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[enquête] marc houellebe ou michel-édouard nabecq ?

enquête sur le voisinage du dernier roman de michel houellebecq avec ceux de marc-edouard nabe

In: La Revue Littéraire, éditions Léo Scheer, N°49, octobre 2010

montage d'images empruntées via google (dont BALTEL/SIPA pour bibliobs.nouvelobservateur.com) - clic sur l'image pour mieux voir " Si la lecture de La carte et le territoire fait songer si fort à L'Homme qui arrêta d’écrire, c’est que Michel Houellebecq n’a jamais aussi mal caché son intérêt pour Marc-Édouard Nabe, en particulier pour ses romans. Toutes les caractéristiques de L’Homme sont dans La Carte : le narrateur en demi-teinte, l’absence de scènes sexuelles, le narrateur dédoublé dans un autre artiste, l’art contemporain, les people utilisés comme personnages… Sans parler de la mort et de l’enterrement de l’auteur, qu’on trouvait déjà dans Je suis mort (1998), et de la présence d’un flic enquêteur (autre double) qui était le sujet même de Alain Zannini (2002).
Nous avons demandé à Abeline Majorel d’enquêter sur ce voisinage.

L.S. & F.G."

Voici quelques extraits de l'analyse critique détaillée et documentée d'Abeline Majorel pour La Revue Littéraire, que vous pouvez lire dans son intégralité sur le site chroniquesdelarentreelitteraire.com

" Dans ces jeux de miroir entre réalité et fiction comme entre écrivains, celui pour qui tout est reflet et tout est visible reste le lecteur. Il doit se reconnaître dans ce miroir sans pouvoir se nommer. Houellebecq par son parti pris du quelconque rend le lecteur acteur de sa fiction. Il ne néglige pas le travail du lecteur dans la réception de son œuvre, il lui donne des degrés. Nabe, quant à lui, veut transmettre sa volonté de transcendance. Différence profonde entre les deux rivaux, que l’auteur de L’Âge du Christ exprime avec ironie tout au long du Vingt-Septième Livre : « Si tu veux avoir des lecteurs, mets-toi à leur niveau ! Fais de toi un personnage aussi plat, flou, médiocre, moche et honteux que lui. C’est le secret, Marc-Édouard. Toi, tu veux trop soulever le lecteur de terre, l’emporter dans les cieux de ton fol amour de la vie et des hommes !… Ça le complexe, ça l’humilie, et donc il te néglige, il te rejette, puis il finit par te mépriser et te haïr. » "

"  Ce qui rapproche finalement tous les écrivains, qu’ils aient ou non habité rue de la Convention, c’est leur réception critique. Houellebecq et Nabe sont deux écrivains de l’ère de la mort des idéologies qui ont eu pourtant à affronter, dès leur apparition sur la scène littéraire, le scandale suscité par l’idéologie de droite qu’on leur prêtait. Nul besoin de rappeler l’accusation d’antisémitisme qui poursuit absurdement Nabe depuis vingt-cinq ans. D’écrivain en réaction, il est devenu, aux yeux des tenants de l’ordre médiatique, réactionnaire. Son style célinien, sa verve et son refus de composer avec le monde ont abouti à un ostracisme qui l’a finalement obligé à s’« anti-éditer » pour pouvoir continuer à offrir aux lecteurs sa vision du monde contemporain. "

" Dans une même cour, sont nés deux auteurs, deux visions parallèles, deux concurrents dans la course à la postérité. Ratés par les grandes collections de chez Gallimard. L’un exilé du monde de l’édition, l’autre englué dans les stratégies médiatiques éditoriales, ils se vivent, en cette époque sans valeur, en agneaux immolés de la grande littérature. Les deux seront sacrifiés sur l’autel du Goncourt. Vont-ils réussir à transcender la contemporanéité pour accéder à l’immortalité – sans l’habit vert ? "

par Abeline Majorel pour La Revue littéraire n°49, octobre 2010 (Éditions Léo Scheer)

 

...et d'autres billets du blogue de tilly sur Nabe et ses livres...

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