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8 notes en mai 2008

[pétition] pour revoir les films de Pierre Etaix

"Passionné de cirque, amoureux du cinéma, Pierre Etaix est l’un des derniers dépositaires de la tradition burlesque telle qu’elle s’est construite sous l’impulsion de Buster Keaton puis de Jacques Tati dont il fut l’un des plus proches collaborateurs.
Yoyo
Dans les années 60, Pierre Etaix réalisa cinq longs-métrages, co-écrits avec son ami Jean-Claude Carrière. Ces films obtinrent de nombreuses récompenses, prix Delluc, des prix à Cannes, Berlin, Moscou… Pourtant, aujourd’hui, plus un seul n’est visible. Rien à voir avec un quelconque désintérêt des diffuseurs ou du public : de nombreuses salles souhaitent projeter YOYO, restauré en 2007 par la Fondation Groupama Gan pour le cinéma. Elles ne le peuvent pas !  Tout simplement parce qu’un « imbroglio juridique » prive les auteurs de leurs droits et interdit la diffusion de leur œuvre. 

Vous pouvez manifester vous aussi votre indignation et apporter votre soutien à Pierre Etaix (80 ans) en signant la pétition en ligne accessible depuis le site :
http://www.lesfilmsdetaix.fr ou directement ici : http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/ (le site et la pétition existent aussi en version anglaise pour vos amis anglophones). Une procédure judiciaire étant en cours, vos signatures doivent absolument être enregistrées avant le 15 juin, date du dépôt de cette pétition."


[à voir] Sous les bombes, film libanais de Philippe Aractingi

- Viens allons voir si il leur reste des chambres

Dans un road movie ou une comédie sentimentale à l'américaine, on comprendrait tout de suite où l'on va et quel genre de scène va suivre. Mais cette fois la noirceur et l'ironie de la réplique serrent le coeur. Pourquoi 18930910ne resterait-il pas de chambre alors qu'il n'y a pas un seul touriste dans ce sud Liban dévasté à l'été 2006 ? Peut-être parce que comme pour les immeubles éventrés alentours, les chambres ouvertes à tous vents offrent le spectacle de monstrueuses maisons de poupées avec leurs décors intimes restés en suspens.

Fiction et reportage sont intimement mêlés. Insupportable scène à Tyr où les fosses communes sont réouvertes pour que les civils puissent emmener les cercueils de bois contenant les restes de leurs parents retrouvés dans les décombres et les enterrer dans la tradition, comme à Cana. A ce moment c'est du reportage pur en temps réel. D'un cerceuil on voit suinter le sang qui va imprégner le sol. On ne voit aucun visage, tous recouverts d'un linge pour faire barrage à la puanteur.

A cause de cette imprégnation de la tragédie de la guerre, l'histoire imaginaire de Zeina, Tony et Karim devient si crédible que j'ai été totalement surprise et bouleversée par le dénouement pourtant soigneusement préparé par le scénariste dans une longue scène au téléphone entre la mère et l'enfant.

Pensées pour toutes les mamans sous les bombes aujourd'hui, hier et hélas demain.

je vous présente mes musiciens...

Isabelle Carpentier, Pierre Christophe, Cédric Caillaud


0826596033594 34489610697233760101060040Evidemment je me la pète un p'tit peu : Isabelle, Pierre et Cédric sont de grands et vrais musiciens suffisamment généreux pour offrir à des amateurs l'immense plaisir de swinguer avec eux.

Ils n'ont pas d'agent, pas de "PR". Ils ne sont pas sous contrat dans une major du disque. Ils ne peuvent compter sur aucune publicité grand public. Leurs albums ne sont pas mis en évidence comme il le faudrait dans les rayons de la FNAC. Pourtant vous les entendez sur TSF JAZZ 89.9. Ils font les grands festivals et les moins grands. Ils sont honorés par la profession. Ils se battent au jour le jour pour vivre de leur art. Ils sont fiers de faire partager leur passion. Je suis heureuse de compter parmi leurs élèves.

Leurs albums sont disponibles sur www.fnac.com. Allez aussi les écouter en concert (voir à la rubrique jazz de l'agenda hebdomadaire de Paris Obs, ou dans l'Agenda Express sur mon blogue).


[bon plan] Camille Claudel 1864 - 1943, spectacle théâtral de Christine Farré

L'âme de Camille, le jeu d'Ivana

J'avais pris les places sur le site BilletReduc.com. On pré-réserve sans payer (tarif très réduit), on reçoit des petits messages pour ne pas oubier la date, puis après le spectacle on vous demande de dire ce que vous en avez pensé. Voici donc ce que j'ai écrit :
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L'interprétation d'Ivana Coppola est magnifique, sa voix, son visage, son corps, ses gestes sont magiquement évocateurs de l'âme et de l'oeuvre de la sculptrice abandonnée par beaucoup et soutenue par trop peu. Les quatre acteurs qui l'accompagnent sur scène restent fidèlement dans la posture de récitants bouleversés par le destin dont ils sont les témoins.

Le spectacle se joue jusqu'au 24 mai. C'est à 19 heures dans un petit théâtre très confortable pour les messieurs qui ont de longues jambes. Allez-y vite c'est bouleversant. A la sortie il fait encore jour, vous apprécierez la poésie et le charme de l'avenue Junot, du bon côté de la butte Montmartre.

Et puis je ne l'ai pas encore fait mais j'irai voir l'expo au musée Rodin pour retrouver Sakountala (L'abandon), La Valse, L'âge mûr, et Clotho la Parque (jusqu'au 20 juillet).


[rechute] hypertrophie de la cheville

J’ai mis le temps - plus de deux ans - pour m’apercevoir que Joël de Rosnay me citait – presque longuement, 1 page sur 250, pp. 178-179 - dans son avant-dernier ouvrage co-écrit avec Carlo Revelli :

La révolte du pronetariat, des mass média aux média des masses.

Je suis également partagée entre un sentiment de fierté pronétarienne (j’ai contribué à l’œuvre la révolte n’est-ce pas ?) et une touche de dépit : il aurait quand même pu me prévenir et m’envoyer un exemplaire dédicacé, non ?

[billet d'où la citation est extraite : Taguage ou folksonomie ?]