circulez y'a rien à lire
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... et nabe !

affiche de l'exposition

Dans la même après-midi je suis allée à la Pinacothèque de Paris (lien) place de la Madeleine, puis chercher ma danseuse orientale (lien), rue du Faubourg Saint-Honoré.

Mais pourquoi ces murs couverts du sol au plafond de textes denses devant lesquels les visiteurs s'agglutinent pour lire et gênent le passage. Il n'y a pas de recul dans ce musée. Quelques mots écrits gros aux cimaises suffiraient, et un polycopié distribué avec les éléments de biographie et les anecdotes.

L'exposition Les Orients de Nabe est prolongée jusqu'au jeudi 2 avril.  L'écripaintre (écrivain-peintre) y accueille lui-même ses visiteurs à partir de 16 heures en semaine et aussi le weekend, quand l'Office du Tourisme du Liban est fermé.

Lire aussi surtout la chronique de l'exposition par Patrick Besson pour Le Point, 19 mars 2009 (lien).

Mardi 24 mars, après-midi. Un moment j'ai bavardé avec Itaf (orth?), la charmante hôtesse libanaise de l'office du tourisme. Nous attendions l'artiste qui seul savait où étaient rangés les tableaux prêts pour être enlevés par les acheteurs. Par les grandes baies vitrées sur la rue nous étions de plein pied avec les passants pressés. Nous avons vu un homme grand et mince stoppé net dans sa progression, se retournant sur le tryptique Gaza-Beyrouth-Bagdad dans la vitrine. Il est entré, visiblement bouleversé, comme si il cherchait à comprendre quelque chose. Très élégant en trois pièces gris, le crâne dégarni, il m'a fait penser à John Malkovitch. Je lui ai rapidement expliqué du mieux que je pouvais qui était Nabe, peintre et écrivain. Il examinait les tableaux, plus attentivement les scènes de dévastation urbaine et humaine. Il a bredouillé en sortant avec un léger accent que je n'ai pas reconnu :
C'est parce que je suis de ce côté-là, moi.

Nabe se dit surpris que si peu d'orientaux de Paris, libanais ou iraniens, soient passés voir l'exposition. Thème et lieu auraient dû les attirer pensait-il, mais non. Les tableaux se sont très bien vendus, mais à des français de souche pour la plupart.

Moi j'étais venue la première fois par intérêt pour l'écripaintre évidemment, et parce que, quand j'avais appris la venue de l'exposition sur le forum de Nabe, j'étais justement en train de finir de lire Le Bonheur, roman dont le héros artiste peintre est le petit-fils d'une terrible grand-mère gréco-turque. En même temps je lisais des Morceaux Choisis, et j'en étais précisément aux lettres O comme orient et P comme peinture. Cela faisait beaucoup de coïncidences.

Plus tard j'ai eu une longue conversation avec Nabe, et Antoine, venu voir les toiles lui aussi. Parlé de plein de choses, du quinzième arrondissement quartier Boucicaut, de Camille Sée où les enfants sont tous allés, des Batignolles et des Épinettes, du théâtre, des clowns, de Pierre Etaix, du jazz, de Patmos, de Jean Piat, et j'en passe, et j'en oublie. Pas vu le temps passer.  Pas pensé à lui demander de me raconter l'histoire de ma danseuse, est-elle turque, syrienne, marocaine ?

Elle a trouvé sa place tout de suite la danseuse, son mur à la maison. Pourtant je n'avais pas du tout pensé à l'avance à l'endroit où je l'accrocherais. J'appréhendais un peu l'accueil du papa adoptif. Il a été d'abord gentiment faux-derche diplomate, trouvant que le cadre allait bien avec nos meubles...mais plus tard il m'a dit qu'il aimait bien, le reste. Tout est bien.

Retrouvez sur ce blog mes billets plus anciens (depuis 2005) autour l'oeuvre et de l'actu de Marc-Edouard Nabe :
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