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11 notes en novembre 2009

[vécu] à l'âge du marivaudage

Il est midi trente. Un groupe de lycéens animés, garçons et filles, envahit le bus 95 à la sortie de classe.

film multicésarisé réalisé par Abdellatif Kechiche en 2004 - Le titre provient d'une réplique de Arlequin dans Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, à l'acte III, scène 6 - cliquer sur l'image pour l'agrandir Cela rappelle l'ambiance de l'Esquive, le film...
D'autant qu'ils discutent fébrilement de l'intrigue et des caractères du Jeu qu'ils viennent de lire avec la prof en cours de français !
A part une des filles que cela saoûle et qui boude, les commentaires fusent, plutôt pertinents, je trouve.
Dommage que la prof ne soit pas avec eux dans le bus, elle serait fière de son boulot et de ses élèves.
Je l'imagine partant déjeuner de son côté, fatiguée et un peu désabusée, n'ayant pas réussi croit-elle, à intéresser sa classe au réveil de la conscience sociale au XVIII ème siècle, vu à travers la critique des rapports maîtres-valets et de l'ordre établi, dans le théâtre de Marivaux !

- c'est comment son nom déjà, au père de Silvia et Mario ?
- A-RA-GON !
- ...


[fan de] tutto marcello i frederico !

exposition "Fellini, la Grande Parade", musée du Jeu de Paume et rétrospective à la Cinémathèque française, 30 octobre 2009 - 17 janvier 2010

En 1972, Marcello incarne Mandrake dans un roman photo mis en scène par Frederico pour le journal Vogue, numéro spécial Fellini. En 1987, Marcello retrouve l'habit du magicien dans Intervista (dessin du maestro), mais cette fois le poids des ans a oeuvré sur la star et son héros fantasmé...

En 1972, Marcello incarnait Mandrake dans un roman photo mis en scène par Frederico pour le journal Vogue, numéro spécial Fellini.

En 1987, Marcello retrouve l'habit du magicien dans Intervista. Le maestro dessine alors le vieil acteur incarnant une dernière fois le héros de son enfance...

Pour Vogue, Marcello avait raconté son fantasme mis en scène bien des années plus tard par Fellini.

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[lu] au régal des vermines, marc-édouard nabe

Au moment où je mets en forme mes notes de lecture pour écrire ce billet, je découvre un nouveau-né dans la blogosphère : le blog collectif des Jeunes Vermines (ils ont aujourd'hui l'âge qu'avait Marc-Edouard Nabe quand il publiait Au Régal des Vermines pour la première fois, en 1985).

J'emprunte ce qui suit à leur billet-faire-part-de naissance pour servir d'incipit à ma chronique :

première édition Bernard Barrault, janvier 1985 - épuisée Génération 1990. "Une génération née au matin d'un siècle en train de se forger, et déjà pourrissant. On nous a laissé en guise d’héritage un lourd fardeau nauséabond qui ne va pas tarder à être piétiné avec beauté et allégresse.  La beauté et l’allégresse. Trop longtemps baignés dans la médiocrité et le pessimisme qu’imposait notre univers, nous avons appris à les manipuler comme des armes incendiaires.
Il se trouve qu’à l’aube de notre naissance, en 85 exactement sortait un livre rédigé par un homme nommé Marc-Edouard Nabe. Ce fut sa première bombe d’écrivain. Bien d’autres allaient exploser. Et ces projectiles enflammés qu'il balançait dans la mare littéraire étaient déjà chargés du napalm de nos révoltes, de nos envies, de nos aspirations profondes. Ils le sont toujours.
Ce blog est celui de jeunes qui savent que Marc-Edouard Nabe a raison.
Nous n'avons plus peur, commencez à trembler
."

 

 

 

mise à jour en mai 2012lien : Au Régal des vermines publié en 1985 et en 2006, épuisé deux fois, était introuvable depuis 6 ans. Il est anti-réédité et disponible sur le site  marcedouardnabe.com

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[idées] ducasse... le cuisinier ?

non, l'autre... Lautréamont !

portrait d'Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont, par Félix Valoton Tous les jeudis j'achète Siné Hebdo, deux euros. Je lis pas tout, mais je suis fidèle à l'éditorial de Bob (Siné continue à semer sa zone), et aux rubriques de Berroyer (ne venez pas me dire), Alévêque et Delfeil de Ton (ma véritable histoire d'Hara-Kiri Hebdo). Quelques fois je lis le papier d'Onfray (Diogène & Cie), jamais celui d'Alonso.

Et bien cette semaine, voilà que je ne comprends rien mais rien au papier de Berroyer, mon préféré d'habitude. A-t-il fait une overdose de beaujolais nouveau ? Les ondes de l'antenne de téléphonie mobile installée à quelques mètres de la fenêtre de sa superbe cuisine ont-elles eu déraison de la sienne ?

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grand prix littéraire du web : les résultats

Fin heureuse et festive pour une chouette opération aventure web 2.0. C'était mardi soir comme prévu, la remise du trophée du premier Grand Prix Littéraire du Web. Une cérémonie simple et conviviale honorée de la présence de David Abiker.

