[lu] henri calet, je ne sais écrire que ma vie (recueil édité par michel p. schmitt, préface de joseph ponthus)

aux Presses Universitaires de Lyon,lien mars 2021, 256 pages, 20 euros

4e couv — Entre 1935 et 1955, Henri Calet compose une somme impressionnante de textes : chroniques, romans, nouvelles, critiques, pièces radiophoniques, scénarios, reportages… Il trace ainsi son sillon d’écrivain, faussement léger et légèrement désespéré. Dans les entretiens qu’il accorde à la presse et à la radio, c’est également de cette façon qu’il évoque son travail d’écriture et sa position dans le monde littéraire. Mais Henri Calet ne se raconte jamais si bien que dans ses silences ou ses à-côtés – à côté de la question, à côté du sujet, à côté de lui-même, parfois.  Michel P. Schmitt réunit pour la première fois ces prises de parole, auxquelles il apporte un indispensable éclairage historique et biographique. Et il complète cet ensemble d’un inventaire exhaustif de l’œuvre de l’auteur. —  Henri Calet (1904-1956) est l’un des plus brillants représentants de l’écriture en première personne des années 1940-1950. Il fut à la fois romancier (La Belle Lurette, Le Bouquet), « prosateur » (Le Tout sur le tout, Les Grandes Largeurs), nouvelliste (Trente à quarante), critique, dramaturge radiophonique et surtout chroniqueur (recueil Contre l’oubli) — Michel P. Schmitt, professeur émérite de littérature française à l’Université Lumière Lyon 2, est spécialiste, entre autres, de l’œuvre d’Henri Calet. Il a d’ailleurs publié nombre de textes inédits de l’auteur : De ma lucarne (Gallimard, 2014), Paris à la maraude (Éditions des Cendres / Enssib, 2018), Mes impressions d’Afrique (PUL, 2019) —  Joseph Ponthus, auteur du très remarqué À la ligne : feuillets d’usine (La Table ronde, 2019), signe la préface de cet ouvrage. Grand admirateur d'Henri Calet, il partageait avec lui l’ambition d'être l'écrivain des invisibles. Il est décédé le 24 février 2021.Un jour de 2020, j'ai appris que Joseph Ponthus allait préfacer un ouvrage sur Henri Calet avec des textes et entretiens inédits rassemblés et présentés par Michel P. Schmitt.

J'étais contente, impatiente, et surprise un peu (Ponthus ne parle pas de Calet dans À la ligne).

Un peu plus tard, c'était dans l'été je crois, j'ai compris que Joseph était soigné pour un cancer (il parlait chimio sur facebook, il faisait des photos amusantes de ses plateaux repas à l'hôpital, du goéland qui venait toquer à sa fenêtre et qu'il semblait avoir apprivoisé, ses amis lui envoyaient des cœurs et des encouragements...).

La terrible nouvelle est tombée le 24 février 2021. Je n'aurai jamais l'occasion de parler d'Henri Calet avec lui, comme je l'avais fait un soir à La Maison de la Poésie avec Jean-Luc A. d'Asciano.

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[lu] indésirable, roman d'erwan larher

chez Quidam éditeur, mars 2021, 346 pages, 22 euros

en 4ème de couv — Quand Sam Zabriski s’installe à Saint-Airy, dans la maison dite «du Disparu», le destin de ce village rural au riche passé historique bascule.  Ici, on se méfie un peu des étrangers. Ici, on décatit très bien entre-soi. Ici, on a des certitudes, dont celle que l’humanité se compose d’hommes et de femmes. Or impossible de deviner à quel genre appartient Sam, par ailleurs énigmatique quant à son passé. L’incertitude et l’inconnu dérangent, les passion s’exaltent, les tensions s’aiguisent. Après quelques escarmouches, la guerre est bientôt déclarée. Personne n’en sortira indemne.  Roman noir, roman politique, étude de mœurs, Indésirable déroule cinq années de la vie d’un microcosme perturbé par l’arrivée d’un corps étranger. Et forge une langue pour exprimer le dissemblable. — Erwan Larher est né à Clermont-Ferrand – hasard d’une affectation militaire paternelle. Un jour, suite à ce qui pourrait ressembler à une crise de la trentaine, il quitte l’industrie musicale dans laquelle il travaille pour se consacrer à l’écriture. Mais continue à écouter du rock avec plein de guitare dedans, écrire des paroles de chansons, des séries TV et jouer au squash. Récemment, il s’est aussi lancé dans la déraisonnable aventure de réhabiliter un ancien logis poitevin du XVe siècle pour en faire une résidence d’écriture.
“ une lecture qui n'est pas neutre... ”

Je recycle ici une remarque un peu mystérieuse (même pour moi) que j'avais faite à propos du premier livre d'Erwan Larher que j'ai lu en février 2015 et qui était son quatrième roman (Entre toutes les femmes).
Je l'ai cherchée et retrouvée parce que la lecture d'Indésirable, et la particularité de Sam, le personnage central, me rappelaient quelque chose, mais quoi ?

