[jaserie caniculaire] aux affligés, brasserie parisienne

Métro Glacière, Antoine Meurant, illustrateur 06 82 17 47 21
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Cherchez pas : j'ai changé le nom de la brasserie Aux Affligés qui sert de décor et de titre à mon billet. Mais ce qui est véridique, c'est que c'est la terrasse la plus proche de l'entrée/sortie du cimetière [bipbip]. Je m'y suis affalée à midi après mon cours de gym, bien décidée à profiter du calme relatif : on entendait surtout les clings et les clangs du montage du marché du samedi. Il me semblait depuis le matin que tout le monde se déplaçait au ralenti, côté ombreux des trottoirs, et de préférence en direction d'une terrasse où s'asseoir et se rafraîchir.

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note : l'illustration n'a (presque) rien à voir... mais elle me plait beaucoup et est très réfrigérante ; et surtout elle est signée Antoine Meurant dont vous pouvez retrouver les irrésistibles dessins ici, et (il expose en ce moment au Select où je me suis laissée tenter par un autre de ses paysages parisiens malicieux)

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[compile] où l'on reparle de renata n'importe quoi et de catherine guérard

papier pour le sitelien Les Notes (Choisir & Lire) : présentation de la réédition de Renata n'importe quoi, roman de Catherine Guérard, aux éditions du Chemin de Fer, novembre 2021 ; c'est un mashup de plusieurs chroniques déjà publiées ici à propos de ce roman obsédant, avec quelques révélations "sensationnelles" - mais malgré tout incomplètes -, sur son auteure...
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les extraits de Renata n'importe quoi infra respectent bien évidemment la ponctuation inventée par Catherine Guérard


crédit photo : Tilly Richard, 2021Dans une des chroniques littéraires rassemblées dans Le Cycliste du lundi (recueil posthume, La Grande Ourse, 2012), François Nourissier écrivait :
« Puis vint l’automne 1967 et l’on découvrit un vrai roman de Catherine Guérard, composé il est vrai d’une seule phrase, mais une phrase longue de cent quatre-vingt-quinze pages. Cette phrase frôla le Goncourt, aventure qui prouve que nous pouvons tout attendre de cette romancière. […] Catherine Guérard a écrit un roman qui défie l’imitation et décourage la comparaison […] je ne sais pas ce qu’elle écrira ensuite, ni quand, ni même si elle n’attendra pas encore une dizaine d’années avant de se remettre au travail ; il n’en est pas moins sûr que nous avons affaire avec Catherine Guérard à un personnage exceptionnel ; Renata n’importe quoi suffirait à nous empêcher d’oublier son auteur. »

 

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[jaserie d'automne] hommages collatéraux

jaserie : note de blog de type fourre-tout où je raconte des trucs un peu personnels mais pas trop ; où je fais des petites recommandations timides pour des machins décalés si possible ; dans laquelle je vous invite à suivre des liens (ça c'est valable pour toutes mes notes, en fait)

Dans celle-ci il sera question de : betteraves, ossements, vitraux, crypte, armée de la Loire, Mac Mahon, commémoration, Ladon, parents (les miens), vivre à la campagne au Japon

Betteraves, route du LoiretHier 21 novembre 2021 en fin d'après-midi, sur le bord de la route de Pithiviers à Étampes, sous un ciel gris tabac, les énormes entassements de betteraves évoquaient pour moi un ossuaire... On ne s'est pas arrêtés pour faire la photo, mais ce matin j'en ai retrouvé une qui date de plusieurs années et qui rend bien l'impression ressentie.
— Mais pourquoi elle nous raconte ça ? pourquoi cette morbidité ? Ben parce que c'est de saison, et que c'est mon blog à moi.

Ladon, c'est le village du Loiret où mes parents ont vécu à partir de 1982, après Orsay, et où ils sont inhumés.

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[réédité, relu] renata n'importe quoi, roman de catherine guérard

