Previous month:
août 2008
Next month:
octobre 2008

7 notes en septembre 2008

Manosque, mes non-photos n° 1 et 2 : Jacques Gamblin, François Morel

Café de La Poste, samedi 27 septembre, vers 16 heures 45.
Gamblin à la terrasse, tournant discrètement le dos aux autres consommateurs. Il est accompagné d’un jeune homme et d’une jeune fille. J’ai pas le culot de shooter pourtant j’avais un bon angle depuis le trottoir. Ils quittent la terrasse et se dirigDSC00826ent vers le théâtre pour les réglages certainement. Alain-le-père-de-mes-enfants dit : moi je l’aurais pas reconnu (c’était pourtant fastoche !) - il est plus âgé que je croyais (moi je trouve pas).

Théâtre Jean le Bleu, samedi 27 septembre, 21 heures.
Salle archi comble, il ne reste libres que les strapontins. François Morel s’installe sur celui du rang juste devant, et se tourne vers Alain pour lui demander de lui retenir le strapontin à côté, le temps qu’une dame (que je ne reconnais pas) arrive. Gamblin sur la scène, rajeuni, lunaire, avec  le beau sourire de poisson-banane qui ponctue ses textes poétiques et déjantés. Le jeune couple de l’après-midi ce sont des danseurs que JG présentera à la fin du spectacle. Entre les sketches, ils entraînent le comédien dans leurs arabesques, ou pour un haka victorieux. Quand JG vient saluer, François Morel, debout  à côté de nous, très fort: "Bravo Jacques, bravo Jacques !".

[illustration hors-sujet (presque) : le vélo vert, jardin de nos amis à Cucuron]

Lire la suite "Manosque, mes non-photos n° 1 et 2 : Jacques Gamblin, François Morel" »


[nigedouille] No photos

La semaine dernière j’étais en ProDSC00824vence (la Haute, celle des Basses Alpes) pour les Correspondances de Manosque.

Avant de partir j’avais fait dans ma tête un plan blogue ambitieux avec un billet par jour, des photos, du live, du podcast, du reportage web 2.0… Au moins, tenir mon rang de petite da-dame digitale…

 Cherchez pas, y a pas eu, y aura pas. J’ai raté mes photos (sauf deux ou trois qui n’ont aucun rapport avec le festival). J’ai rien enregistré, mais j’ai rencontré des gens. J’ai grignoté des olives et dévoré des tartines de chèvre sur du pain bio. J’ai bu du Ventoux, du Bandol, du Pierrevert, avec les amis.

Et pourtant bizarrement (comme un thème récurrent, peut-être un reproche inconscient qui-sait ?) les photograhies sont au cœur des lectures auxquelles j'ai assisté à Manosque pendant le festival, et d’autres qui m’ont accompagnée pendant les deux voyages en TGV.

[illustration hors-sujet : Reillane, village des Alpes de Haute Provence]

Lire la suite "[nigedouille] No photos" »


[dans le bus] infernale cadence

Il est encore tôt le matin, bien avant l'heure de pointe. Le bus articulé progresse souplement entre les camions de livraison et les engins d'entretien de la voirie.

Mais quand elle monte quelques arrêts plus loin, tout change. Sanglée serrée dans son imper, chaussée pointu sur talons hauts, porte documents en bandoulière et sac à main exactement assortis. Un pitbull avec du rouge à lèvres et des fausses perles. Elle attaque : normalement à cette heure-ci l'intervalle est de cinq minutes, c'est marqué sur le panneau affiché sur l'abri bus. C'est un contrat. Un contrat, et patati et patata. Elle cherche en vain le ralliement à sa cause des autres passagers qui s'étaient jusque là laissés doucement bercer en silence.

Le conducteur sort de sa torpeur bienheureuse et tente une explication embrouillée sur l'encombrement des rues. Sans doute impressionné par les crocs de la dame, il interroge même à la radio son dispatcheur qui confirme les scandaleuses quatorze minutes qui le séparent du bus de devant. Déconfiture publique d'une entreprise publique de service public.

Le bus repart, il a bien pris encore deux trois minutes de retard supplémentaire. A l'arrêt suivant, c'est une correspondance avec le tram, je descends. Elle aussi. Elle avait donc attendu le bus un quart d'heure en fulminant pour un trajet qui ne lui aurait pas pris deux minutes à pied. Dans le tram, elle s'assoit, repue, sourire aux lèvres.


Quand papa lisait l'Huma

L'indiscipline aveugle et de tous les instants fait la force principale des hommes libres, Alfred Jarry.

Chat Siné Ce matin j’ai acheté Siné Hebdo n° 1  à la première heure.

Je me souviens avoir acheté quelques fois l’Echo des Savanes, ou bien était-ce Fluide Glacial, dans ma très courte période soixante huitarde. C’est dire que je ne suis pas une grande lectrice de journaux satiriques. Mais mon père aimait énormément le dessinateur Siné. Dans les années cinquante on avait l’Huma Dimanche à la maison chaque semaine. Si ça se trouve Siné n’a jamais collaboré à l’Huma, mais c’est le souvenir qui m’est revenu ce matin. Les chats de Siné, je ne sais pas dans quel journal on les voyait, mais on avait des albums à la maison, je crois.

Ce qui me sidère dans l’histoire (l'affaire Siné/Charlie Hebdo) c’est que Bob Siné et sa bande aient réussi à sortir un nouvel hebdo satirique de qualité en plein été. Peu me chaut la polémique germanopratine, ça me fait rigoler ce vieil anar qui devient petit patron de presse grâce à ses amis. Et c’est pas de l’amateurisme, la publication est nickel, agréable à lire, et ne tâche pas les mains. Je m'abonne.

Et puis... Quel chat-rmeur ce bonhomme !


[à voir] Happy-Go-Lucky, film britannique de Mike Leigh

A la caisse j’ai demandé « deux Be Happy s’il vous plait ». Même si vous allez voir le film en VO c’est le titreBehappy français-en-anglais qui est sur l’affiche (très laide l'affiche) de ce conte cruel et réjouissant.

Je l’ai vu à La Pagode, tant qu’à faire, dans une belle salle, c’est pas plus cher. Comme chaque fois que je fais une note sur un film, c’est parce que le lendemain, l’histoire, les images sont encore en moi, et qu’en y repensant, je découvre après coup des émotions que je n’avais pas ressenties complètement à la projection. Notamment ce titre, le titre original, qui me fait comprendre aujourd’hui la scène un peu étrange et sombre dans laquelle la jeune femme va à la rencontre d’un SDF. Happy-Go-Lucky, c’est la contraction de la phrase « Get happy, go lucky ». Get happy, c’est plus fort que Be happy. Cela signifie qu’il faut se bouger pour être heureux, pour finir un jour par avoir de la chance, et pouvoir espérer réussir une partie de sa vie.

Lire la suite "[à voir] Happy-Go-Lucky, film britannique de Mike Leigh " »