Bingo, elle colle parfaitement pour ce huitième roman, qui ne ressemble pourtant pas aux précédents, qui eux-mêmes ne se ressemblaient pas entre eux !


Pour le pitch, le synopsis, l'accroche, caressez l'image de la couverture qui offre déjà un indice : vous lirez la quatrième de couverture, et la bio de l'écrivain. Dans la suite, je livre des impressions et réflexions de lecture, un peu en vrac.

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[jaseries en temps de covid19] vaccination à la bonne franquette (billet avec un peu de calet dedans)

Au hasard des rues, Calet nous livre son XIVe arrondissement. Puis il remonte jusqu'au Ternes de son enfance. Les souvenirs affluent. Quartiers pauvres où fleurissaient quelques irréguliers, n'hésitant pas à braver, à leur rang très modeste, les lois de la société. Quartiers riches visités, comme on s'offre une fête.Tant qu'à se faire vacciner autant le faire dans les grandes largeurs.
C'est le titre (Les grandes largeurs) du petit bouquin d' Henri Calet que j'avais pris avec moi en prévision d'une possible attente au centre de vaccination du VIIe arrondissement.
Très bon choix. J'ai eu juste le temps d'en relire une vingtaine de pages et de choisir les extraits qui vont bien. Voir infra.

À l'aller j'étais passée devant la construction du Grand Palais éphGrand Palais éphémère en construction face à l'Ecole Militaireémère. Beau reflet de la façade de l’École Militaire dans ce qui sera l'entrée principale du machin (on peut cliquer sur la photo pour voir mieux).

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[paris, calet] 26, rue de la sablière,14è arrondissement

26 rue de la Sablière 75014 ParisCe devait être un simple statut facebook comme ils disent : regardez comme Paris c'est joli un dimanche de confinement ouvert, et comment je finis quand même par quitter mon canapé quand c'est pour faire du tourisme littéraire, surtout pour Henri Calet (1904-1956) !
En plus, c'est vraiment pas loin de chez moi...

Et puis des photos, en rentrant j'en avais trop, des choses à expliquer, des liens à faire... alors ce sera une petite note-chatouillis (teaser autrement dit) pour servir d'introduction à celle (à venir) qui parlera vraiment de Henri Calet, Je ne sais écrire que ma vie, essai biographique par Michel P. Schmitt, préface de Joseph Ponthus, PUL, mars 2021, 260 p. 20 euros.

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[masse critique, babelio] l'avantage, roman de thomas andré

Tristram, janvier 2021,  162 pages, 17 euros
lu pour l'opération Masse Critique de Babelio lien (on choisit un livre dans une liste de nouveautés, on reçoit le livre, on donne son avis sur le livre, on le partage)

4è de couv : Marius a seize ans, ou peut-être dix-sept. Il participe à un tournoi de tennis, l'été, dans le sud de la France. Il vit chaque partie avec une intensité presque hallucinatoire, mais le reste du temps, dans la villa où il séjourne avec ses amis Cédric et Alice, rien ne semble avoir de prise sur lui. Il se baigne. Il constate qu'Alice rapproche de lui ses jambes nues. Il accompagne Cédric le soir dans tes bars de la ville. Les événements se succèdent, moins réels que le vide qui se creuse en lui, jour après jour. Jusqu'à ce que Marius retrouve, sur l'immuable rectangle de terre battue, un nouvel adversaire...Dans l'Avantage, roman dépouillé et tendu à l'extrême, on perçoit un écho lointain des livres de Camus ou Hemingway : même écriture simple et directe, même importance acordée aux sensations. — Thomas André a vingt-neuf ans. L'Avantage est son premier roman.On dirait le sud : pins parasol, cigales, piscine, tennis club.
C’est le dix-septième été de Marius, un garçon énigmatique venu d’on ne sait où passer ses vacances avec on ne sait pas très bien qui (au début).
La tension tranquille qui sous-tend cet excellent premier roman de Thomas André nourrit sa singularité : L’Avantage n’a rien (ou pas que) d’un thriller psychologique à la Patricia Highsmith, ou Joncour (période U.V.), mais rien non plus d’un guide de préparation mentale pour sportifs !

Le narrateur est un jeune joueur de tennis amateur engagé dans un tournoi de plage.
Pas assez « dans le court », il perd au premier tour contre un adulte qui joue trop vite pour lui.
Ça ne l’embête pas plus que ça : il va pouvoir traîner au bord de la piscine de ses amis et les suivre dans leurs virées nocturnes bien arrosées.
Pourtant quand la juge-arbitre lui impose de remplacer un joueur forfait au deuxième tour, il n’ose pas refuser.

