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12 notes en septembre 2011

[lu] les autos tamponneuses, roman de stéphane hoffmann

chez Albin Michel, 233 pages, août 2011, 17 euros

en quatrième de couverture : "Le mariage a toujours ressemblé à un tour en autos tamponneuses : c'est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne enrond, on ne va nulle partmais, au moins, on n'est pas seul." Lorsque Pierre veut prendre sa retraite pour passer le reste de sa vie auprès de sa femme dans leur belle maison du golfe du Morbihan, Hélène ne l'accepte pas. Elle ne tient pas à découvrir un vieux mari en l'homme qu'ellle aime depuis toujours. Une nouvelle vie commence. Tout est à réinventer. -- Après Chateau Boufon (prix Nimier 1991), Stéphane Hoffmann poursuit avec brio la plus pessimiste et la plus gaie des oeuvres romanesques, en observateur toujours innatendu, féroce et bienveillant, de nos moeurs contemporaines. logo du site Ma deuxième lecture pour les chroniques de la rentrée  littéraire a commencé par une expérience peu banale : non seulement je connaissais comme ma poche le décor décrit par Stéphane Hoffmann dans la scène fondatrice de son roman, mais j'étais confortablement installée pour lire, à moins de cinquante mètres à vol d'oiseau dudit lieu ! Quittant la page des yeux, par ma fenêtre en surplomb, je me trouvais comme dans une loge au théâtre quand le rideau se lève sur le plateau vide. Je reposais mes yeux sur le livre, et le spectacle pouvait commencer, les personnages faire leur entrée...

Pour quelles raisons Pierre Bailly, le narrateur et rédacteur des Autos tamponneuses, s'obstine-t-il, la retraite venue, à vouloir retourner auprès de sa femme Hélène, alors que la longévité de leur couple  est notoirement  due à la farouche indépendance de chacun des partenaires ?  Qu'est-ce qui le pousse à remettre en cause un accord tacite vieux de près de quarante ans ? Surtout quand il s'entend dire par son épouse :

" Les hommes qui ne travaillent pas se relâchent, Pierre. Jamais ils ne devraient rentrer à la maison, jamais. Ils doivent mourir à la tâche, au combat, la main sur le métier. C'est leur honneur, leur devoir, leur gloire. Les hommes, on les aime absents. Celui qui rentre saccage tout. La place d'un homme c'est dehors. A l'intérieur, sa place est prise, qu'est-ce que tu crois ? Si tu veux la reprendre, il te faudra bander l'arc, tuer les prétendants et purifier le palais au soufre. "

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