Previous month:
janvier 2008
Next month:
mars 2008

7 notes en février 2008

[citations] Influenza

Influenza Aujourd'hui je me sens coupable d'avoir mis mon joli badge Badgebcni BCNI au rancart sur la page "à propos" de mon blogue pour pouvoir faire de la place à six35, le JT du web.  Je regrette aussi ma morgue proche du mépris pour les malheureux qui ont choppé le virus de l'influence.

Hier MaO qui est bien vaccinée elle, me cite dans son palmarès de 10 blogs non-influents.

Et me voilà qui lorgne la minuscule grimpette de mes petites statistiques. Ca durera ce que ça durera. J'espère juste en faire profiter du mieux que je peux mes amis du jazz et du web (colonne de droite).

Ces derniers temps plusieurs excellents billets ont parlé de l'influence : chez versac, Embruns,Samantdi.

Et pour finir, neuf blogs non-influents parmi mes préférés : unplanctondanslespasse, herosduquotidien, unehistoiredelau, unsoirdepluietdevent, jlbayard, lecinemademariefrancoise, autourdugolf, lescalier, vieuxcestmieux

Et un blog qui m'influe : chroniquesduplaisirBlogueurflatulent


                    Dernière minute : hors-concours décerné au sitedelapauvreteinterieure et à Largy pour son certificat


Maman Dutronc

Elle était assise deux rangs devant moi, l'autre soir au Grand Rex, la longue dame blanche avec son beau sourire calme.

Je savais le parcours initiatique consacré au jazz manouche de Thomas, jeune homme bien né, mais ne l'avais pas encore vu en showman généreux et tendre, quelle découverte ! Mon coeur d'artichaut balancait déjà entre Higelin, Julien Doré, Johnny, Paul Personne, Didier Lockwood, Hugues Aufray... Et maintenant le petit Dutronc et sa bande qui mélangent joyeusement Django, Bach, Les Yeux Noirs, O Sole Mio, et les compositions originales d'un premier album. Ses acolytes virtuoses sont prodigieux. Son duo-duel à la guitare avec le violon de Pierre Banchard sur Les Triplettes de Belleville (M) est emballant, essouflant, ahurissant.

Fils de, sans aucun doute  possible : son allure dégingandée, sa voix, ses sourires, ses mèches blondes, sont là pour rappeler qui sont le papa et la maman, idoles "âge tendre et tête de bois". Mais son talent bien à lui, sa musique, son swingue en font aussi le jeune héritier de Henri Salvador, et du musicien Sacha Distel.

Mon conseil : prenez vos places pour aller applaudir Thomas Dutronc et les esprits manouches à l'Olympia en novembre (ou avant, au cours de leur tournée en France)

PS - mais qui était le chanteur en première partie ? jolie voix, charisme, belles chansons...

PPS - le festival Django Reinhardt à Samois (77), c'est quoi la date cette année ?


[dans la rue] Six minutes

L'autre matin comme tous les jours j'arrive à l'arrêt du bus en bas de chez moi pas encore tout à fait bien réveillée. Je lève les yeux vers l'indicateur des temps de passage. Six minutes pour le prochain. Cela me donne le temps de me reconnecter en douceur à la journée qui m'attend. Il y a un camion des pompiers garé tout près à droite de l'abribus, et des cônes oranges pour écarter la circulation des voitures et des bicyclistes encore peu nombreux à cette heure là. A terre sur le trottoir il y a un homme, allongé au pied du banc sur lequel j'imagine qu'il a passé sa dernière nuit. Penché sur le ventre dénudé, une jeune pompier fait un massage cardiaque, l'autre ajuste un masque sur le visage.

C'est long six minutes.

Les pompiers ont l'air épuisé et triste. Depuis combien de temps déjà essayent-ils de ranimer l'homme à terre ?  Ils passent au défibrillateur. C'est terrible de voir les membres de l'homme retomber inertes après la secousse. Le troisième pompier sort du camion avec ce que je pense être le plastique blanc dans lequel ils vont envelopper le corps.

Quelques rares passants perdus dans leurs pensées remarquent à peine la scène silencieuse. Un petit groupe de collégiennes descend le boulevard vers le lycée Buffon. Elles sont gaies et bien éveillées. Elles ont vu, et portent leurs mains sur les yeux pour longer la scène en hâtant le pas.

Le bus arrive, et en même temps sirène hurlante un véhicule du SAMU. C'est sans doute le médecin qui vient officialiser le décès.

D'abord je ne voulais pas raconter ça ici, mais cette scène me poursuit et j'y repense chaque matin en allant prendre mon bus. Peut-être que de l'avoir écrit, cela va me la faire oublier plus vite.


[danah a dit] Réseaux sociaux numériques : vie privée, vie publique, what else?

Les murs ont des oreilles, dit-on, mais l'embêtant c'est que sur Internet, des murs il n'y en a pas...

Je vous propose la traduction en franchouille d'un second article de danah boyd, plus long et difficile à traduire que le premier...

danah a écrit (extrait) :

Sur Internet il n'y a pas ou peu de cloisons. Les conversations s'amplifient et les contextes disparaissent. Il est peu probable que des solutions techniques viennent changer cette situation parce que chaque fois qu'un mur digital a été érigé, une nouvelle technologie est apparue qui l'a fait tomber.

Le lien ci-après donne accès à la traduction en français de la totalité de l'article de danah : fichier pdf (105,4K).

caveats :

  • danah est une universitaire américaine
  • dans cet article comme dans le précédent que j'ai traduit, danah s'adresse aux enseignants et parents américains
  • leblase m'a dit [à peu près] : "dannah boyd démontre une grande intelligence et une réelle ouverture d'esprit, [mais] je trouve quelques lacunes de base à son approche, dont deux bien grosses: l'Histoire et les restes du Monde.

épisode précédent : Accéder à l'information dans un monde interconnecté
premier épisode  : Introducing danah boyd

 


Mon père, ce faussaire

Petite, nous habitions un petit trois-pièces pas loin de Pont-Cardinet et du square des Batignolles. Au mur de la chambre des parents il y avait un tableau qui me fascinait quand je venais jouer sur le lit de maman. Plus tard nous avons quitté Paris pour la banlieue, un appartement plus grand et plus moderne. Les deux chambres étaient pour les enfants. Mes parents eux, dépliaient tous les soirs un canapé-lit dans le salon salle-à-manger. Le tableau n'avait pas trouvé sa place dans le nouveau logis familial. Je viens de le retrouver lors d'un déménagement, sans son cadre, dans un carton à dessin. Je l'ai donné à encadrer, et je l'ai accroché dans ma propre chambre à coucher conjuguale. De nouveau après tant d'années, il me fascine et me ramène à ma petite enfance.

Dsc00678

C'est un dessin reproduit par mon père vers 1947, à partir de l'illustration de la jaquette d'un livre de l'époque. J'imagine que jeune marié, dessinateur de métier, il avait trouvé ainsi comment orner les murs de son jeune foyer, à moindre frais et avec amour.

Mariette Lydis était une illustratrice réputée après la seconde guerre mondiale. J'ai tenté en vain de retrouver un exemplaire du livre dont le titre pourrait être Le zodiaque, mais ce n'est pas sür.

Papa a également reproduit la signature ce qui fait que je suis en la possession d'un faux dont je suis très fière.