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[lu] vivonne, roman de jérôme leroy

à La Table Ronde, janvier 2021,lien 416 pages, 22 euros

4è de couv : Alors qu’un typhon dévaste l’Île-de-France, l’éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l’Odéon : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement en 2008, il y a presque vingt ans. Qu’est devenu Vivonne ? Partout en Europe, la « balkanisation climatique » sévit et les milices s’affrontent tandis que la multi plication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s’effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au coeur de ses poèmes ? — Jérôme Leroy, né à Rouen le 29 août 1964, est un écrivain français auteur de romans, de romans noirs, de romans pour la jeunesse et de poésie. Ancien professeur à Roubaix, il publie son premier roman en 1990, pour lequel il reçoit le Prix du Quartier latin. Lauréat de nombreux autres prix : Prix du Polar jeunesse (2008), Prix de l'Académie française (2010), Prix Michel-Lebrun (2012), Prix des Collégiens du Doubs (2013), Prix NRP de littérature jeunesse (2013-2014), Prix littéraire des Maisons Familiales Rurales du Maine-et-Loire (2014), Prix Jean-Claude Izzo (2014), Prix spécial du jury des collégiens Livre-Franche (2014), Prix des lecteurs Quai du Par 20 Minutes (2014), Prix Rive Gauche à Paris (2017), il est également l'auteur de nombreuses préfaces. Dilemme : Jérôme Leroy est-il déjà ou non un écrivain culte, chéri de la presse littéraire et des blogueuses livres ?
Si la réponse était oui, je me retirerais discrètement de la compétition des notes de lectures, chroniques et critiques qui avalanchent déjà.
Vivonne vient de sortir et on en parle beaucoup. Tant mieux.
Je ferai donc comme si la réponse à ma propre question était : non, pas assez encore. Et si je me trompe c'est encore mieux.

Un roman encapsulé : le prologue et l'épilogue enveloppent hermétiquement, sphériquement, l'histoire sur près de cent ans de l'amitié-jalousie-rupture entre un poète et son éditeur.
Tous deux sont nés en 1964, devenus amis d'enfance. À leur maturité, Adrien Vivonne et Alexandre Garnier vivent de façon très différente les soubresauts de la civilisation occidentale : cataclysmes climatiques, chaos politique, économique et social, violences insurrectionnelles, en attendant le grand shut-down définitif.

[rappel : en passant la souris sur l'image à gauche, vous pouvez lire la quatrième de couverture]

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[lu] alice, disparue : roman de dominique paravel

Serge Safran éditeur, février 2021,lien 224 pages, 17 euros 50

4ème de couv : Rien ne semble plus satisfaire Aude : sa vie à Lyon, son mari, son métier… Une douleur jamais guérie revient la hanter, la disparition de son amie Alice, quarante ans auparavant. Que s’est-il donc passé en 1976, à Venise, où Aude avait rejoint Alice, étudiante aux beaux-arts ? Pourquoi cette fille passionnée, idéaliste, a-t-elle disparu du jour au lendemain, laissant un vide que rien ni personne n’a pu combler ? Aude décide de mener l’enquête, contre la volonté de ses proches. Alternent alors les souvenirs de sa jeunesse, qui n’ont d’autre référence  que Venise, une vie de bohème dans un palais abandonné, et un retour dans la Sérénissime d’aujourd’hui. Une confrontation entre passé et présent qui met à jour les failles de la personnalité d’Aude et dévoile une Alice sous un autre jour que celui idéalisé par le temps. L’histoire d’une amitié forte et singulière, à travers la vie d’une communauté de jeunes, dans les années soixante-dix et une Venise qu’aucun des protagonistes n’a pu oublier, tissée de rêves et de violences… — Dominique Paravel a vécu son enfance à Lyon, et plus de vingt ans à Venise. Nouvelles vénitiennes, son premier livre, a bénéficié d’une excellente critique, d’un fort soutien des libraires et obtenu plusieurs prix tout comme Uniques, son premier roman ainsi que son deuxième, Giratoire, prix Cazes de la Brasserie Lipp, en 2016. Tous ses livres sont en édition de poche, chez Pocket.Je ne suis jamais retournée à Venise.
Ch
aque fois que j’ai failli l’apercevoir, dans un film où dans un livre, j’ai détourné les yeux. ”

Aude se raconte : à soixante ans, elle vient de décider enfin de se pencher sur son passé, de le ranimer après s’être appliquée à tout oublier.
S’il n’est pas trop tard, elle veut retrouver Alice, son amie d’enfance et de jeunesse.
Elles avaient vingt ans quand elles se sont perdues au printemps 1976.
Elles venaient de passer quelques mois dans une colocation étudiante installée dans un palais vénitien vétuste.
C’est Alice qui avait fait venir Aude : “ À Venise, il y a toujours des histoires, rejoins-moi ! ”

Alice, disparue de Dominique Paravel est un roman ensorceleur au charme acide, sur l'empreinte d'une amitié rompue mais jamais oubliée, avec Venise en décor somptueux et vénéneux, les années rouges en Italie, la lutte armée ouvrière, la bohème étudiante...