aux éditions du Chemin de fer, novembre 2021, 178 pages, 18 euros

en 4è de couv : Catherine Guérard nous emporte dans le monologue de son héroïne, bonne à tout faire, qui décide un jour de quitter ses patrons pour devenir “une libre”. Ce sont trois jours et deux nuits d’errance, à marcher dans les rues, s’asseoir sur les bancs, regarder les passants et écouter les oiseaux. La narratrice va se confronter à un monde qu’elle semble découvrir au fur et à mesure qu’elle l’arpente, un monde qui la rejette systématiquement, elle dont la liberté ne peut souffrir aucune entrave. Le plus saisissant dans ce roman est la réussite magistrale d’un parti pris formel : une seule longue phrase ponctuée de quelques virgules et majuscules judicieuses. Le flot du texte emporte le lecteur dans les ressassements et les obsessions d’une pensée pleine de candeur mais toujours déterminée et dangereusement radicale. Publiée pour la première fois en 1967, cette œuvre résonne aujourd’hui comme un hymne prémonitoire. N’annonce-t-elle pas le vent révolutionnaire qui soufflera bientôt sur un monde corseté dans ses certitudes et empêtré dans sa peur de manquer ou de perdre ses acquis ? Renata n’importe quoi c’est l’invraisemblable odyssée d’une bonne de Giraudoux qui attendrait Godot. Un trésor qu’une communauté de lecteurs initiés se transmet comme une pépite, qui nourrit une réflexion profonde et nécessaire sur l’absurdité de nos sociétés, la loi, l’argent, le travail et la consommation. Ou pour le dire autrement : comment refuser l’aliénation qui nous est imposée sans apparaître soi-même comme un aliéné dans le regard des autres ?  "Alors leur vie ne leur appartient pas, ils obéissent au temps, et j’ai pensé Moi je suis mieux qu’eux ma vie m’appartient, je n’ai pas un patron qui possède ma vie, c’est horrible ça, j’ai pensé, d’avoir une vie qui n’est pas à soi, C’est des fous les gens, j’ai pensé, pour avoir de l’argent ils vendent leur vie à quelqu’un d’autre, comme si on vivait mille ans, comme si on vivait deux fois"Réédition tout à fait inattendue et très heureuse, d'un roman-culte, marquant et mystérieux ; c'est le second (dernier) roman d'une auteure incompréhensiblement disparue des radars de l'Édition, compte tenu de son talent et sa modernité.

Je l'ai lu une première fois en 2013 ; Alain Bonnand m'avait offert l'édition Gallimard (aujourd'hui épuisée), il avait deviné que cela allait me plaire. C'est lui encore qui vient de me signaler la réapparition de Renata n'importe quoi.

À l'époque j'avais voulu me renseigner sur l'auteure. Mais Catherine Guérard, c'est plutôt Catherine n'importe qui parce qu'avec ce nom très homonymé, on ne trouve pas grand-chose sur elle. Un Masque et la Plume de 67 à l'INA dans lequel elle intervient depuis la salle, mais aucune image. Est-ce que la Catherine Guérard qui regrettait le départ de bébé Adjani de la Comédie Française en 75, c'était elle ?  "Une Adjani, il n'y en a qu'une par siècle !". Si elle avait si complètement disparu des internets, c'était sans doute pour une triste raison ?

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[babelio, masse critique] le sergent salinger, roman de jerome charyn

aux éditions BakerStreet, traduit de l'américain par Isabelle D. Philippe, septembre 2021, 335 pages, 21 euros
lu pour l'opération Masse Critique de Babelio lien (on choisit un livre dans une liste de nouveautés, on reçoit le livre, on donne son avis sur le livre, on le partage)

Le portrait insolite de la légende littéraire américaine en jeune soldat à la fin de la guerre, au débarquement, à la libération de Paris...Quand j'étais snob et menteuse (il y a fort longtemps)... je disais que mon livre préféré, c'était L'Attrape-Cœurs de J. D. Salinger.
Depuis j'ai presque tout oublié de l'errance d'Holden Caulfield dans Manhattan.
Par contre j'ai conservé le souvenir du pincement au cœur que m'avaient laissé les dernières lignes d'Un jour rêvé pour le poisson-banane (dans le recueil intitulé Nouvelles).
Dans une interview récentelien, Jerome Charyn dit que L'Attrape-Cœurs n'est pas son titre préféré de Salinger, qu'il vient bien après les Nine Stories. Comme moi ! ai-je pensé (moins snob, peut-être, mais pas plus modeste !).

Le Sergent Salinger est un roman biographique qui couvre la période 1942 à 1947 de la longue vie de Salinger.

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[#rl21] au printemps des monstres, roman de philippe jaenada

