Tout ça est horriblement tragique, mais on peut manger, quand même ! (Claudine, acte II)
Théâtre du Vieux-Colombier, en soirée.
Les trois rangées de fauteuils derrière moi sont occupées par des écoliers joyeux, garçons et filles, un peu bruyants mais pas trop. En tout cas dès le lever du rideau et pendant les deux premiers actes, on ne les entend pas.
A l’entracte ils se décontractent gentiment. Ils sont en CM2 et quand je demande dans quelle école, « Doriac » me répond un petit garçon. Devant mon air interloqué, sa copine hausse les épaules et explique « l’école d’Aurillac ». Ce qui explique aussi l’accent chantant des enfants et des maitres qui les accompagnent.
Savoureux contraste avec le jeu « sans l’accent » des comédiens sur scène. C’est paraît-il une indication stricte de la mise en scène : pas d’imitation de l’accent provençal. Pour mettre l’accent (héhé) sur cette consigne, le seul personnage autorisé à chanter les mots, c'est le touriste parisien qui vient demander son chemin, et que personne ne comprend, O Bonne Mère. Mais si il n’est pas dans les voix, l’accent méridional est très reconnaissable dans les gestes des personnages. Tous parlent très naturellement avec les mains, entraînés par le texte ensoleillé de Pagnol.
Les commentaires récents