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un grand merci à Serge Safran pour ce SP (pas sollicité !)

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[jaseries] pour en finir avec 2020

où il sera question de vœux, de brouillard, d'Henri Calet, de Proust et de Man Ray

brouillard, shadow, creative commons 4.0 BY-NC restons calmes,
avançons tranquillement,
et sortons du brouillard, ensemble

Comment ça, ils ne sont pas très optimistes mes vœux pour 2021 ?
Mais si !

J'ai oublié où j'ai entendu ça ces derniers jours, c'était repris d'un slogan en anglais je crois (keep calm and carry on, ou ressemblant), mais j'ai trouvé que c'était sage, engageant, et serein ; j'ai rajouté le brouillard...

Quant à 2020, c'est du passé, n'en parlons plus, comme dans la chanson.

Allez, on y croit ! Bonne année !

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[carnet] reconfineries, novembre 2020

où il ne sera que peu question d'actualité sanitaire, mais de gentils fantômes, et d'un blog oublié  :::  pas tout à fait des jaseries,lien ni un journal de (re)confinement, juste des miettes pour m'en souvenir plus tard ou pas  :::  aussi, l'occasion un peu sournoise de recycler d'anciennes notes (suivre les liens !)

Donc, pour les visiteurs/lecteurs du futur : après avoir été confinés le 17 mars,lien déconfinés le 11 mai, nous étions reconfinés le samedi 31 octobre pour une durée minimum de 4 semaines (qui sera allongée de 2 in fine)

samedi 31 octobre — j'écris sur le grand rézosocial (cliquer sur les images pour les voir plus grand) :

La Séparation du Couple, Max, cimetière Montparnassepas beaucoup de vert dans mon km2 autorisé, heureusement (litote) le cimetière montparnasse restera ouvert cette fois
ceci n'est pas une tombe, c'est un monument, mais j'ai eu beau tourner autour je n'ai pas trouvé le nom du sculpteur, juste une petite plaque qui indique que l’œuvre a été restaurée par la mairie de paris ; la sculpture est toute proche de la tombe discrète de Wolinski ; en cherchant le nom de l'artiste, j'ai aperçu, bien protégée, une modeste offrande florale : trois pétales rose-rouge (de quoi ?) maintenus par un caillou

Des lecteurs cultivés m'ont apporté une réponse : c'est une ancienne sculpture du Jardin du Luxembourg, déplacée pour cause d'obscénité (!). Intitulée La Séparation du couple, elle est signée d'un simple pseudo : Max (le sculpteur reste non identifié).
Pour moi la sculpture aurait bien illustré une nouvelle de Poe (mais laquelle ?), en fait il y bien celle de Maupassant, La Tombe (justement).

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note : j'emprunte sans son autorisation à Olivier Hodasava l'usage du séparateur ::: que je trouve infiniment plus élégant que mon pourtant très cher point virgule

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[carnet] jaseries automnales (septembre - octobre 2020)

où il sera question de sorties empêchées, de chambres à garder, de cages, et de quelques livres pour s'évader

Hotel Apollinaire, 39 rue Delambre 7514 Paris“ Ma chambre a la forme d'une cage ”
(à fredonner avec le petit accent swing de China Forbes !)

Depuis hier, grâce à Joseph Ponthus-Le Gurun(1) sur facebook, je sais d'où viennent la plupart des mots étranges du refrain de la chanson de Pink Martini (Je ne veux pas travailler, album Sympathique, 1997).
En 2017, j'avais zappé l'excellent articlelien de Gérard H. Goutierre pour Les Soirées de Paris, le blog  : “ Apollinaire ne veut pas travailler, il veut fumer . Tout y est pourtant bien expliqué et illustré !

Pour les réfractaires aux liens click and read, je recopie d'abord le poème(2) Hôtel de Guillaume Apollinaire, puis les paroles du refrain des musiciens de Portland, OR :

Ma chambre a la forme d’une cage / Le soleil passe son bras par la fenêtre / Mais moi qui veux fumer pour faire des mirages / J’allume au feu du jour ma cigarette / Je ne veux pas travailler — je veux fumer / Apollinaire, 1913

Ma chambre a la forme d’une cage / Le soleil passe son bras par la fenêtre / Les chasseurs à ma porte / Comme les p’tits soldats / Qui veulent me prendre / Je ne veux pas travailler / Je ne veux pas déjeuner / Je veux seulement l’oublier / Et puis je fume / Pink Martini, 1997

La surprise (pour moi) est jolie et valait bien une petite jaserie (pour vous).
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1. Joseph Ponthus-Le Gurun a par ailleurs laissé entendre récemment que Henri Calet ne serait pas absent de son prochain livre, suspens... JPLG est l'auteur très remarqué de À la ligne (note de lecture du 9 janvier 2019), grand connaisseur d'Apo.
2. Hôtel  été mis en musique par Francis Poulenc avec quatre autres poèmes d'Apollinaire (Banalités, cinq mélodies pour voix et piano, 1940).