éditions Mialet-Barrault, août 2021, 749 pages, 23 euros

4è de couv : Ce n'est pas de la tarte à résumer, cette histoire. Il faut procéder calmement. C'est une histoire vraie, comme on dit. Un garçon de onze ans est enlevé à Paris un soir du printemps 1964. Luc Taron. (Si vous préférez la découvir dans le livre, l'histoire, ne lisez pas la suite : stop !) On retrouve son corps le lendemain dans une forêt de banlieue. Il a été assassiné sans raison apprarente. Pendant plus d'un mois, un enragé inonde les médias et la police de lettres de revendication démentes, signées "L'Étrangleur" ; il adresse même aux parents de l'enfant, horrifiés, des mots ignobles, diaboliques, cruels. Il est enfin arrêté. C'est un jeune homme banal, un infirmier. il avoue le meurtre, il est incarcéré et mis à l'écart de la société pour le reste de sa vie. Fin de l'histoire. Mais bien sûr, si c'était aussi simple, je n'aurais pas passé quatre ans à écrire ce gros machin (je ne suis pas fou). Dans cette société naissante qui deviendra la nôtre, tout est trouble, tout est factice. Tout le monde truque, ment, triche. Sauf une femme, un point de lumière. Et ce qu'on savait se confirme : les pervers, les fous, les odieux,  les monstres ne sont pas souvent ceux qu'on désigne. — Philippe Jaenada est l'auteur d'une douzaine de romans,  dont Le Chameau sauvage (prix de Flore), La Petite Femelle, et La Serpe (prix Femina).“ Le plus difficile c'est de trouver par où commencer. ” (première partie, Le fou, p. 18)

Vendredi matin, il me restait une cinquantaine de pages d'Au printemps des monstres à lire (quand j'aime un gros livre et que j'approche de la fin, je ralentis pour faire durer le plaisir), et coïncidence (Philippe Jaenada les aime, et moi aussi) : au même moment à la radio, l'écrivain expliquait à Augustin Trapenard d'où lui était venue l'idée de s'intéresser au meurtre du petit Luc Taron le 27 mai 1964, à l'arrestation de Lucien Léger, sa condamnation à perpétuité (malgré le manque de témoignages, de preuves, de mobile), sa libération conditionnelle après quarante années en prison (Léger est sorti à soixante-huit ans à l‘automne 2005 ; il meurt en juillet 2008).

J'aurais bien eu envie de vous laisser là-dessus en vous envoyant écouter en podcast (lien) la belle voix nicotinée de l'écrivain, parce que moi non plus je ne sais pas par où commencer (mais bon, même si elle n'est plus professionnelle, ma conscience me torturerait trop).

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note : avez -vous lu la quatrième de couverture (toujours en passant sur l'image) : elle est évidemment de l'auteur !

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[#rl21] mon maître et mon vainqueur, roman de françois-henri désérable

Gallimard, Collection Blanche, août 2021, 192 p., 6 ill., 18 euros

4è de couv — « Le cahier, c’était la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir : MON MAÎTRE ET MON VAINQUEUR. Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait retrouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains. Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour. » — François-Henri Désérable est l'auteur de trois livres aux Éditions Gallimard, dont Évariste et Un certain M. Piekielny. Dans ce nouveau roman virevoltant, il laisse percevoi une connaissance sensible des tourments amoureux.“ Elle n'était pas du tout son genre ; il n'avait jamais été le sien. Ils n'avaient rien pour se plaire ; ils se plurent pourtant, s'aimèrent, souffriront de s'être aimés, se désaimèrent, souffriront de s'être désaimés, se retrouvèrent et se quittèrent pour de bon. ”

Ce roman au titre si poétique révèle le plan cul drague le plus original de la littérature française : infaillible pour qui possède le passe BnF pour la Grande Réserve des manuscrits historiques (il faut au minimum le grade de conservateur) et veut séduire une jeune comédienne entichée de Verlaine ! Une table de consultation de bonnes dimensions, des futons de lecture (ou berceaux : coussins à rouler autour des livres anciens pour les protéger) pour le confort des ébats ; je ne fais pas de dessin mais croyez-moi l'auteur s'amuse bien à décrire la scène et nous à la lire !

À défaut de dessin, chacun des hauts faits (et ils sont nombreux) de la geste amoureuse de Vasco (le personnage qui a des problèmes avec la justice) est ponctué d'un bout rimé, haïku, sonnet, ou quatrain, plus ou moins original, plus ou moins explicite, plus ou moins réussi !

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[lu] sœurs de sable, roman de stéphane héaume

Rivages, avril 2021, 240 pages, 18 euros

4è de couv : 1958, une station balnéaire écrasée de chaleur. 2018, un surprenant huis clos au décor raffiné. Rose et Amelia, deux femmes malmenées par la vie et que soixante ans séparent n’ont, on pourrait le croire, rien en commun. Pourtant, un homme, un secret, un cadavre vont relier leurs existences et changer leur destin.  En donnant corps à deux turbulentes héroïnes dans un univers plein de mystère, Stéphane Héaume nous prouve, avec malice et fantaisie, qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort. —  Stéphane Héaume est l’auteur de plusieurs romans dont «Le Clos Lothar» (Zulma, 2002, prix du jury Jean-Giono et prix Emmanuel-Roblès) et «Sheridan Square» (Seuil, 2012, prix de la Ville de Deauville).Avant de lire Sœurs de sable, j'avais lorgné plus ou moins sournoisement sur des avis de lecture qui saluaient l'ambiance légère, voire pétillante, estivale, du dernier roman de Stéphane Héaume.
Loin de moi l'idée de stigmatiser les lecteurs optimistes, mais cela m'étonnait un peu (euphémisme) de l'auteur de Dernière Valse à Venise, et de L'Idole Noire, et redoublait mon envie d'y aller voir moi-même.
Si vous pensez que ma lecture à venir était d'ores et déjà biaisée, tenez-en compte en lisant ce qui suit, ou pas.