J'avais avec beaucoup de plaisir participé aux délibérations du jury de lecteurs blogueurs. Les résultats sont conformes à très peu de choses près, à mes pronostics :

Trophee, photo de Stéphie (blog mille et une pages) - prix du premier roman : L'homme de cinq heures, Gilles Heuré aux Editions Viviane Hamy
- prix du roman français : La Perrita, Isabelle Condou aux Editions Plon
- prix du roman étranger : Le Livre des choses perdues, John Connolly aux Editions de l'Archipel
- prix spécial de l'excellence littéraire : Conquistadors, Eric Vuillard aux Editions Léo Scheer

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[niguedouille] katharsis

Panier Au Monop', la dame tournicote en vain. Elle ne trouve pas de panier pour ses courses.
Il y a des caddies mais elle n'en veut pas. Elle, c'est juste pour moins de dix articles.
Ah voilà : un employé est justement en train de construire une pile d'instances de l'objet convoité...
- bonjour, est-ce que je peux... ? dit-elle en avançant le bras.
Le garçon stoppe son geste, se plante en protection devant son ouvrage et articule un vague :
- hon... là-bas !
Interloquée par la rebuffade, la dame obtempère néanmoins, se retourne, cherche encore et ne voit toujours rien. Agacée elle veut revenir vers l'employé aux paniers, mais il s'est réfugié derrière un bloc de caisse. Alors, elle l'apostrophe à quelques mètres :
- mais, où là-bas ? où ?
Le garçon écarte les bras, semble dire qu'il est trop loin pour l'entendre. La dame hausse le ton et répète :
- mais, où là-bas ? où ?
Répétition de la mimique d'incompréhension, et la dame monte encore d'un ton. Ainsi de suite, jusqu'à ce que les regards de toutes les caissières et de leurs clientes convergent sur le duo, ou plutôt sur la dame qui retrouve la cible de l'animosité informée des témoins. C'est alors qu'arrive en courant un responsable du magasin :
- Madame ! Ne criez pas ! Il est sourd !

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[idées] le post anarchisme expliqué à ma grand-mère (1/2)

Conférence de Michel Onfray à l'Université Populaire de Caen, Paris, jeudi 5 novembre 2009 - première partie

J'y ai pris beaucoup de notes (on ne se refait pas). J'ai pensé qu'il était balot qu'elles finissent en feuilles volantes toutes racornies au fond de mon grand sac à main.  D'autant que la deuxième partie de la conférence sera donnée le 20 mai 2010 . D'ici là mes pauvres feuillets auront le temps de tomber en poussière, et de toutes façons, j'aurai changé plusieurs fois de sac à main. Par contre, si notre dieu LeFilet 2.0 lui prête vie, mon blogue sera toujours là, Au Temps des Cerises.

Alphée est un dieu fleuve, fils du Titan Océan et de sa sœur Téthys. Il poursuivit la nymphe Aréthuse (qui s'était baignée dans ses eaux) sous l'apparence d'un chasseur. Effrayée, elle s'enfuit jusqu'en Sicile, où elle se réfugia sur l'île d'Ortygie, près de Syracuse. Artémis la changea en source. Mais Alphée, déterminé, répandit ses eaux sous la mer jusqu'en Sicile, et émergea à Ortygie afin de fusionner avec Aréthuse C'est quoi le post anarchisme ? C'est ce qui vient après (prolonge ?) l'anarchisme... Une doctrine en développement, qui veut conserver le meilleur de l'anarchisme, et s'en servir comme fondement pour le dépasser.
Michel Onfray fait remonter l'anarchisme (en tant qu'opposition au capitalisme) à... la période néolithique ! Et sa quasi disparition, avec la Grande Guerre. Presque un siècle plus tard, on met en lumière des résurgences, des propositions pour la genèse du post anarchisme.
Le philosophe normand propose une métaphore mythologique du post anarchisme : le dieu-fleuve Alphée. Selon la légende, le fleuve Alphée se jette dans la mer, et poursuit son cours sous les eaux pour réaparaître sur l'autre rive.

(passer le curseur sur la reproduction de la peinture : Alphée et Aréthuse d'après Houasse)

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caen, c'est où ?

Caen, c'est ici, et maintenant !

Sept ans après sa création par et après 1500 heures de cours dispensés gratuitement par des professeurs bénévoles, l'Université Populaire de Caen se décentralise à Paris. Michel Onfray présente avec un humour vachard cette capitalisation provisoire :

Upcaen  "L'UPC se décentralise - à Paris... D'une manière ironique et politique, toute l'équipe vient visiter la province qu'est Paris pour lui montrer qu'on peut résister à la veuleurie contemporaine, dans laquelle excelle souvent la capitale, en reprenant le flambeau de la résistance intellectuelle et culturelle au triomphe sans partage, ou presque, de la barbarie du marché faisant loi. Après le salon de l'agriculture, la Normandie propose donc une autre facette de ses talents : le salon de la culture... "

Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, a mis sa salle à la disposition de l'UCP, pour des conférences les jeudis à 12h30 : entrée libre mais réservation indispensable auprès du théâtre. Le calendrier 2009-2010 de l'UPC de Caen à Paris est sur www.theatredurondpoint.fr.

Jeudi dernier, j'assistais à la conférence inaugurale donnée par Michel Onfray :


en mon âme et conscience

Les livres que je défendrai le plus longtemps possible lors des délibérations du jury de huit blogueurs qui s'apprëte à décerner le Grand Prix Littéraire du Web 2009, sont,

Podium

catégorie roman français : Enclave, Philippe Carrese, Ed. Plon
catégorie roman étranger : Le livre des choses perdues, John Connely, Ed. L'Archipel
catégorie premier roman : L'homme de cinq heures, Gilles Heuré, Ed. Viviane Hamy

Remise des prix des chroniquesdelarentreelitteraire.com :
mardi 10 Novembre à 19 heures
à La Cantine
(Silicon Sentier, Paris)
Venez nombreux !

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