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[masse critique, babelio] la faucille d'or, roman d'anthony palou

éditions du Rocher, septembre 2020,lien 160 pages, 16 euros
lu pour l'opération Masse Critique de Babelio lien (on choisit un livre dans une liste de nouveautés, on reçoit le livre, on donne son avis sur le livre, on le partage)

4è de couverture : En reportage dans le Finistère, cette « fin de la terre » de son enfance, un journaliste quelque peu désabusé, s'intéresse à la disparition en mer d'un marin-pêcheur. Une manière d'oublier sa femme et son fils, qui lui manquent. Préférant la flânerie à l'enquête, David Bourricot peine à chasser ses fantômes et boucler son papier, malgré les liens noués avec des figures du pays : la patronne du bistrot où il a ses habitudes, un peintre nain, double de Toulouse-Lautrec, ou encore Clarisse, la jolie veuve du marin-pêcheur. Retrouvera-t-il, grâce à eux, le goût de la vie ? Roman envoûtant, porté par des personnages fantasques et poétiques, La Faucille d'or allie humour et mélancolie, dans une atmosphère qui évoque à la fois l'univers onirique de Fellini et les ombres chères à Modiano. — Anthony Palou est chroniqueur au Figaro. Auteur de Camille (Prix Décembre 2000) et de Fruits et légumes paru en 2010 (Prix Des Deux Magots, Prix Bretagne, Prix La Montagne Terre de France). La Faucille d'or est son troisième roman.Après être passée sans me ménager d'un poids lourd de la rentrée littéraire à l'autre (Eric Reinhardt, Emmanuel Carrère, Hervé Le Tellier, Richard Russo, Véronique Olmi, Franck Bouysse, etc.) j'avais envie d'une lecture plus tranquille, plus populaire... mon choix s'est porté sur La Faucille d'or d'Anthony Palou à cause du titre de la chronique du Télégramme (de Brest) : “ Tranche de vie à Penmarc'h ”.
Et justement ça tombait bien, il figurait dans la liste Masse critique de Babelio : je l'ai demandé, je l'ai eu !

Par snobisme je ne conviens pas facilement de mes (parfois) mauvais goûts littéraires. Plutôt que de les assumer bravement, je suis souvent assez faux-cul pour les dissimuler sous des explications alambiquées, pour “ voir ” des sous-textes, des doubles fonds, des ambitions cachées, là où il n'y en a peut-être pas.
Faute avouée, donc j'espère à demi pardonnée, mais maintenant ça va pas être facile d'expliquer que cette fois, m'attendant à un petit roman noir de terroir et de détente, j'ai déniché un poignant récit de milieu de vie ratée, le sombre portrait d'un homme sans illusions, à bout de course. C'est pourtant ça, exactement ça.

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[lu, un peu vécu] comédies françaises, roman d'éric reinhardt

Gallimard, collection Blanchelien, août 2020, 480 pages, 22 euros

4è de couv : Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter de vingt-sept ans, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d’instants qu’il voudrait décisifs. Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d’Internet, intrigué qu’un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données qui est à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics en 1974. Les investigations de Dimitri l’orientent rapidement vers un puissant industriel dont le brillant et sarcastique portrait qu’il en fait met au jour une «certaine France» et le pouvoir des lobbies. — Eric Reinhardt est l'auteur de huit romans, parmi lesquels Cendrillon (Stock, 2007) et L'amour et les forêts (Gallimard, 2014), prix Renaudot des lycéens et prix Roman des étudiants France Culture - TéléramaDimitri Marguerite, 27 ans, est correspondant à l'AFP. C'est un rêveur. Il est persuadé qu'un hasard prodigieux lui fera recroiser la fille étrange et fascinante entre'aperçue à Madrid, puis à deux reprises à Paris. Cela tourne à l'obsession. Un rêveur, et un railleur. Il dit et écrit ce qu'il pense : par exemple quand il s'intéresse à l'expressionnisme abstrait américain ; ou un peu plus tard à la manœuvre d'un grand capitaine d'industrie français qui en 1974, a privé la nation d’une invention majeure, et par conséquent de la possibilité de faire jeu égal avec les États-Unis, voire de viser une position de leader dans la révolution numérique contemporaine naissante.
Au moment de publier ses notes, Dimitri meurt dans un stupide accident (?) de la route, aux environs de Trégastel.
Le roman commence comme ça, et finit aussi comme ça.

Dans les médias on présente le Éric Reinhardt nouveau comme une enquête sur le fiasco de l'Internet français. C'est un raccourci accrocheur qui ne rend pas vraiment justice au foisonnement de ce gros roman passionnant, étonnant, parfois irritant, mais véritablement réjouissant !