Heureusement (pour moi en tout cas) le chapitre incipit concentre mystère, noirceur, et romantisme baroque, comme l'illustrent ces quelques lignes :
“ Une heure qu'il ramait, lui, constant, le geste régulier, sûr de la direction. [...] La nuit posait sur son visage un masque de Charon. [...]
La barque se faufila dans l'enchevêtrement des blocs qui formaient des portiques magnifiques, les tympans déchaussés de temples engloutis. Il y avait là une ouverture qui conduisait à l'intérieur. ”

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[lu] henri calet, je ne sais écrire que ma vie (recueil édité par michel p. schmitt, préface de joseph ponthus)

aux Presses Universitaires de Lyon,lien mars 2021, 256 pages, 20 euros

4e couv — Entre 1935 et 1955, Henri Calet compose une somme impressionnante de textes : chroniques, romans, nouvelles, critiques, pièces radiophoniques, scénarios, reportages… Il trace ainsi son sillon d’écrivain, faussement léger et légèrement désespéré. Dans les entretiens qu’il accorde à la presse et à la radio, c’est également de cette façon qu’il évoque son travail d’écriture et sa position dans le monde littéraire. Mais Henri Calet ne se raconte jamais si bien que dans ses silences ou ses à-côtés – à côté de la question, à côté du sujet, à côté de lui-même, parfois.  Michel P. Schmitt réunit pour la première fois ces prises de parole, auxquelles il apporte un indispensable éclairage historique et biographique. Et il complète cet ensemble d’un inventaire exhaustif de l’œuvre de l’auteur. —  Henri Calet (1904-1956) est l’un des plus brillants représentants de l’écriture en première personne des années 1940-1950. Il fut à la fois romancier (La Belle Lurette, Le Bouquet), « prosateur » (Le Tout sur le tout, Les Grandes Largeurs), nouvelliste (Trente à quarante), critique, dramaturge radiophonique et surtout chroniqueur (recueil Contre l’oubli) — Michel P. Schmitt, professeur émérite de littérature française à l’Université Lumière Lyon 2, est spécialiste, entre autres, de l’œuvre d’Henri Calet. Il a d’ailleurs publié nombre de textes inédits de l’auteur : De ma lucarne (Gallimard, 2014), Paris à la maraude (Éditions des Cendres / Enssib, 2018), Mes impressions d’Afrique (PUL, 2019) —  Joseph Ponthus, auteur du très remarqué À la ligne : feuillets d’usine (La Table ronde, 2019), signe la préface de cet ouvrage. Grand admirateur d'Henri Calet, il partageait avec lui l’ambition d'être l'écrivain des invisibles. Il est décédé le 24 février 2021.Un jour de 2020, j'ai appris que Joseph Ponthus allait préfacer un ouvrage sur Henri Calet avec des textes et entretiens inédits rassemblés et présentés par Michel P. Schmitt.

J'étais contente, impatiente, et surprise un peu (Ponthus ne parle pas de Calet dans À la ligne).

Un peu plus tard, c'était dans l'été je crois, j'ai compris que Joseph était soigné pour un cancer (il parlait chimio sur facebook, il faisait des photos amusantes de ses plateaux repas à l'hôpital, du goéland qui venait toquer à sa fenêtre et qu'il semblait avoir apprivoisé, ses amis lui envoyaient des cœurs et des encouragements...).

La terrible nouvelle est tombée le 24 février 2021. Je n'aurai jamais l'occasion de parler d'Henri Calet avec lui, comme je l'avais fait un soir à La Maison de la Poésie avec Jean-Luc A. d'Asciano.

