continents (le Vieux, le Nouveau), deux modes de vie (la bourgeoisie aisée, la bohème pauvre), des arts (peinture, écriture, architecture), des époques (avant-guerre, entre-deux guerres). Tout ça incarné dans la vie et les réalisations d’une fratrie d’esthètes juifs américains, les Stein, exilés volontaires à Paris en 1903.

 

Ma préférée des Stein, c’est Gertrude : la plus fidèle, la plus singulière, la plus géniale.
Alors avant de retourner voir l’expo une seconde fois (mais pas la dernière !) j’avais lu sa drôle de biographie. En voici les dernières lignes :

“ Depuis quelque temps beaucoup de gens et même des éditeurs sont venus prier Gertrude Stein d’écrire son autobiographie, et elle a toujours répondu : “ Impossible ”. Elle s’est mise à me taquiner et à me dire que je devais écrire mon autobiographie. “ Pensez, mais pensez donc, dit-elle, quelle masse d’argent vous gagnerez. ” Elle s’est mise à inventer des titres pour mon autobiographie : Ma vie avec les Grands, Les Femmes des Génies avec qui j’ai conversé, Mes vingt-cinq ans avec Gertrude Stein.
 Puis elle a commencé à prendre cela au sérieux et à dire : “ Vraiment, sérieusement, vous devriez écrire votre autobiographie. ”

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