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[remembrance] le jour où j'ai gagné le prix babelio...

picnic Babelio, juillet 2012, parc BercyÇa serait pas un effet collatéral du confinement, cette bouffée de nostalgie et d’apitoiement (même amusé) sur soi-même ?
Ou plus simplement, un petit coup de revenez-y, que je viens de prendre en plein plexus, en allant sur la page que Babelio consacre à la prochaine édition 2020lien de son prix littéraire ?

Histoire d'illustrer leur initiative, les organisateurs ont repêché dans leurs archives cette photo (que j'avais complètement oubliée et peut-être même jamais vue ?) sur laquelle je brandis fièrement un diplôme Prix Babelio (1).

Remettons les choses à leur place : en 2012, il s'agissait d'un prix pour rire, un prix pour la convivialité ; un petit concours de nouvelles proposé aux membres du réseau Babelio, dont le thème était la rencontre ; toujours est-il que j'avais gagné et que j'étais pas peu fière, trop heureuse, ce jour-là sous les arbres du Parc Bercy ! Pour un coup d'essai... (je n'ai jamais réitéré l'exercice depuis).

Évidemment, tant qu'à faire puisque je l'ai retrouvée, je la ressors... soyez indulgents, c'est gentillet, mais il y a dedans quelques éclats dystopiques qui font actualité aujourd'hui !
––––––––––
1. Dommage qu'à l'époque, le port du masque n'ait pas été imposé !

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[confineries, printemps 2020] least of de ce que je crachouille sur facebook jour après jour

(pour pas oublier, et pour ceux qui n'y vont pas)

ceci n'est pas une note de lecture, pas un journal de confinement, rien du tout, juste des petits morceaux (shortcuts) de ce que j'ai semé quotidiennement au vent du grand rézosocial depuis le lundi 16 mars 2020

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ce billet sans illustrations sera complété au fil des jours (revenez-y !)

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[lu] la valse seconde (on me dit que ma poule est un coq), recueil de billets d'alain bonnand

Éditions La Bibliothèque, collection Les Billets de la Bibliothèque,lien mars 2020, 172 pages, 16 euros

rabat de couverture : Pas seulement le plaisir des phrases, la musique de la littérature, mais un lieu habitable, un biotope ô combien humain, que vivre et écrire vaillent ensemble, voilà ce que nous propose La Valse seconde. Deux années de vie offertes en une ronde d'idées et de mots. Alain Bonnand est unique dans l'art de nous enchanter  — Né en 1958, il est l’auteur de Je vous adore si vous voulez (Puf), Feu, mon histoire d’amour (Grasset), Martine résiste (Le Dilettante), Le Testament syrien (Écriture), Il faut jouir, Édith (La Musardine), La Grammairienne et la petite sorcière (Serge Safran) — Les illustrations sont de Maurice MietteAlain Bonnand, deuxième.
Deux fois Alain Bonnand (la première c’est Arthur Cauquin au Yémen lien) pour un printemps insensé qui nous confine en chambre (par ailleurs, le lieu de littérature préféré de l'auteur !) : une double aubaine à profiter pour libérer les esprits gaiement en attendant le retour à la vie normale.

carnet de bal, bréviaire, ou almanach ?
J'ai déjà dit (ici) la qualité esthétique non pareille des petits livres de l'éditeur Jacques Damade. Pour moi, celui-ci est le plus beau.
Jaquette framboise, avec de seyantes broderies intérieures (les belles illustrations pertinentes de Maurice Miette).
Un parfait carnet de bal.
Mieux, un joli bréviaire profane avec plein d'idées de lectures intelligentes dedans, des “ phrases à danser ”, et des aphorismes taquins à relire aussi souvent qu'on en a oublié (ou pas encore vu) tous les sens cachés.

Tout à la fois — mais pas seulement — correspondance littéraire, amoureuse, journal intime, et almanach entraînant joyeusement le lecteur : d'un livre à une dame, un petit tour, puis à un autre livre, à un ami, à une autre amie, encore un tour... une valse, on vous dit.

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[lu] arthur cauquin au yémen, roman d'alain bonnand

Serge Safran éditeur, 20 mars 2020, 224 pageslien, 17 euros 90

CONFINEMENT COVID-19 : les librairies sont fermées, le courrier n'est pas distribué, mais Arthur Cauquin au Yémen est disponible sur les meilleures plateformes de vente de livres numériques, au prix de 9 euros 99 (liste ici)

MARDI 24 MARS, DERNIÈRE MINUTE COVID-19 : du 24 mars au 7 avril, Serge Safran éditeur offre une PROMO PLAISIR SOLIDAIRE à 50 % sur toutes ses nouveautés !