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[lu] indésirable, roman d'erwan larher

chez Quidam éditeur, mars 2021, 346 pages, 22 euros

en 4ème de couv — Quand Sam Zabriski s’installe à Saint-Airy, dans la maison dite «du Disparu», le destin de ce village rural au riche passé historique bascule.  Ici, on se méfie un peu des étrangers. Ici, on décatit très bien entre-soi. Ici, on a des certitudes, dont celle que l’humanité se compose d’hommes et de femmes. Or impossible de deviner à quel genre appartient Sam, par ailleurs énigmatique quant à son passé. L’incertitude et l’inconnu dérangent, les passion s’exaltent, les tensions s’aiguisent. Après quelques escarmouches, la guerre est bientôt déclarée. Personne n’en sortira indemne.  Roman noir, roman politique, étude de mœurs, Indésirable déroule cinq années de la vie d’un microcosme perturbé par l’arrivée d’un corps étranger. Et forge une langue pour exprimer le dissemblable. — Erwan Larher est né à Clermont-Ferrand – hasard d’une affectation militaire paternelle. Un jour, suite à ce qui pourrait ressembler à une crise de la trentaine, il quitte l’industrie musicale dans laquelle il travaille pour se consacrer à l’écriture. Mais continue à écouter du rock avec plein de guitare dedans, écrire des paroles de chansons, des séries TV et jouer au squash. Récemment, il s’est aussi lancé dans la déraisonnable aventure de réhabiliter un ancien logis poitevin du XVe siècle pour en faire une résidence d’écriture.
“ une lecture qui n'est pas neutre... ”

Je recycle ici une remarque un peu mystérieuse (même pour moi) que j'avais faite à propos du premier livre d'Erwan Larher que j'ai lu en février 2015 et qui était son quatrième roman (Entre toutes les femmes).
Je l'ai cherchée et retrouvée parce que la lecture d'Indésirable, et la particularité de Sam, le personnage central, me rappelaient quelque chose, mais quoi ?

Bingo, elle colle parfaitement pour ce huitième roman, qui ne ressemble pourtant pas aux précédents, qui eux-mêmes ne se ressemblaient pas entre eux !


Pour le pitch, le synopsis, l'accroche, caressez l'image de la couverture qui offre déjà un indice : vous lirez la quatrième de couverture, et la bio de l'écrivain. Dans la suite, je livre des impressions et réflexions de lecture, un peu en vrac.

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[jaseries en temps de covid19] vaccination à la bonne franquette (billet avec un peu de calet dedans)

Au hasard des rues, Calet nous livre son XIVe arrondissement. Puis il remonte jusqu'au Ternes de son enfance. Les souvenirs affluent. Quartiers pauvres où fleurissaient quelques irréguliers, n'hésitant pas à braver, à leur rang très modeste, les lois de la société. Quartiers riches visités, comme on s'offre une fête.Tant qu'à se faire vacciner autant le faire dans les grandes largeurs.
C'est le titre (Les grandes largeurs) du petit bouquin d' Henri Calet que j'avais pris avec moi en prévision d'une possible attente au centre de vaccination du VIIe arrondissement.
Très bon choix. J'ai eu juste le temps d'en relire une vingtaine de pages et de choisir les extraits qui vont bien. Voir infra.

À l'aller j'étais passée devant la construction du Grand Palais éphGrand Palais éphémère en construction face à l'Ecole Militaireémère. Beau reflet de la façade de l’École Militaire dans ce qui sera l'entrée principale du machin (on peut cliquer sur la photo pour voir mieux).

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[paris, calet] 26, rue de la sablière,14è arrondissement

26 rue de la Sablière 75014 ParisCe devait être un simple statut facebook comme ils disent : regardez comme Paris c'est joli un dimanche de confinement ouvert, et comment je finis quand même par quitter mon canapé quand c'est pour faire du tourisme littéraire, surtout pour Henri Calet (1904-1956) !
En plus, c'est vraiment pas loin de chez moi...

Et puis des photos, en rentrant j'en avais trop, des choses à expliquer, des liens à faire... alors ce sera une petite note-chatouillis (teaser autrement dit) pour servir d'introduction à celle (à venir) qui parlera vraiment de Henri Calet, Je ne sais écrire que ma vie, essai biographique par Michel P. Schmitt, préface de Joseph Ponthus, PUL, mars 2021, 260 p. 20 euros.

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[masse critique, babelio] l'avantage, roman de thomas andré

Tristram, janvier 2021,  162 pages, 17 euros
lu pour l'opération Masse Critique de Babelio lien (on choisit un livre dans une liste de nouveautés, on reçoit le livre, on donne son avis sur le livre, on le partage)

4è de couv : Marius a seize ans, ou peut-être dix-sept. Il participe à un tournoi de tennis, l'été, dans le sud de la France. Il vit chaque partie avec une intensité presque hallucinatoire, mais le reste du temps, dans la villa où il séjourne avec ses amis Cédric et Alice, rien ne semble avoir de prise sur lui. Il se baigne. Il constate qu'Alice rapproche de lui ses jambes nues. Il accompagne Cédric le soir dans tes bars de la ville. Les événements se succèdent, moins réels que le vide qui se creuse en lui, jour après jour. Jusqu'à ce que Marius retrouve, sur l'immuable rectangle de terre battue, un nouvel adversaire...Dans l'Avantage, roman dépouillé et tendu à l'extrême, on perçoit un écho lointain des livres de Camus ou Hemingway : même écriture simple et directe, même importance acordée aux sensations. — Thomas André a vingt-neuf ans. L'Avantage est son premier roman.On dirait le sud : pins parasol, cigales, piscine, tennis club.
C’est le dix-septième été de Marius, un garçon énigmatique venu d’on ne sait où passer ses vacances avec on ne sait pas très bien qui (au début).
La tension tranquille qui sous-tend cet excellent premier roman de Thomas André nourrit sa singularité : L’Avantage n’a rien (ou pas que) d’un thriller psychologique à la Patricia Highsmith, ou Joncour (période U.V.), mais rien non plus d’un guide de préparation mentale pour sportifs !

Le narrateur est un jeune joueur de tennis amateur engagé dans un tournoi de plage.
Pas assez « dans le court », il perd au premier tour contre un adulte qui joue trop vite pour lui.
Ça ne l’embête pas plus que ça : il va pouvoir traîner au bord de la piscine de ses amis et les suivre dans leurs virées nocturnes bien arrosées.
Pourtant quand la juge-arbitre lui impose de remplacer un joueur forfait au deuxième tour, il n’ose pas refuser.

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[lu] vivonne, roman de jérôme leroy

à La Table Ronde, janvier 2021,lien 416 pages, 22 euros

4è de couv : Alors qu’un typhon dévaste l’Île-de-France, l’éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l’Odéon : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement en 2008, il y a presque vingt ans. Qu’est devenu Vivonne ? Partout en Europe, la « balkanisation climatique » sévit et les milices s’affrontent tandis que la multi plication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s’effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au coeur de ses poèmes ? — Jérôme Leroy, né à Rouen le 29 août 1964, est un écrivain français auteur de romans, de romans noirs, de romans pour la jeunesse et de poésie. Ancien professeur à Roubaix, il publie son premier roman en 1990, pour lequel il reçoit le Prix du Quartier latin. Lauréat de nombreux autres prix : Prix du Polar jeunesse (2008), Prix de l'Académie française (2010), Prix Michel-Lebrun (2012), Prix des Collégiens du Doubs (2013), Prix NRP de littérature jeunesse (2013-2014), Prix littéraire des Maisons Familiales Rurales du Maine-et-Loire (2014), Prix Jean-Claude Izzo (2014), Prix spécial du jury des collégiens Livre-Franche (2014), Prix des lecteurs Quai du Par 20 Minutes (2014), Prix Rive Gauche à Paris (2017), il est également l'auteur de nombreuses préfaces. Dilemme : Jérôme Leroy est-il déjà ou non un écrivain culte, chéri de la presse littéraire et des blogueuses livres ?
Si la réponse était oui, je me retirerais discrètement de la compétition des notes de lectures, chroniques et critiques qui avalanchent déjà.
Vivonne vient de sortir et on en parle beaucoup. Tant mieux.
Je ferai donc comme si la réponse à ma propre question était : non, pas assez encore. Et si je me trompe c'est encore mieux.

Un roman encapsulé : le prologue et l'épilogue enveloppent hermétiquement, sphériquement, l'histoire sur près de cent ans de l'amitié-jalousie-rupture entre un poète et son éditeur.
Tous deux sont nés en 1964, devenus amis d'enfance. À leur maturité, Adrien Vivonne et Alexandre Garnier vivent de façon très différente les soubresauts de la civilisation occidentale : cataclysmes climatiques, chaos politique, économique et social, violences insurrectionnelles, en attendant le grand shut-down définitif.

[rappel : en passant la souris sur l'image à gauche, vous pouvez lire la quatrième de couverture]

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[lu] alice, disparue : roman de dominique paravel

Serge Safran éditeur, février 2021,lien 224 pages, 17 euros 50

4ème de couv : Rien ne semble plus satisfaire Aude : sa vie à Lyon, son mari, son métier… Une douleur jamais guérie revient la hanter, la disparition de son amie Alice, quarante ans auparavant. Que s’est-il donc passé en 1976, à Venise, où Aude avait rejoint Alice, étudiante aux beaux-arts ? Pourquoi cette fille passionnée, idéaliste, a-t-elle disparu du jour au lendemain, laissant un vide que rien ni personne n’a pu combler ? Aude décide de mener l’enquête, contre la volonté de ses proches. Alternent alors les souvenirs de sa jeunesse, qui n’ont d’autre référence  que Venise, une vie de bohème dans un palais abandonné, et un retour dans la Sérénissime d’aujourd’hui. Une confrontation entre passé et présent qui met à jour les failles de la personnalité d’Aude et dévoile une Alice sous un autre jour que celui idéalisé par le temps. L’histoire d’une amitié forte et singulière, à travers la vie d’une communauté de jeunes, dans les années soixante-dix et une Venise qu’aucun des protagonistes n’a pu oublier, tissée de rêves et de violences… — Dominique Paravel a vécu son enfance à Lyon, et plus de vingt ans à Venise. Nouvelles vénitiennes, son premier livre, a bénéficié d’une excellente critique, d’un fort soutien des libraires et obtenu plusieurs prix tout comme Uniques, son premier roman ainsi que son deuxième, Giratoire, prix Cazes de la Brasserie Lipp, en 2016. Tous ses livres sont en édition de poche, chez Pocket.Je ne suis jamais retournée à Venise.
Ch
aque fois que j’ai failli l’apercevoir, dans un film où dans un livre, j’ai détourné les yeux. ”