4éme de couv — Arthur creuse des trous au Yémen pour le compte d’un grand groupe. Laurence, sa maîtresse, se trouve à Orléans. Ils s’aiment de loin grâce à Internet et un matériel qu’ils finissent par utiliser très bien…
Cela dit, l’échange électronique a des limites. C’est le printemps et Laurence, qui d’habitude ne croque pas la vie à moitié, se morfond beaucoup. Même la lecture de Raymond Queneau ne l’aide plus à patienter. Qu’est-ce qu’Arthur, soucieux du plaisir de son amie, va bien pouvoir inventer pour que passent agréablement les deux mois qui les séparent de son retour ? Une histoire pimentée, qui nous transporte en 2006 quand les amoureux découvraient avec l’ordinateur, un micro et une caméra portatifs, les joies et permissions de l’échange à distance.
 Un érotisme qui ne manque ni de tendresse ni d’encouragements. — Alain Bonnand, né en 1958, dans l’Oise. Adolescence ardennaise ; fait Rémois à dix-neuf ans, Arabe à quarante-cinq, puis Florentin. Aujourd’hui, de nouveau Rémois.  Auteur de Feu mon histoire d’amour ; Martine résiste ; Il faut jouir, Édith… et de La Grammairienne et la Petite Sorcière chez Serge Safran éditeur.De la mi-avril à fin mai 2006, entre Sanaa et Orléans, un printemps arabe heureux ; à une époque révolue où les sites de rencontre et les technologies émergentes offraient aux aventureux des terrains de jeux interactifs plus délicieux et modernes (même si parfois techniquement incertains) que les petites annonces du Nouvel Obs ; où les réseaux sociaux n'avaient pas encore été empoisonnés par leur propre puissance de nuisance ; un temps où l'on ne “partageait” pas tous azimuts et sans discernement, mais où l'on privilégiait encore les relations choisies (ou refusées). Ça n'allait plus durer bien longtemps.

Ce n'est ni un regret, ni un mensonge : je n'ai jamais pratiqué ça... mais cela ne m'a pas empêchée, et même au contraire, de trouver un délicieux plaisir par procuration dans cette lecture beaucoup moins légère qu‘il y parait car la profondeur se niche dans les détails !

J'ai cherché dans la liste des synonymes de coquin, j'ai retenu : polisson, libertin, leste, malicieux, canaille, badin, espiègle, sensuel, émoustillant.
Et repoussé catégoriquement les autres : égrillard, gaulois, croustillant, grivois, graveleux, licencieux, obscène, porno.

Bon, je ne diverge pas plus longtemps : oui, Arthur Cauquin au Yémen est un roman sexy ! ouiiiiiiiii, c'est une histoire de plaisirs !
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lire le résumé de l'action en quatrième de couverture en passant sur l'image, ou en allant sur le site de l'éditeur

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[jaseries] paris est tout petit pour ceux qui... aiment le spectacle vivant

à propos des récitals Ici-bas à la Seine Musicale, et Affreuses, Divines, et Méchantes à l'Opéra Comique

En ce début d'année, je me suis gavée de sons, de voix et de lumières, en égoïste.
Mes choix me paraissaient un peu trop marginaux et excentriques pour entraîner d'innocents cobayes dans mes aventures. Ou alors un peu lâche, je préférais assumer seule la déception toujours possible !
Je sais bien l'inutilité de ce billet puisque les événements sont passés et que certains ne sont plus à l'affiche, mais je voulais garder une trace des émotions inattendues qu'ils m'ont laissées.

Porte 8, Opéra Comique, cabaret, photo d'Emeline Bayart (facebook)J'avais commencé par Emeline Bayart à l'Opéra Comique.
Mais pas salle Favart. Il y a une jolie programmation annexe intitulée Porte 8, dans une salle transformée pour l'occasion en caf'conc de luxe : petites tables juponnées de rouge, bougie (led, pour la sécurité...), et une bouteille de bon champagne !
Accompagnée au piano par Manuel Peskine, la comédienne et chanteuse compose un récital coquin et vachard : des textes sans âge, d'une écriture riche et virtuose bourrée de doubles sens vertigineux, des mélodies lyriquement acrobatiques comme on en connaissait au tournant du XXè siècle, avec Polaire et Yvette Guilbert, et que plus tard, Patachou, Colette Renard, Jacqueline Mailhan et d'autres, ont perpétué, mais qu'on a peu à peu complètement perdus.
L'interprétation d'Emeline Bayard est incroyable, comme comédienne et comme chanteuse...
Je savais qui elle était (ce n'était visiblement pas le cas pour beaucoup de spectateurs énormément surpris et ravis) ; je l'avais vue au théâtre dans Fric-Frac et deux comédies de Tchékov. Elle a aussi incarné le rôle titre au cinéma dans Bécassine ! de Bruno Podalysdès. Je ne la connaissais pas en diva. C'est un phénomène... Il faut la voir, lascive, ranimer un Boieldieu de marbre par un baiser voluptueux...
Il y a des dates en mars, ne la manquez pas ! Si j'avais pu (mais non hélas), j'y serai retournée pour partager ce moment délicieux... et la bouteille de champagne avec vous !