Aude se raconte : à soixante ans, elle vient de décider enfin de se pencher sur son passé, de le ranimer après s’être appliquée à tout oublier.
S’il n’est pas trop tard, elle veut retrouver Alice, son amie d’enfance et de jeunesse.
Elles avaient vingt ans quand elles se sont perdues au printemps 1976.
Elles venaient de passer quelques mois dans une colocation étudiante installée dans un palais vénitien vétuste.
C’est Alice qui avait fait venir Aude : “ À Venise, il y a toujours des histoires, rejoins-moi ! ”

Alice, disparue de Dominique Paravel est un roman ensorceleur au charme acide, sur l'empreinte d'une amitié rompue mais jamais oubliée, avec Venise en décor somptueux et vénéneux, les années rouges en Italie, la lutte armée ouvrière, la bohème étudiante...

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un grand merci à Serge Safran pour ce SP (pas sollicité !)

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[jaseries] pour en finir avec 2020

où il sera question de vœux, de brouillard, d'Henri Calet, de Proust et de Man Ray

brouillard, shadow, creative commons 4.0 BY-NC restons calmes,
avançons tranquillement,
et sortons du brouillard, ensemble

Comment ça, ils ne sont pas très optimistes mes vœux pour 2021 ?
Mais si !

J'ai oublié où j'ai entendu ça ces derniers jours, c'était repris d'un slogan en anglais je crois (keep calm and carry on, ou ressemblant), mais j'ai trouvé que c'était sage, engageant, et serein ; j'ai rajouté le brouillard...

Quant à 2020, c'est du passé, n'en parlons plus, comme dans la chanson.

Allez, on y croit ! Bonne année !

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[carnet] reconfineries, novembre 2020

où il ne sera que peu question d'actualité sanitaire, mais de gentils fantômes, et d'un blog oublié  :::  pas tout à fait des jaseries,lien ni un journal de (re)confinement, juste des miettes pour m'en souvenir plus tard ou pas  :::  aussi, l'occasion un peu sournoise de recycler d'anciennes notes (suivre les liens !)

Donc, pour les visiteurs/lecteurs du futur : après avoir été confinés le 17 mars,lien déconfinés le 11 mai, nous étions reconfinés le samedi 31 octobre pour une durée minimum de 4 semaines (qui sera allongée de 2 in fine)

samedi 31 octobre — j'écris sur le grand rézosocial (cliquer sur les images pour les voir plus grand) :

La Séparation du Couple, Max, cimetière Montparnassepas beaucoup de vert dans mon km2 autorisé, heureusement (litote) le cimetière montparnasse restera ouvert cette fois
ceci n'est pas une tombe, c'est un monument, mais j'ai eu beau tourner autour je n'ai pas trouvé le nom du sculpteur, juste une petite plaque qui indique que l’œuvre a été restaurée par la mairie de paris ; la sculpture est toute proche de la tombe discrète de Wolinski ; en cherchant le nom de l'artiste, j'ai aperçu, bien protégée, une modeste offrande florale : trois pétales rose-rouge (de quoi ?) maintenus par un caillou

Des lecteurs cultivés m'ont apporté une réponse : c'est une ancienne sculpture du Jardin du Luxembourg, déplacée pour cause d'obscénité (!). Intitulée La Séparation du couple, elle est signée d'un simple pseudo : Max (le sculpteur reste non identifié).
Pour moi la sculpture aurait bien illustré une nouvelle de Poe (mais laquelle ?), en fait il y bien celle de Maupassant, La Tombe (justement).

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note : j'emprunte sans son autorisation à Olivier Hodasava l'usage du séparateur ::: que je trouve infiniment plus élégant que mon pourtant très cher point virgule

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[carnet] jaseries automnales (septembre - octobre 2020)

où il sera question de sorties empêchées, de chambres à garder, de cages, et de quelques livres pour s'évader

Hotel Apollinaire, 39 rue Delambre 7514 Paris“ Ma chambre a la forme d'une cage ”
(à fredonner avec le petit accent swing de China Forbes !)