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[lu, babelio] la prière des oiseaux, roman de chigozie obioma

Buchet-Chastel,lien traduit de l'anglais par Serge Chauvin,  janvier 2020, 528 pages, 25 euros
merci à Babelio et Buchet-Chastel pour l'envoi du livre et l'invitation à rencontrer l'auteur (finaliste Man Booker Prize 2019) le 20 janvier 2020

4è de couv : Chinonso, un éleveur de volailles du Nigeria, croise une jeune femme sur le point de se précipiter du haut d’un pont. Terrifié, il tente d’empêcher le drame et sauve la malheureuse Ndali. Cet épisode va les lier indéfectiblement. Mais leur union est impossible : Ndali vient d’une riche famille et fréquente l’université, alors que Chinonso n’est qu’un modeste fermier…   — Chigozie Obioma est né en 1986 au Nigeria, et vit désormais aux États-Unis où il enseigne le creative writing. Son premier roman, Les Pêcheurs (L’Olivier, 2016), finaliste du Booker Prize, lui a valu une reconnaissance mondiale.Hier soir, ma petite gloriole de lectrice de taille moyenne en a pris un coup...
J'étais en taxi dans les encombrements ; le chauffeur passait ostensiblement des coups de fil audiblement personnels (même si je ne comprenais pas un mot à son langage musical parsemé d'anglais, l'écran de son smartphone affichait la photo d'une belle jeune femme noire en pied, radieuse).
Je venais tout juste de refermer le livre de Chigozie Obioma. J'étais encore sous le coup du dernier chapitre de La Prière des oiseaux, d'une beauté déchirante.
Alors j'ai fait la maline... dit que j'aimais entendre les langues que je ne comprend pas... ça chante... d'où êtes-vous ? (j'aurais eu l'air fin si il m'avait répondu de Bobigny)
Mais là, petit miracle de synchronicité, il me répond : Nigéria !
— Ça alors :  je viens justement de lire un livre de... qui... que...

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[mmxx] an nouveau, blog rechapé neuf, vœux

Tadam. J'ai longtemps cherché quoi écrire ici pour accueillir dignement la troisième décennie du XXIè siècle.
Heureusement, je me suis avisée à temps qu'elle ne commencerait que l'an prochain, le 1er janvier 2021 ! Ça me laisse le temps...  alors en attendant, j'ai choisi de changer de look (de blog). Rien de bien révolutionnaire, que du cosmétique, mais je me suis sacrément fait peur quand il a fallu cliquer sur “Appliquer” pour lancer le relooking des 850 et quelques articles (depuis décembre 2004) et leurs 3300 commentaires environ.
J'ai pas fouillé dans tous les recoins, il y aura sans doute encore du ménage à faire par ci par là.
Voilà. C'est mon petit cadeau (inutile comme il se doit) de nouvel an.

Par contre je souhaite très fort que mes vœux ne soient pas complètement inutiles et que 2020 (même pas palindrome, pfff !) vous comble, vous apaise, ou dépasse vos espérances, selon vos désirs.

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[esprit de noël] les couleurs de l'hiver, collectif

avec Thomas B. Reverdy (écrivain), Florence Cosnefroy (plasticienne) et des personnes détenues de la Maison d’arrêt des Hauts-de-Seine ; en collaboration avec le Service Pénitentiaire d’insertion et de probation 92

in catalogue Maison de la Poésie : S’appuyant sur le travail des deux artistes, cet atelier a consisté à mettre en relation les « couleurs de l’hiver », choisies par chaque participant, avec un texte évoquant une personne, un lieu ou un souvenir qui lui était associé. Puis ces textes sont devenus des lettres, et tous ces morceaux de souvenirs, ces lieux, ces personnes, sont devenus autant de fragments d’histoires destinées à être lues et adressées à quelqu’un. Ils sont les récits d’un hiver qui se souvient des temps meilleurs et se les récite comme pour se réchauffer. Ensemble ils composent une mosaïque d’images et de sentiments, de courts récits, de poèmes, de nostalgies et de désirs lancés vers nous comme un pont. Il sont notre humanité et nos rêves blottis au cœur de l’hiver.C'était hier soir, à la Maison de la Poésie (rue Saint-Martin, proche Beaubourg) — transformée pour l'occasion en Maison de l’Émotion...
La veille Thomas B. Reverdy avait lancé sur ZeSocialNetwork, un appel pressant à venir écouter la restitution d'un atelier d'écriture bien particulier :
“ comme c’est les détenus qui vont lire, et que c’est quelque chose de très très peu naturel, de monter sur une scène, et qu’ils ont obtenu une permission de sortie, et qu’ils vont venir de Nanterre, j’ai vraiment envie qu’il y ait un peu de public dans la salle. ”

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