Depuis hier, grâce à Joseph Ponthus-Le Gurun(1) sur facebook, je sais d'où viennent la plupart des mots étranges du refrain de la chanson de Pink Martini (Je ne veux pas travailler, album Sympathique, 1997).
En 2017, j'avais zappé l'excellent articlelien de Gérard H. Goutierre pour Les Soirées de Paris, le blog  : “ Apollinaire ne veut pas travailler, il veut fumer . Tout y est pourtant bien expliqué et illustré !

Pour les réfractaires aux liens click and read, je recopie d'abord le poème(2) Hôtel de Guillaume Apollinaire, puis les paroles du refrain des musiciens de Portland, OR :

Ma chambre a la forme d’une cage / Le soleil passe son bras par la fenêtre / Mais moi qui veux fumer pour faire des mirages / J’allume au feu du jour ma cigarette / Je ne veux pas travailler — je veux fumer / Apollinaire, 1913

Ma chambre a la forme d’une cage / Le soleil passe son bras par la fenêtre / Les chasseurs à ma porte / Comme les p’tits soldats / Qui veulent me prendre / Je ne veux pas travailler / Je ne veux pas déjeuner / Je veux seulement l’oublier / Et puis je fume / Pink Martini, 1997

La surprise (pour moi) est jolie et valait bien une petite jaserie (pour vous).
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1. Joseph Ponthus-Le Gurun a par ailleurs laissé entendre récemment que Henri Calet ne serait pas absent de son prochain livre, suspens... JPLG est l'auteur très remarqué de À la ligne (note de lecture du 9 janvier 2019), grand connaisseur d'Apo.
2. Hôtel  été mis en musique par Francis Poulenc avec quatre autres poèmes d'Apollinaire (Banalités, cinq mélodies pour voix et piano, 1940).

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[masse critique, babelio] la faucille d'or, roman d'anthony palou

éditions du Rocher, septembre 2020,lien 160 pages, 16 euros
lu pour l'opération Masse Critique de Babelio lien (on choisit un livre dans une liste de nouveautés, on reçoit le livre, on donne son avis sur le livre, on le partage)

4è de couverture : En reportage dans le Finistère, cette « fin de la terre » de son enfance, un journaliste quelque peu désabusé, s'intéresse à la disparition en mer d'un marin-pêcheur. Une manière d'oublier sa femme et son fils, qui lui manquent. Préférant la flânerie à l'enquête, David Bourricot peine à chasser ses fantômes et boucler son papier, malgré les liens noués avec des figures du pays : la patronne du bistrot où il a ses habitudes, un peintre nain, double de Toulouse-Lautrec, ou encore Clarisse, la jolie veuve du marin-pêcheur. Retrouvera-t-il, grâce à eux, le goût de la vie ? Roman envoûtant, porté par des personnages fantasques et poétiques, La Faucille d'or allie humour et mélancolie, dans une atmosphère qui évoque à la fois l'univers onirique de Fellini et les ombres chères à Modiano. — Anthony Palou est chroniqueur au Figaro. Auteur de Camille (Prix Décembre 2000) et de Fruits et légumes paru en 2010 (Prix Des Deux Magots, Prix Bretagne, Prix La Montagne Terre de France). La Faucille d'or est son troisième roman.Après être passée sans me ménager d'un poids lourd de la rentrée littéraire à l'autre (Eric Reinhardt, Emmanuel Carrère, Hervé Le Tellier, Richard Russo, Véronique Olmi, Franck Bouysse, etc.) j'avais envie d'une lecture plus tranquille, plus populaire... mon choix s'est porté sur La Faucille d'or d'Anthony Palou à cause du titre de la chronique du Télégramme (de Brest) : “ Tranche de vie à Penmarc'h ”.
Et justement ça tombait bien, il figurait dans la liste Masse critique de Babelio : je l'ai demandé, je l'ai eu !

Par snobisme je ne conviens pas facilement de mes (parfois) mauvais goûts littéraires. Plutôt que de les assumer bravement, je suis souvent assez faux-cul pour les dissimuler sous des explications alambiquées, pour “ voir ” des sous-textes, des doubles fonds, des ambitions cachées, là où il n'y en a peut-être pas.
Faute avouée, donc j'espère à demi pardonnée, mais maintenant ça va pas être facile d'expliquer que cette fois, m'attendant à un petit roman noir de terroir et de détente, j'ai déniché un poignant récit de milieu de vie ratée, le sombre portrait d'un homme sans illusions, à bout de course. C'est pourtant ça, exactement ça.

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